Malgré l’accord de cessez-le-feu, Benyamin Netanyahu tient un discours qui inquiète, un discours qui laisse penser que l’embrasement de tout le Proche-Orient est dans un avenir proche. Jamais il n’a employé le mot «paix». Il ne parle que de guerre avec une telle sûreté qui fait croire qu’il a toutes les cartes en main et que c’est lui qui fait la loi dans toute la région.
Alors que les 602 prisonniers étaient assis dans les bus attendant durant des heures le signal pour quitter la prison, samedi dernier, voilà qu’un ordre est donné vers minuit passé pour qu’ils retournent à leurs cellules.
Alors que les six prisonniers de guerre israéliens ont été remis par la résistance palestinienne en échange de la libération de 602 prisonniers palestiniens, qui a été retardée par l’occupation. Celle-ci a lié le sort des détenus palestiniens à l’achèvement de la tenue inopinée d’une «réunion de sécurité», sous la direction de Netanyahu.
Jamais l’accord de cessez-le feu à Ghaza n’a été aussi fragilisé. La remise, jeudi dernier, des corps de quatre otages israéliens, deux enfants en bas âge, leur mère et un homme, Oded Lifshitz, âgé de 83 ans, tués, selon le mouvement de la résistance Hamas, lors des frappes aériennes israéliennes, a été douloureusement suivie par une importante foule rassemblée devant un écran géant installé à la «place des Otages», au centre de Tel-Aviv. Hier matin, l’armée israélienne a affirmé que deux des corps appartenaient aux enfants de Bibas, Ariel et Kfir, mais, a-t-elle souligné, «le processus d'identification a déterminé que le corps supplémentaire reçu n'était pas celui de Shiri Bibas, et aucune correspondance n'a été trouvée avec un autre otage».
Plus de 200 organisations à travers le monde ont exhorté les pays producteurs des avions de combat F-35 et leurs pièces de rechange de «cesser immédiatement tous les transferts d’armes vers Israël», après avoir exprimé leur crainte qu’ils n’aient pas «réussi à empêcher que ces avions soient utilisés pour violer le droit international».
Quelques heures après l’accord donné par le Hamas aux médiateurs qataris et égyptiens pour la libération, samedi prochain, de 6 otages israéliens et la restitution des corps de 4 autres décédés, 48 heures avant, en contrepartie de l’entrée des mobiles-homes pour loger les Palestiniens et les engins de déblaiement, Israël a, certes, respecté son engagement, mais continue à tergiverser en ce qui concerne la reprise des pourparlers sur la 2e phase de l’accord de cessez-le-feu qui vise à obtenir la libération des 64 otages restants et la négociation d’autres points liés à l’après-guerre, le sort de Hamas et l’administration de Ghaza.
Dans une lettre ouverte, 250 organisations de défense des droits de l’homme ont appelé les Etats membres de l’Onu «à cesser immédiatement les transferts d’armes, de pièces détachées et de munitions à Israël, ainsi qu’aux groupes armés palestiniens, tant qu’il existe un risque qu’elles soient utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations du droit international humanitaire ou des droits humains».
Nous travaillons en étroite collaboration avec les Etats-Unis pour mettre en œuvre la proposition de Trump, qui est le seul plan viable pour permettre un avenir différent.» C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahu, à l’issue de sa réunion, dimanche soir, avec le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, en visite éclaire en Israël.
Un projet de loi visant à changer le nom de la Cisjordanie (West Bank en anglais) en «Judée et Samarie» (Judea and Samaria en anglais) a été déposé il y a quelques jours en Israël et un projet similaire a été également introduit aux Etats-Unis, au niveau de la Chambre des représentants, pour entériner le même changement de nom dans les documents officiels américains, ont rapporté plusieurs médias internationaux.
Les opérations militaires israéliennes se multiplient, s’intensifient et redessinent le territoire déjà fragmenté de Cisjordanie. Ce qui autrefois était une occupation sauvage et brutale se révèle aujourd’hui sous son vrai jour : un plan d’annexion à marche forcée.
Dans une interview accordée à l’AFP, Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas, a fustigé les manœuvres de Benyamin Netanyahu pour faire échouer le processus de cessez-le-feu en cours. «Ce que nous constatons, c’est un retard et un manque d’engagement dans la mise en œuvre de la première phase, ainsi qu’une tentative de créer un environnement politique, diplomatique et médiatique destiné à faire pression sur les négociateurs palestiniens avant l’entrée dans la deuxième phase. Cela met clairement l’accord en danger et pourrait mener à son arrêt ou son effondrement», a déclaré Bassem Naïm.
L’accusant de «complicité» avec Hamas, Israël a mis fin aux activités de l’UNRWA dans les territoires palestiniens occupés. Deux lois qui entreront en vigueur ce jeudi 30 janvier ont été votées dans ce sens. La première, à l’origine de l’ordre d’expulsion de l’Agence, interdit les activités de l’UNRWA en Israël, y compris à Jérusalem-Est, que l’entité sioniste occupe depuis 1967. Le second texte, adopté dans la foulée par la Knesset, interdit aux responsables israéliens de collaborer avec l’UNRWA.
Une semaine après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Ghaza, quatre otages israéliens ont été remis par le Hamas aux membres de la Croix-Rouge internationale (CICR). En contrepartie, Israël a libéré 200 détenus palestiniens, dont 80 condamnés, parmi lesquels 70 ont été expulsés vers l’Egypte.
Au total, entre mercredi soir et jeudi matin, 22 Palestiniens ont été arrêtés dans différents gouvernorats de Cisjordanie, notamment à Hébron, Naplouse, Tulkarem, Ramallah et Jérusalem.
Les souffrances du peuple palestinien ne sont pas près de prendre fin. Au contraire, Trump avait promis l’enfer si les négociations de Doha n’arrivent pas à un accord avant sa prestation de serment, le 20 janvier. Nétanyahou a obtempéré. Mais il a sauté pour mieux rebondir.
Israël a ainsi mobilisé des dizaines de véhicules blindés, des bulldozers militaires, des drones et des hélicoptères Apache.
Les Palestiniens ne doivent pas garder un bon souvenir de Donald Trump lors de son premier mandat à la tête des Etats-Unis au cours duquel il avait multiplié les mesures contre les intérêts du peuple palestinien et en faveur d’Israël.
Le procureur en chef de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a maintenu et défendu sa demande d’émission de mandats d’arrêt internationaux contre les dirigeants israéliens pour des crimes de guerre et contre l’humanité à Ghaza, et affirmé qu’Israël «n’a fait aucun effort réel pour enquêter» sur ces accusations. Il a qualifié «d’indésirable et de malvenu» le vote du Congrès d’une loi sanctionnant les fonctionnaires de la CPI en signe de protestation contre ses décisions à l’égard d’Israël.
Alors qu’un accord de cessez-le-feu a été annoncé mercredi soir entre le Hamas et Israël, accord qui devrait entrer en vigueur demain, l’entité sioniste a poursuivi sans répit son entreprise génocidaire, gâchant la joie des Palestiniens de retrouver enfin un peu de paix. Plus de 111 morts, dont 27 enfants, ont été enregistrés à Ghaza depuis cette annonce, selon la Défense civile palestinienne.
Froid et imperturbable, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a exposé, mardi soir dans un long discours, la politique de l’administration sortante de Joe Biden, à moins d’une semaine de sa fin de mandat.