Si aujourd’hui on réunissait l’ensemble des témoignages – tous supports confondus – sur la nuit coloniale laissés par toutes les générations passées
Presse écrite, audiovisuel, médias électroniques, publicité, etc. sur ces dossiers d’une extrême sensibilité, le dernier Conseil des ministres n’a pris aucune mesure forte ni apporté de la visibilité, se contentant de les renvoyer à un prochain rendez-vous.
Jamais la scène politique n’a été aussi figée, singulièrement au niveau du Parlement, qui est en principe le cœur de la vie publique nationale. Dans cette enceinte doit s’exercer la noble notion de séparation des pouvoirs et doit s’appliquer le contrôle sans concessions de l’activité gouvernementale, ce que fixent bien tous les textes fondamentaux.
Rien ne transparaît dans le projet de la «main tendue» du président de la République, ni dans ses interventions publiques, ni dans les propos de ses interlocuteurs conviés au palais d’El Mouradia.
Ce qui est qualifié de «dialogue politique» se résume, au stade actuel, à une rencontre entre le chef de l’Etat et des leaders de parti et des personnalités diverses.
Soixante années nous séparent du jour béni de l’indépendance, laps de temps extrêmement court en rapport avec la dimension de l’histoire mais divers enseignements peuvent malgré tout en être tirés.
On revient sur le 3 Mai, c’est notre manière de célébrer cette journée dédiée mondialement à la presse, mais non fêtée comme elle se doit dans le pays par les professionnels et la société politique et civile. Même durant la décennie 1990 et les années Bouteflika, cette date a été malgré tout l’occasion de faire le bilan des avancées et reculs en matière de liberté d’expression, de situer les responsabilités des uns et des autres et surtout tracer des perspectives d’avenir.
C’est une France fracturée et des plus incertaines qui se présente à nous avec les résultats que nous connaissons.
C’est par de violents spasmes que la presse écrite sombre dans l’agonie, prélude à une fin désastreuse.
Dès demain, le journal Liberté disparaîtra des kiosques avec un ouf de soulagement de son propriétaire qui ne pouvait plus supporter les récriminations répétées des pouvoirs publics sur le contenu du quotidien.
Sous le règne de Bouteflika, lorsque Issad Rebrab avait tenté d’acquérir la télévision du groupe El Khabar, les dirigeants de l’époque avaient bloqué la transaction.
Pour toutes les populations du monde, la guerre entre la Russie et l’Ukraine est le conflit le plus menaçant depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est porteur de deux périls, la détérioration des conditions économiques à l’échelle planétaire et une possible confrontation militaire directe entre les Etats-Unis et la Russie, y compris à travers le recours aux armes nucléaires.
On pensait naïvemement que depuis le milieu du siècle dernier, la colonisation était inexorablement vouée à l’extinction et que des pouvoirs politiques n’allaient plus être tentés d’accaparer les terres d’autrui et asservir des peuples.
Dans le monde, la liberté d’informer est de nouveau sérieusement malmenée à la faveur de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Voir ces longues files de réfugiés ukrainiens fuyant les destructions et la mort, ces familles qui ont tout perdu, toute cette détresse humaine, le cœur en est lourdement serré.
On ne sait pour quelles raisons les projets de loi sur l’information et l’audiovisuel ont été rejetés en Conseil des ministres, son communiqué n’ayant pas jugé utile de les évoquer, se limitant à exiger du gouvernement «qu’il enrichisse les deux textes».
Exit le hirak ? Par peur, épuisement ou absence de perspectives, les manifestants d’antan n’ont pas jugé utile de descendre dans la rue, en ce troisième anniversaire du mouvement citoyen, ce qui a arrangé les dirigeants en place n’ayant pas eu à recourir massivement aux forces de l’ordre, comme ce fut le cas auparavant.
Sur une chaîne de télé privée, un député membre de la commission des finances de l’APN a demandé «pardon» à la population pour avoir «manqué de vigilance» en avalisant la batterie d’impôts et de hausses fiscales de divers produits de consommation dans la loi de finances 2022.
Le prochain Conseil des ministres aura, en principe, à examiner la loi sur l’information. On ne sait si c’est la mouture préparée par l’ancien ministre, ou une nouvelle, à l’initiative du titulaire actuel du poste, ou une sorte de synthèse des deux.
Le lourd réquisitoire du ministère public contre l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil se voulait exemplaire, s’agissant d’un ex-protégé du président défunt, Abdelaziz Bouteflka, qui, en dépit de toutes les preuves flagrantes sur la gestion catastrophique de son secteur, l’avait préservé de toute poursuite judiciaire et de toute sanction politique. Le cas Chakib Khelil fut un des plus grands scandales de l’ancien régime, à la hauteur de ce qu’a été Saïd Bouteflika qui s’était autoproclamé régent du régime, en substitution à son frère malade.