En 142 jours de massacres, la population palestinienne a subi les pires atrocités : 30 000 morts et 70 000 blessés à Ghaza

26/02/2024 mis à jour: 03:59
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Photo : D. R.

Alors que les massacres des Palestiniens se poursuivent à raison d’une centaine au moins de morts par jour, les négociations semblent repartir du bon pied en vue de parvenir à une trêve. Jake Sullivan, conseiller de Joe Biden, a déclaré hier à CNN qu’un « terrain d’entente» a été trouvé lors des récentes discussions qui ont eu lieu à Paris.

Au 142e jour de la guerre contre Ghaza, le bilan des victimes palestiniennes est sur le point de franchir le seuil symbolique des 30 000 morts et 70 000 blessés. En effet, le ministère de la Santé de Ghaza a indiqué, hier, que 29 692 personnes ont été tuées et 69 879 blessées depuis le début de cette campagne dévastatrice. Mais ces chiffres sont à revoir à la hausse, si l’on tient compte du fait que des dizaines de victimes sont encore ensevelies sous les décombres.

Pas moins de huit massacres ont été perpétrés en vingt-quatre heures, soit entre samedi soir et dimanche matin, faisant 92 morts et 123 blessés, rapporte un communiqué du ministère de la Santé de Ghaza. Les derniers développements sur le terrain font état de nouvelles séries de bombardements concentrés sur les villes de Ghaza, de Khan Younès, de Rafah, ainsi que sur le camp de réfugiés de Beit Lahia, au nord.

D’après l’agence d’information palestinienne Wafa, plus de 10 civils ont été tués et plus de 50 autres ont été blessés suite à une série de bombardements qui ont visé ce dimanche des zones d’habitation à Haï Al Zaytoun et Al Sabra, dans la ville de Ghaza. A Khan Younès, 8 dépouilles ont été évacuées par les équipes de la Protection civile dans la région d’Al Satar, à l’est de la ville.

L’agence palestinienne, qui cite des sources locales, fait état par ailleurs de «bombardements intenses sur les zones orientales du gouvernorat de Khan Younès», ajoutant qu’«un citoyen a été tué dans un raid qui a ciblé des citoyens de la ville d’Al Qarara, au nord du gouvernorat».

«13 patients enterrés dans l’hôpital Al Nasser»

D’après Al Jazeera, les forces d’occupation se sont retirées du complexe médical Al Nasser de Khan Younès après des assauts répétés sur cet hôpital. L’agence Wafa note, toutefois, que l’armée sioniste reste «stationnée à proximité de l’hôpital». «Le personnel et les patients du complexe médical Al Nasser se trouvent sans eau, sans nourriture, sans électricité, sans oxygène et sans composants thérapeutiques», informe Wafa en citant des sources médicales.

Ces dernières affirment que «13 patients ont été enterrés dans l’enceinte de l’hôpital Al Nasser». Ces 13 malades sont décédés par manque d’oxygène lui-même causé par des coupures de courant et l’arrêt des générateurs électriques.

Le centre palestinien d’information fait état de son côté de «violents affrontements qui ont éclaté au milieu de tirs d’artillerie et de bombardements intenses d’hélicoptères dans la ville d’Abasan, à l’est du gouvernorat de Khan Younès». La même source cite deux frères, Salim Bashir Barbakh et Ahmed Nidal Barbakh, tous deux tués hier «dans un bombardement israélien contre un groupe de citoyens dans la région d’Al Sikka, dans le centre de Khan Younès».

Dans la même ville, le centre palestinien d’information mentionne cette effroyable boucherie qui a coûté la vie à sept membres d’une même famille, en l’occurrence la famille Al Agha. Ils ont péri dans une frappe meurtrière qui les a surpris samedi soir, alors qu’ils étaient regroupés dans la demeure familiale.

A Khan Younès toujours, Al Jazeera a indiqué hier qu’une dizaine de civils ont été exécutés par des snipers à la rue Al Ibara, au cœur de la ville. Le média qatari ajoute que 8 civils ont été tués et de nombreux autres ont été blessés dans un bombardement ayant ciblé une habitation à Rafah, hier après-midi.

Dans la ville de Ghaza, l’occupant continue de mener une vaste opération militaire dans le quartier Al Zaytoun, au sud de la ville de Ghaza où des combats féroces font rage. «Des tirs d’artillerie et des raids aériens s’acharnent sur le quartier d’Al Zaytoun, coïncidant avec de violents affrontements avec la résistance, alors que les forces d’occupation poursuivaient leur incursion dans le sud-est du quartier», détaille le centre palestinien d’information. «Parallèlement aux tirs d’artillerie, des hélicoptères et des drones se sont attaqués aux quartiers est de la ville de Ghaza», poursuit le CPI. Cette offensive a fait au moins quatre morts parmi les civils.

Dans la ville de Ghaza toujours, cette fois dans le quartier d’Al Sabra, trois personnes ont été tuées dans une frappe contre la maison de la famille Kali, révèle le centre palestinien d’information. Par ailleurs, une autre personne a péri dans un raid mené sur le quartier d’Al Shaaf, à l’est de la ville de Ghaza.

A Beit Lahia, au nord, «des avions de l’occupant ont bombardé un site résidentiel de la rue Al Shaymaa, faisant de nombreux martyrs», rapporte le CPI. Dans la même région, des frappes aériennes «ont détruit un entrepôt de produits agricoles et d’appareils électriques, et un incendie s’est déclaré sur place».

Le centre palestinien d’information a documenté également la mort atroce, ce samedi, d’un jeune infirmier avec plusieurs membres de sa famille dans une attaque à Beit Lahia, au nord de la Bande de Ghaza. «Le docteur Muhammad Saber Qashqash a été tué dans un bombardement sioniste après avoir passé plus de 140 jours à servir les malades dans le nord de la Bande de Ghaza», écrit le CPI.

«Terrain d’entente»

Sur le front diplomatique, les discussions repartent visiblement du bon pied dans l’espoir d’arracher une trêve avant le début de l’opération d’envergure que projette de lancer Netanyahu sur Rafah au début du mois de Ramadhan.

Selon l’AFP, le cabinet de guerre israélien a «donné son feu vert à l’envoi sous peu d’une délégation au Qatar afin de poursuivre les discussions des derniers jours à Paris en vue d’un nouvel accord de trêve», assure l’agence française.

Et de préciser que «le chef du Mossad, David Barnea, s’est rendu vendredi dans la capitale française à la tête d’une délégation israélienne». L’objet de cette visite était de peaufiner le projet d’accord discuté fin janvier avec les médiateurs américain, égyptien et qatari.

Selon des sources médiatiques égyptiennes, des responsables qataris, égyptiens, et américains se sont réunis hier à Doha avec des cadres du Hamas et des responsables israéliens.

«Ces discussions entre technocrates seront suivies de réunions au Caire», affirme la chaîne Al Qahera News citée par l’AFP. Sur ces entrefaites, Jake Sullivan, le conseiller à la Sécurité nationale du président américain Joe Biden, a déclaré ce dimanche à CNN qu’un «terrain d’entente» a été trouvé lors des récentes discussions qui ont eu lieu à Paris.

«Il est vrai que les représentants d’Israël, des Etats-Unis, de l’Egypte et du Qatar se sont rencontrés à Paris et sont parvenus à un terrain d’entente entre eux quatre à propos des contours d’un possible accord», a soutenu le haut responsable américain.

L’accord devait principalement porter sur la libération des otages et sur un «cessez-le-feu temporaire». «Je ne vais pas rentrer dans les détails parce qu’ils sont toujours en train d’être négociés.

(…) Il faudrait qu’il y ait des discussions indirectes du Qatar et de l’Egypte avec le Hamas, parce qu’au final, ils devront donner leur accord à la libération des otages. Ce travail est en cours», a précisé le conseiller de Joe Biden selon des propos rapportés par l’AFP, avant de souligner : «Nous espérons que, dans les prochains jours, nous pourrons parvenir à un point où il y a effectivement un accord solide et final sur cette question.» 

 

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