Réunion extraordinaire du Comité national de lutte contre le blanchiment d’argent et financement du terrorisme : Nécessité d’accélérer la sortie de la «liste grise» du GAFI

08/03/2025 mis à jour: 17:36
1736
Le ministre des Finances, présidant, jeudi, une réunion extraordinaire du Comité national d’évaluation des risques de blanchiment d’argent

Une réunion extraordinaire du Comité national d’évaluation des risques de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et du financement de la prolifération des armes de destruction massive s’est tenue jeudi sous la présidence du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred. 

Cette réunion, qui a vu la présence du Secrétaire général du ministère de la Défense, en sa qualité de vice-président du dit comité, s’inscrit dans le cadre d’un «suivi périodique des actions en cours au niveau de tous les secteurs concernés par le plan d’action convenu avec le Groupe d’action financière GAFI portant sur 13 mesures recommandées et relatives à l’actualisation du système national de prévention des risques de blanchiment d’argent et de lutte contre le financement du terrorisme et à son optimisation en vue d’assurer la sortie, dans les meilleurs délais, de l’Algérie de la liste des pays soumis à une surveillance renforcée»,  rapporte un communiqué du ministère des Finances. 

La «liste grise» ou liste des juridictions soumises à surveillance renforcée, identifie les pays qui «travaillent activement avec le GAFI pour remédier aux déficiences stratégiques de leur régime de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, et prolifération d’armes de destruction massive…». Lorsqu’un pays est classé dans cette catégorie, il s’engage à résoudre rapidement les déficiences identifiées dans les délais convenus. 

Dans sa déclaration en octobre 2024, et suite à son classement en mai de la même année, dans la liste grise, l’Algérie a pris «un engagement politique de haut niveau de travailler avec le GAFI et le MENAFATF afin de renforcer l’efficacité de son régime de LBC/FT (lutte contre le blanchiment et financement du terrorisme). 

Le pays a «progressé sur de nombreuses mesures recommandées, notamment en poursuivant plus efficacement les enquêtes et les poursuites en matière de blanchiment d’argent». L’Algérie s’est engagée à appliquer un plan d’actions en collaborant avec le GAFI et qui réside sur une série de mesures consistant d’abord en l’amélioration de la surveillance fondée sur les risques, en particulier dans les secteurs à haut risque, avec l’application de sanctions efficaces, proportionnées et dissuasives. 

Il s’agit également d’élaborer un cadre efficace pour les informations de base et les informations sur la propriété effective, ainsi que l’amélioration du régime de déclaration des transactions suspectes. Le pays s’est engagé  à établir un cadre juridique et institutionnel efficace pour des sanctions financières ciblées en cas de financement du terrorisme. Le plan d’action comprend en outre la mise en œuvre d’une approche fondée sur les risques pour la surveillance des organisations à but non lucratif, sans perturber ni décourager les activités légitimes. 

Plans d’actions

Le 21 février dernier, le GAFI a appelé les pays classés dans la liste grise, à achever leurs plans d’actions rapidement et dans les délais convenus, tout en saluant leur engagement et suivra de près leurs progrès. Dans son évaluation du mois dernier, le GAFI relève que l’Algérie n’a pas encore établi une déclaration plus récente après celle d’octobre 2024. 

La réunion de jeudi dernier du Comité national d’évaluation des risques de blanchiment d’argent obéit à cette exigence de présenter les progrès de la lutte. «Cette session a pour objectif d’assurer un suivi minutieux des travaux du Comité et des groupes de travail spécialisés issus de celui-ci, appelant à la nécessité d’élever la cadence de la mise en œuvre des actions convenus, tout en programmant des rencontres bilatérales entre le ministère des Finances et les secteurs concernés, en présence de la cellule de renseignement financier et de la Banque d’Algérie», a souligné le ministre dans son propos rapporté par le communiqué du ministère. 

Le premier argentier du pays a par ailleurs «insisté sur l’importance d’adopter un nouveau mode de fonctionnement du comité, en vue d’améliorer la qualité de la coordination et de garantir le respect du plan d’action national afin de réaliser les objectifs escomptés», ajoute la même source. Au cours de cette réunion, deux exposés principaux ont été présentés, dont le premier porte sur «l’évaluation de l’avancement des travaux en cours au sein de la commission nationale de coordination, chargée du suivi de la mise en œuvre des recommandations visant à adapter le système national de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme aux récentes normes internationales en vigueur». 

Le second exposé a, pour sa part, porté sur «le suivi de la mise en œuvre des feuilles de routes sectorielles intégrées dans le plan d’action avec le GAFI, ainsi que la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme». 

Dans le but de renforcer l’efficacité du travail du comité, les discussions au cours de cette réunion, ont abouti à la nécessité d’adopter « des mécanismes plus performants, contribuant ainsi à accélérer la cadence des travaux, à réduire les délais et à renforcer la synergie entre les secteurs, en vue d’améliorer la performance du système national de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et de garantir les plus hauts niveaux de conformité aux normes internationales», indique le communiqué du ministère. 

Copyright 2025 . All Rights Reserved.