Les médias français proches de l’extrême droite, notoirement addicts aux papilles mammaires du groupe Bolloré, se sont constitués en véritables bataillons de guerre médiatique à force que s’exacerbaient les tensions entre Alger et Paris.
Dans cette crise entre les deux pays, qui a atteint un niveau sans précédent, les médias du milliardaire ultra-droite de Vincent Bolloré ont incontestablement joué un rôle de premier plan. Souvenons-nous : tout a commencé sur la chaîne Frontières d’extrême droite par les contre-vérités historiques débitées par l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, et attentatoires à l’intégrité territoriale de l’Algérie.
D’autres médias porte-voix de la droite extrême se chargeront, par la suite, de prendre le relais. Ils s’appliqueront à épandre le fiel anti-algérien en multipliant les plateaux sur l’immigration algérienne en France présentée comme danger du quotidien.
Ainsi s’installe l’alliance objective «des extrêmes» comme le souligne le rapport du mois de mars 2025 d’Action-Critique-Médias (Acrimed), observatoire français des médias. Dans une synthèse consacrée aux hebdomadaires du Journal du Dimanche (JDD) et JDNews, la propagande de l’extrême droite est orchestrée tambour battant alors que ces deux médias aux mains de Bolloré se font, «en même temps», la caisse de résonance du pouvoir français.
Selon Acrimed, les deux hebdomadaires, aux côtés de CNews et d’Europe 1, sont la vitrine du combat «civilisationnel» de Bolloré. «Ce qui est moins souvent souligné, c’est la légitimation constante de ces médias d’extrême droite par les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron», indique l’observatoire. Et de faire observer qu’entre le 1er septembre 2024 et le 2 mars 2025, le gouvernement trône fièrement sur plus de la moitié des couvertures du JDD (15 sur 27).
«Le JDD sait construire la notoriété de ses chouchous»
«Si Michel Barnier est de loin le plus exposé – huit fois en seulement 90 jours d’exercice au poste de Premier ministre –, le JDD sait construire la notoriété de ses chouchous, Gérald Darmanin et Bruno Retailleau, visibles quatre fois chacun à la Une, mais aussi trois fois en couverture du JDNews», note Acrimed.
La même hiérarchisation prévaut, est-il souligné, d’ailleurs à l’antenne de CNews et d’Europe 1, où Michel Barnier, Bruno Retailleau et Gérald Darmanin ont été de très loin les trois personnalités des gouvernements successifs les plus citées au cours des six derniers mois. Retailleau un peu plus encore dans sa rhétorique anti-algérienne qui a fini par mettre «mal à l’aise» même ses collègues au sein du gouvernement Bayrou.
Plus d’une dizaine de Unes depuis septembre 2024 : Bruno Retailleau est sans nul doute l’obsession médiatique des derniers mois.
A l’exception de celle de Libération, ces Unes lui sont toutes favorables. Les médias de droite et d’extrême droite accompagnent quant à eux leur «favori» et actent, bien sûr, leur alignement idéologique. Un alignement fièrement assumé auparavant par Geoffroy Lejeune à Valeurs Actuelles, Pascal Praudet Laurence Ferrari.
Pour Acrimed, ce concert et cet alignement des droites, dans le JDD et JDNews, vaut aussi pour la communauté des journalistes, experts et «intellectuels» médiatiques.
«Si l’on ne s’étonne guère de voir promues les stars de CNews et les vedettes d’Europe 1, des personnalités médiatiques parmi les plus influentes, omniprésentes au sein des grands médias depuis au moins un quart de siècle pour certaines, défilent dans les pages des deux hebdomadaires», explique Acrimed, citant Franz-Olivier Giesbert, Frédéric Beigbeder, Luc Ferry, Michel Houellebecq et d’autres. M.Abdelkrim