Hind, 6 ans, face aux Merkava…

11/02/2024 mis à jour: 07:00
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La frêle vie de la fillette Hind Rajab, six ans à peine, a été emportée comme un fétu de paille par l’ouragan de la guerre sans nom que livre la machine à tuer d’Israël aux populations de Ghaza. 

Son nom se joint à ceux de dizaines de milliers d’autres enfants palestiniens, issus de la généalogie de l’errance, de la peur, de la faim… et autres calamités de l’occupation, dont l’existence a été violemment fauchée par la bande de criminels qui sévit à partir de Tel-Aviv. 

Des dizaines de milliers de récits tragiques qui doivent faire honte à l’humanité et que l’histoire, occupée à consigner les factuels prioritaires des puissants, n’aura pas le temps de documenter, de vraiment retenir et de pouvoir, un jour, opposer concrètement aux coupables.  

Hind Rajab, six ans, et un beau sourire arboré sur nombre de photos qui circulent sur les réseaux sociaux, depuis que son «cas» a commencé à faire une «story» pour les médias et devenir l’emblème de ce que peut être le crime de guerre et l’atteinte aux droits humains. 

Disparue avec cinq membres de sa famille durant plus de 12 jours, le corps sans vie et décomposé de Hind a pu être retiré, avant-hier, de l’amas chaotique de tôle et de béton, témoignant du cruel acharnement de l’unité blindée israélienne qui a ciblé le véhicule et ses occupants, au quartier Tal Al Hawa dans ce Ghaza laminé et désormais sans repère.  

Rien ne prédisposait la mort de Hind à faire saillie au vrac de récits dilués qui rendent compte quotidiennement des crimes impunis contre l’enfance dans l’enclave, n’était ce SOS téléphonique ultime d’il y a 12 jours, enregistré et diffusé à l’intention des médias par le Croissant-Rouge palestinien ; on y entend l’adolescente Liane (14 ans), également coincée dans le même véhicule que sa cousine Hind, parmi les corps criblés de balles de deux autres enfants et des deux adultes qui les accompagnaient, appeler au secours, la voix terrifiée par les salves israéliennes, avant que la communication ne soit brutalement coupée. 

Le grand-père de Hind, seul survivant après que sa cousine ait succombé, raconte, pour sa part, avoir pu parler à sa petite-fille, se plaignant de blessures au niveau de plusieurs parties du corps, avant que là aussi la liaison ne soit perdue. 

Depuis, les organisations humanitaires ont tenté de remuer un peu «de ciel et de terre» pour porter secours, alors qu’une partie du monde a consenti quelques marques d’émotion, en attendant de retrouver la fillette et ses proches décimés. 

Deux ambulanciers envoyés sur les lieux seront également portés disparus. Ils font partie des dépouilles récupérées avant-hier, altérées par 12 jours d’attente, leur véhicule ayant été également pris pour cible par les tanks de Netanyahu. 

Près de deux semaines après la diffusion à grande échelle d’un appel au secours, émanant d’un enfant pris dans le broyeur de la guerre, le monde des institutions humanitaires, des complexes diplomatiques sophistiqués et des grandes valeurs humaines a été incapable d’agir pour se racheter une once de dignité dans l’insondable déshonneur que fait subir Israël à ce qui reste encore de la conscience internationale. 

Des milliers de Hind ont été déjà enterrées à la va-vite, ou encore en attente d’être retirées des décombres, dans ces territoires du désastre depuis près de cinq mois. 

Le sinistre Netanyahu est sur le point de déclencher un nouvel enfer au sud de l’enclave damnée, dans ce Rafah transformé en cul-de-sac humanitaire, où se compriment plus d’un million de réfugiés du Nord, attendant la mort, dos au mur de l’indifférence du monde.      
 

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