Les discussions porteront notamment sur «la prévention d’un retour à la guerre, le retrait militaire» israélien de Ghaza et «les critères» des échanges entre les derniers otages israéliens et les prisonniers palestiniens, a déclaré l’un d’eux.
Les négociations entre le Hamas et Israël sur la deuxième phase de leur accord de trêve ont commencé par médiateurs interposés, a annoncé, hier, un porte-parole du mouvement palestinien dans un communiqué. «Les contacts et négociations pour la deuxième phase ont commencé», a indiqué Abdel Latif al-Qanou. Deux responsables du mouvement palestinien ont affirmé, sous le couvert de l’anonymat, avant-hier, que le Hamas était «prêt à entamer les négociations pour la deuxième phase» du cessez-le-feu avec Israël dans la bande de Ghaza.
Les discussions porteront notamment sur «la prévention d’un retour à la guerre, le retrait militaire» israélien de Ghaza et «les critères» des échanges entre les derniers otages israéliens et les prisonniers palestiniens, a déclaré l’un d’eux. «Nous attendons que les médiateurs lancent la seconde phase», a précisé le second. Israël avait annoncé plus tôt qu'il enverrait «en fin de semaine» une délégation au Qatar, l'un des trois pays médiateurs avec les Etats-Unis et l'Egypte, pour discuter de la poursuite de la trêve dans le territoire palestinien.
Le président américain, Donald Trump, devait accueillir, hier à Washington, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, au moment où reprennent les délicates négociations sur la poursuite du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Ghaza. Netanyahu est le premier dirigeant étranger invité à la Maison-Blanche depuis le retour au pouvoir de Donald Trump le 20 janvier, symbole de l'alliance indéfectible entre Israël et les Etats-Unis.
En recevant le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour «crimes de guerre» et «crimes contre l’humanité», «les Etats-Unis font preuve de mépris à l’égard de la justice internationale», écrit Amnesty International sur X. «Des preuves que des armes d’origine américaine ont contribué à des crimes de guerre ont été continuellement fournies aux Etats-Unis et ils continuent à violer l’obligation de prévenir les génocides en sachant que leurs armes sont utilisées dans le cadre de l’offensive militaire d’Israël dans la bande de Ghaza», ajoute l’ONG.
Une première phase de six semaines, qui a permis des libérations d'otages retenus à Ghaza et de Palestiniens détenus par Israël, ainsi qu'un afflux de l'aide humanitaire dans le territoire assiégé, est entrée en vigueur le 19 janvier, mais les deux étapes suivantes du cessez-le-feu restent à négocier.
«Une position arabe unie»
Le président américain avait déclaré n'avoir «aucune garantie» que le cessez-le-feu se prolonge, après avoir beaucoup vanté son rôle dans l'accord de trêve, annoncé juste avant son retour au pouvoir et destiné à mettre fin à plus de 15 mois de guerre.
Son émissaire spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a eu un ton légèrement plus optimiste : «Cela tient jusqu'ici et nous avons certainement l'espoir (...) de faire sortir les otages et de sauver des vies et d'arriver, nous l'espérons, à une résolution pacifique de tout cela.» Donald Trump a suscité récemment une vague d'indignation internationale en proposant de faire «tout simplement le ménage» dans la bande de Ghaza et de transférer ses habitants dans des lieux «plus sûrs» comme l'Egypte ou la Jordanie.
Ces deux pays se sont opposés à ce plan. La deuxième phase du cessez-le-feu doit permettre la libération des derniers otages retenus à Ghaza et la fin définitive de la guerre. Une fois que les libérations d'otages durant la première phase auront été achevées, le mouvement de résistance palestinien détiendra encore une cinquantaine d'otages, morts ou vivants. Le président égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, et le roi Abdallah II de Jordanie ont souligné, au cours d’un entretien téléphonique, la nécessité d’adopter «une position arabe unie» afin de parvenir à la paix au Moyen-Orient.
Selon la Présidence égyptienne, l’entretien a notamment porté sur le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Ghaza et la nécessité d’une «reconstruction rapide» de l’enclave. L’Egypte et la Jordanie, deux pays alliés des Etats-Unis, ont rejeté l’idée du président américain, Donald Trump, de faire «tout simplement le ménage» dans la bande de Ghaza en transférant ses habitants en Egypte ou en Jordanie.
Le roi Abdallah a cependant accepté une invitation à la Maison-Blanche, le 11 février. Abdel Fattah Al Sissi et Donald Trump s’étaient mutuellement invités la veille pour des visites d’Etat. Le président égyptien avait alors assuré à son homologue américain que le monde comptait sur lui pour obtenir un «accord de paix permanent et historique» qui mettrait fin au conflit israélo-palestinien.
Par ailleurs, le Japon envisage d'offrir des soins médicaux «à des habitants de Ghaza malades et blessés», a déclaré, avant-hier, le Premier ministre Shigeru Ishiba, qui répondait à un parlementaire qui demandait si un plan comme celui qui avait permis d'accueillir une poignée de réfugiés syriens en tant qu'étudiants en 2017 pourrait être une solution pour aider les habitants de Ghaza. «Nous envisageons de lancer un programme similaire pour Ghaza, et le gouvernement s'efforcera de réaliser ce plan», a déclaré Ishiba. Le Premier ministre a ajouté que des opportunités d'études pourraient également être offertes aux habitants de Ghaza.
Cinquante malades ont été évacués de Ghaza, samedi dernier, pour l'Egypte via le passage de Rafah, ouvert pour la première fois depuis qu'Israël en a pris le contrôle en mai 2024, selon le ministère de la Santé. Le Qatar a lancé un pont aérien entre la Jordanie et le «passage de Qarara», également connu sous le nom de «passage de Kissoufim», dans la région de Khan Younès, pour le transport d’aides humanitaire et médicale vers la bande de Ghaza.
Les hélicoptères qui partent de la base aérienne King Abdallah II complètent le pont terrestre précédemment mis en place par l’Etat du Golfe, précise le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur X. Selon le ministère, le Qatar a déjà envoyé soixante-cinq camions de secours à travers la frontière jordanienne depuis le début du cessez-le-feu.