Cette manifestation scientifique, qui a réuni le conseil économique, social et environnemental, relevant de la présidence de la République, des chercheurs universitaires et des associations civiles, dont certaines sont devenues des institutions à caractère économique et social, s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des associations civiles et de leur sensibilisation à leur rôle fondamental dans le projet de développement national.
Les organisateurs estiment que le Café des affaires de l’université d’El Oued peut jouer un rôle crucial dans le soutien à l’entrepreneuriat afin d’encourager et parrainer la transformation de ces associations de la société civile en acteurs économiques en opérant un changement stratégique dans leur philosophie afin de passer de la pensée traditionnelle basée sur le soutien de l’Etat dans la pratique de leurs activités à la pensée entrepreneuriale et à l’investissement économique qui leur permet de devenir des institutions actives contribuant à la dynamique économique et sociale et assurer des rentrées, dans le cadre des lois en vigueur.
Le professeur Omar Farhati, directeur de l’université d’El Oued, a souligné lors de son intervention que l’institution veut davantage s’impliquer dans la dynamique sociale en s’ouvrant sur son environnement économique et social conformément à la stratégie du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Il a ajouté que le Café des affaires rassemble des acteurs économiques et sociaux, des cadres universitaires, et discute des questions économiques et civiles, tout en jouant un rôle de guide pour ces acteurs civils dans le but de fonder leurs institutions sur des bases scientifiques et économiques dans les domaines de la gestion et de l’investissement.
Le responsable du bureau de liaison entre l’université et les entreprises, Dr Bahi Abdelmalek, a, quant à lui, expliqué qu’il s’agit de créer un espace positif ouvert aux associations de la société civile pour bénéficier des expériences scientifiques, de l’orientation et de la formation offertes par l’université dans le but de les transformer en entrepreneurs communautaires et de créer des institutions créatrices de richesse et d’emplois, et de soutenir plusieurs secteurs économiques, industriels et de services stratégiques.
Dans une intervention via Zoom intitulée «Les efforts de l’Etat pour renforcer la dimension entrepreneuriale dans l’action associative», le Dr Mekataf Karima, présidente du département de développement durable au conseil économique, social et environnemental, a abordé le rôle de la société civile en tant que partenaire actif dans le développement économique et social dans le cadre de la mise en œuvre des politiques de l’Etat dans ce domaine, mettant au jour les mécanismes de transition de la société civile vers le secteur économique à travers le renforcement de la dimension entrepreneuriale.
Un cadre juridique et économique propice
Le Dr Chawki Medelal, spécialiste en droit à l’université d’El Oued, a présenté une intervention sur le cadre juridique de l’action entrepreneuriale des associations. Il a abordé les mécanismes juridiques qui leur permettent de pratiquer des activités à caractère économique afin de s’engager dans la dynamique de développement et même de participer aux marchés publics, à l’instar des associations environnementales, ce qui permet aux associations d’ajouter à leur activité bénévole la possibilité de contribuer à l’économie nationale et au développement social.
Le professeur Nourdine Djouadi, spécialiste en économie à l’université d’El Oued, a exposé les «Mécanismes de transition de la pensée traditionnelle à la pensée économique», mettant l’accent sur la nécessité de tirer parti de la masse associative nationale estimée à plus de 130 000 associations pour en faire un acteur économique de premier plan et une force douce soutenant l’économie nationale.
Le conférencier a présenté des exemples concrets de plusieurs pays, soulignant qu’en 2004, les associations en 36 pays dans le monde ont investi plus de 2 milliards de dollars, soit 5% de leurs produits locaux, et ont également créé environ 45 millions emplois permanents et temporaires grâce à leur activité entrepreneuriale. En Égypte, a-t-il ajouté, les associations ont investi six millions de dollars dans l’économie égyptienne entre 2013 et 2014.
Au Canada, les associations peuvent attirer environ un million de touristes par an, ce qui contribue à l’amélioration de l’économie de ce pays. Par ailleurs, le représentant de l’association caritative Daouia, du groupe Djilali Mehri, l’ingénieur Djebali Belkhir, a présenté l’expérience de l’association dans la gestion et l’investissement agricole, qui constitue le modèle économique local le plus ancien et le plus accompli au niveau national.
Le président de l’association Ithar pour la prise en charge des orphelins, le professeur Houidi Abdelbasset, a mis en exergue l’expérience de l’association dans la transition réussie des services caritatifs bénévoles à l’entrepreneuriat communautaire, et ce, au service des orphelins dans les domaines de la gestion et de l’investissement économique.
L’université d’El Oued veut ainsi jouer un rôle moteur dans le développement de l’entrepreneuriat au sein des associations caritatives, leur permettant ainsi d’accroître leur impact social et économique en proposer des cours et des ateliers sur l’entrepreneuriat social, la gestion des associations et les stratégies de financement ainsi qu’un renforcement des compétences spécifiques, telles que la rédaction de propositions de financement et la gestion de projet. Il s’agit de mettre en place des programmes de mentorat où des enseignants et des professionnels expérimentés aident les associations à développer leurs projets.
L’université entend également établir des partenariats avec des entreprises et des institutions publiques pour créer des synergies et des opportunités de financement pour les associations en parrainant des événements de réseautage.
L’idée de créer un incubateur dédié aux projets d’entrepreneuriat social, offrant un soutien financier et logistique pourrait enfin être envisagée dans le cadre du développement d’incubateurs spécialisés au sein de l’université afin de marquer une dynamique nouvelle de son ouverture sur son environnement social et économique.