Sidi Aïch (Béjaïa) : Le lait et la semoule introuvables

10/04/2022 mis à jour: 19:37
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Le lait et la semoule, deux denrées de base subventionnées par l’Etat, ont disparu des étals des boutiques et des rayons des grandes surfaces de la ville de Sidi Aïch, à l’instar de l’ensemble des localités de la région, a-t-on pu constater ces derniers jours. 

«J’ai parcouru de bout en bout l’agglomération du chef-lieu communal, à la recherche d’un sac de semoule. En vain. Je suis obligé de me contenter de pain, en attendant une probable amélioration de la situation», se désole un père de famille, la cinquantaine. 

«La tension sur la semoule a commencé depuis la dernière semaine du mois de février, ayant coïncidé avec le début de la guerre en Ukraine. La peur d’une rupture probable d’approvisionnement en blé, distillée par certains médias et amplifiée par les réseaux sociaux, a généré un comportement de panique chez le consommateur, qui s’est rué sur la semoule pour en constituer un stock», a fait savoir un commerçant tenant une boutique d’alimentation générale au quartier Timzeghra. Lors de notre virée dans ce grand pôle urbain, la semoule n’était disponible qu’au niveau de l’espace commercial du groupe public AgroDiv. 

Une file d’attente de plusieurs dizaines de mètres s’est formée autour de cet unique point de vente. «Je suis là à faire le poireau depuis 7h du matin, sans être certain d’être servi. C’est désolant de devoir rater son travail pour quêter un sac de semoule. On ne comprend pas ce qui se passe, pourtant les pouvoirs publics ont rassuré sur l’existence d’un stock de blé suffisant pour couvrir toute l’année 2022», râle un jeune père de famille. 

Un responsable de l’unité Les moulins de la Soummam de Sidi Aïch, qui approvisionne en semoule toute la wilaya de Béjaïa, informe que la chaîne de production de l’usine tourne à fond de train. 

«Nous travaillons dans les conditions normales. Il n’y a aucune restriction à la production, laquelle tourne autour de 2200 tonnes de semoule par jour. De quoi satisfaire largement les besoins de consommation de toute la région. Je pense que cette tension est essentiellement liée au comportement compulsif du consommateur, qui a crée la pénurie, en essayant de l’anticiper», dira-t-il.  

Autre pénurie alimentaire : le lait pasteurisé en sachet d’un litre. Cela, d’autant plus que cette pénurie s’est installée dans la durée. En effet, depuis de longs mois, voire même des années, trouver un sachet de lait dans la ville de Sidi Aïch et les autres agglomérations de la Soummam, relève presque de l’impossible. 

La encore, les assurances des autorités, maintes fois réitérées, sont régulièrement battues en brèche par la réalité du terrain. «On nous donne des quantités très réduites. Même en le limitant à deux sachets par personne, le produit s’épuise sitôt déchargé», affirme un commerçant établi sur la route de l’hôpital

«Il faut être présent au moment de l’arrivage et parfois jouer des coudes pour avoir droit à deux litres de lait. Dans certains quartiers, on attend dès la pointe du jour que le commerçant du coin en sot livré. C’est frustrant», vitupère un habitant du quartier Les Oliviers. 

«Si la matière première subventionnée est détournée à d’autres fins, comme on le prétend, qu’attendent les services de contrôle habilités pour sanctionner les contrevenants ?» s’interroge-t-il.

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