Problématiques oubliées

06/02/2024 mis à jour: 03:56
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La bonne santé du mouvement associatif se révèle d’une importance capitale dans la vie du pays. Cela est d’autant plus vrai quand il draine et fait contribuer les élites et les compétences dans les divers secteurs et activités. Les organisations professionnelles et de la société civile ont cet atout d’agir dans leur strict domaine sans contingences qui viendraient saturer leur démarche et les éloigner du but initial. 

Elles peuvent être d’un grand apport pour les pouvoirs publics afin d’harmoniser les efforts et les initiatives et préciser les objectifs à atteindre au bénéfice de la collectivité. Il arrive, en effet, que la gestion des affaires publiques présente quelques dissonances et altère la perception générale par les citoyens. 

L’on a vu, dans la même semaine, le lancement d’une campagne de prévention contre l’obésité puis s’exprimer le souci de l’accessibilité des boissons les plus chargées en sucre en direction des consommateurs. 

Dans ce registre, il importe de retenir les recommandations des experts qui appellent à «reconsidérer la question de la nutrition» en dotant les hôpitaux de spécialistes, tout en prévenant que «si nous n’agissons pas de manière appropriée, le phénomène (de l’obésité) prendra des dimensions dangereuses dans les années à venir». 

Il serait opportun, comme première pierre dans ce grand chantier de santé publique, de penser à la disponibilité de l’eau minérale sur le marché en perspective de l’été prochain, qui ne manquera pas d’infliger ses épisodes caniculaires. En rupture de stock, les magasins servaient l’année dernière les packs d’eau plate comme une denrée rare.

En organisant cette semaine une campagne de sensibilisation sur la maladie de l’asthme, l’association scientifique des étudiants en pharmacie à Alger soulève une question sanitaire rarement évoquée par les responsables en charge du secteur. 

Lors d’une journée d’étude qui s’est tenue en décembre 2022 à Blida, il avait été relevé «l’absence de statistiques (qui) s’explique par le fait que le système sanitaire algérien se concentre uniquement sur le recensement des maladies infectieuses», soulignant la nécessité de «développer un système similaire pour les maladies chroniques en vue d’assurer une prise en charge idoine». 

Cette dernière devra se déployer à différents niveaux, pas seulement par la lutte contre le tabagisme, lequel a heureusement et relativement reflué du fait, précisément, du renchérissement des prix. Le champ d’action contre cette maladie respiratoire, dont on ne connaît pas avec exactitude la prévalence et le degré d’évolution, est assez vaste et en lien avec le niveau de vie global de la population. 

Avant d’atteindre le stade de la surveillance de la qualité de l’air dans les villes les plus peuplées, il est possible de resserrer la réglementation sur le maintien en circulation des moyens de transport en commun frappés de vétusté. 

Des unités industrielles ou artisanales sont autorisées à ouvrir hors zone d’activité, avec un minimum d’investissement pour le contrôle des émissions et des rejets, en mettant les riverains dans la rubrique des pertes et profits. A un moment, ce sera aux spécialistes de se prononcer avant les commerciaux et les chargés du marketing, en prévenant que l’avenir n’est pas seulement une promesse de consommation démesurée, mais des exigences sanitaires et environnementales accrues. 

Dans l’euphorie automobile qui est en train de s’emparer de larges pans de la société, avec des offres de SUV de 150 chevaux pour le prix d’une modeste citadine, il y a lieu de rappeler certains préalables, dont le désengorgement des routes et des villes, et que sous d’autres latitudes, il est décidé de tripler le tarif de stationnement en agglomération pour les véhicules les plus polluants.

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