730 morts et 1367 blessés ont été recensés à Ghaza en une semaine, soit depuis la rupture de la trêve de façon unilatérale par Israël. Au nombre des victimes des frappes sionistes enregistrées hier figurent deux journalistes : Houssam Shabat, correspondant d’Al Jazeera Mubasher, et Mohammed Mansour, reporter pour la chaîne de télévision Palestine Today.
Cela fait maintenant une semaine que la population de Ghaza vit de nouveau sous le joug de l’occupant israélien et ses raids assassins. Selon un bilan rendu public hier par les autorités sanitaires palestiniennes au sein de l’enclave dévastée et cité par l’agence Wafa, cette nouvelle phase meurtrière de la guerre contre Ghaza a fait 730 morts et 1367 blessés en sept jours d’exactions, soit depuis la rupture de la trêve de manière unilatérale par l’entité sioniste le mardi 18 mars. En seulement 24 heures, il a été enregistré 61 morts et 134 blessés, alerte le ministère de la Santé à Ghaza.
Avec ces nouvelles pertes, le nombre de victimes recensées franchit la barre des 50 000 morts à Ghaza. «Le nombre de martyrs de l’agression israélienne dans la bande de Ghaza s’élève à 50 082, et le nombre de blessés à 113 408 depuis le 7 octobre 2023», précise l’agence Wafa en citant le ministère palestinien de la Santé. En outre, «14 000 personnes sont portées disparues» depuis l’opération «Toufane Al Aqsa».
La journée d’hier a charrié à son tour son lot d’atrocités, faisant des dizaines de victimes, «des enfants et des femmes pour la plupart», souligne Wafa. «Des sources médicales dans la bande de Ghaza ont rapporté le décès de six personnes, dont des enfants, après que les avions de guerre de l’occupant aient bombardé une tente abritant des déplacés dans la zone de Qizan Rashwan, au sud de la ville de Khan Younès», indique la même source.
Toujours à Khan Younès, au sud de la bande de Ghaza, un nombre indéterminé de morts et de blessés ont été enregistrés lors d’un «bombardement ayant ciblé une maison dans la zone de Ma’an, à l’est de la ville», rapporte Wafa. Dans le centre de la bande de Ghaza, au moins cinq Palestiniens ont été tués et 13 autres blessés dans une frappe contre un abri de fortune aménagé à l’intérieur de l’école Al Razi, dans le camp de Nuseirat.
Dans le camp de Nuseirat toujours, deux femmes ont été tuées et d’autres réfugiés du camp ont été blessés suite à un raid qui a pulvérisé un appartement. Une autre frappe a ciblé un «atelier de maintenance automobile à proximité de l’entrée du camp Al Maghazi», au centre de l’enclave, selon Wafa. Par ailleurs, quatre civils ont été blessés par une attaque aérienne qui a foudroyé une tente dans le secteur d’Al Sawarha.
Des scènes atroces à Rafah
A l’intérieur de la ville de Ghaza, une fille a péri dans une attaque contre le quartier d’Al Zaitoun, à l’est de Ghaza-ville, et d’autres habitants du quartier ont été blessés, lorsque des véhicules militaires israéliens ont ouvert le feu sur des habitations civiles du quartier, explique Wafa.
A Ghaza-ville toujours, des frappes meurtrières ont été signalées du côté du quartier d’Al Shoudjaîya, à l’est de Ghaza, où, selon l’agence d’information palestinienne, «quatre civils, dont des femmes, ont trouvé la mort en martyrs après que l’aviation de l’occupant a pilonné deux maisons adjacentes».
De son côté, Al Jazeera fait état d’une situation humanitaire alarmante à Rafah, au sud de l’enclave. Le Dr Marwan Al Hams, directeur des hôpitaux de campagne dans la bande de Ghaza, a livré hier un témoignage glaçant à ce propos à Al Jazeera Mubasher.
Le médecin palestinien dénonce ce qu’il considère comme un «ciblage systématique du personnel médical et paramédical par l’occupant israélien». «L’occupant prend systématiquement pour cible le personnel des hôpitaux et entrave leur travail, et aujourd’hui (hier, ndlr), nous en avons eu une autre preuve flagrante : quatre ambulances de la Société du Croissant-Rouge palestinien, qui sont intervenues à l’intérieur de la zone de Tel Al Sultan, n’ont plus donné de nouvelles. L’armée israélienne dit qu’il s’agit d’une zone de combat.
Une zone rouge.» Le Dr Marwan Al Hams a ajouté que «les tentatives des équipes de la Défense civile pour secourir leurs collègues ambulanciers ont été vaines. Le contact est rompu avec elles aussi après avoir pénétré dans la zone ciblée».
Le responsable médical a évoqué dans la foulée des scènes atroces vues à Rafah, «où les dépouilles des martyrs et des corps en lambeaux sont éparpillés dans les rues et ne peuvent être récupérés, l’occupation prenant pour cible toute personne qui tente d’intervenir ou d’apporter de l’aide».
D’autres témoins oculaires ont affirmé à Al Jazeera que six dépouilles de civils tués à Rafah gisaient longtemps dans la rue sans que les corps ne puissent être levés et enterrés dignement. Cela «a obligé les habitants à les enterrer sur place, dans la terre, de peur qu’ils ne soient dévorés par des chiens errants», soutient Al Jazeera Mubasher.
L’AFP rapporte, de son côté, que les forces d’occupation ont mené un raid dimanche contre l’hôpital Nasser à Khan Younès, tuant un cadre du Hamas. Dans un communiqué, le mouvement de résistance palestinien a fait savoir qu’il s’agit d’Ismaïl Barhoum, membre de son bureau politique. M. Barhoum y était soigné «après avoir été grièvement blessé lors d’une frappe aérienne sur son domicile à Khan Younès» le jour même de la rupture de la trêve, précise le Hamas.
Le mouvement palestinien a également confirmé la perte d’un autre de ses dirigeants : Salah Al Bardawil. Ce dernier était un membre important de son bureau politique à Ghaza et membre du Conseil législatif palestinien. Il a été ciblé par une frappe aérienne israélienne au camp d’Al Mawasi, près de Khan Younès, selon le Hamas. Son épouse a également été tuée dans cette attaque.
A noter, par ailleurs, que parmi les victimes enregistrées hier figurent deux journalistes palestiniens, qui ont péri dans les bombardements intensifs qui se sont abattus sur Ghaza. Selon Al Jazeera, il s’agit de Houssam Shabat, correspondant d’Al Jazeera Mubasher, et Mohammed Mansour, reporter pour la chaîne de télévision Palestine Today.
L’interdiction de l’entrée de l’aide est «une punition collective»
Le chef de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini, a affirmé que l’interdiction par les autorités de l’occupation sioniste de l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Ghaza «est une punition collective» contre la population de l’enclave, ravagée par une agression génocidaire depuis octobre 2023. «Cela fait trois semaines que les autorités (sionistes) ont interdit l’entrée de fournitures à Ghaza.
Pas de nourriture, pas de médicament, pas d’eau, pas de carburant», a déploré M. Lazzarini dans un message publié dimanche soir sur les réseaux sociaux, avant de souligner que «l’interdiction de l’aide est une punition collective» contre la population de Ghaza. Le patron de l’UNRWA a rappelé que «chaque jour qui passe sans que l’aide humanitaire n’arrive signifie que davantage d’enfants se couchent le ventre vide, que les maladies se propagent et que les privations s’aggravent».
Et de poursuivre : «Chaque jour sans nourriture rapproche Ghaza d’une crise alimentaire aiguë.» M. Lazzarini a tenu aussi à rappeler que «la grande majorité de la population de Ghaza est composée d’enfants, de femmes et d’hommes ordinaires», appelant à la levée du siège imposé à l’enclave et soulignant la nécessité de l’acheminement de l’aide humanitaire et des fournitures commerciales «sans interruption et à grande échelle».
Club des prisonniers : Décès d’un détenu mineur
La Commission des affaires des prisonniers et le Club des prisonniers palestiniens ont fait part hier du martyre du détenu mineur Walid Ahmed dans la prison sioniste de Megiddo. Les deux organisations palestiniennes ont déclaré, dans un communiqué conjoint, que l’Autorité générale des affaires civiles (la liaison avec la partie sioniste) a rapporté que le détenu mineur Walid Khaled Abdullah Ahmed, 17 ans, de la ville de Silwad, à l’est de Ramallah, «est tombé en martyr dans la prison de Megiddo».
Elles ont précisé que Walid Ahmed «est le 63e martyr dans les prisons de l’occupation depuis le début de la guerre d’extermination (le 7 octobre 2023), dont au moins 40 de Ghaza». «Le jeune martyr Walid Ahmed a été arrêté le 30 septembre 2024 et est toujours détenu à ce jour.
Nous n’avons pas encore pu confirmer les circonstances de son martyre», ont indiqué les mêmes sources. Le communiqué a ajouté que le martyre du détenu Walid Ahmed «constitue un nouveau crime dans le registre de la brutalité (de l’occupant sioniste), qui a atteint son apogée depuis le début de la guerre d’extermination».
En outre, la Commission et le Club ont tenu l’occupation «pleinement responsable du martyre du détenu Walid Ahmed», et ont renouvelé leur appel au système international des droits de l’homme pour qu’«il avance dans la prise de décisions efficaces pour tenir les dirigeants de l’occupation responsables des crimes de guerre qu’ils continuent de commettre contre le peuple palestinien».