Médias : Des intellectuels lancent une pétition pour la «préservation» de Liberté

04/04/2022 mis à jour: 01:15
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Photo : D. R.

Plusieurs intellectuels, chercheurs, universitaires et artistes ont signé une pétition dans laquelle un appel est lancé pour la «préservation» du quotidien francophone Liberté, dont la fermeture devrait intervenir ce mercredi. «Inquiets du sort réservé au journal Liberté (sa fermeture annoncée), nous, intellectuels, universitaires, chercheurs et artistes algériens, profondément attachés au pluralisme médiatique, ne pouvons rester insensibles au risque de la disparition d’un titre qui porte la voix plurielle de l’Algérie. 

C’est parce qu’un journal est un espace d’échange et de transmission des idées, des valeurs et d’expression citoyenne nécessaire à la vitalité démocratique d’un pays, il faut le préserver, le défendre et le faire vivre», lit-on dans ce texte signé entre autres par la moudjahida Zohra Drif Bitat, les écrivains Yasmina Khadra, Boualem Sansal, Kamel Daoud, le comédien Mohamed Fellag, ou encore le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz. «Le journal Liberté, dont l’histoire se confond avec celle de l’Algérie contemporaine, a pleinement assumé, depuis sa création, cette mission intellectuelle. Au-delà de son collectif et de son propriétaire, le journal Liberté appartient aussi à ses lecteurs dans leur diversité. 

Sa disparition serait une immense perte pour le pluralisme médiatique, un coup dur pour les acquis démocratiques arrachés de haute lutte et de sacrifices. Une grande perte pour le pays», estiment les signataires qui «conscients de l’apport du journal Liberté à la vie culturelle, sociale et sociétale du pays», appellent «à sa préservation». «Nous appelons à la responsabilité de tous pour que vive Liberté», ont-ils lancé en dernier lieu. Il est à rappeler que le propriétaire du journal a affirmé, samedi, à des représentants du personnel, que sa décision était «irréversible».  

Par ailleurs, dans un communiqué rendu public hier, le collectif des travailleurs affirme avoir appris avec «stupéfaction» la décision de l’actionnaire majoritaire de la SAEC-Liberté, société éditrice du quotidien Liberté, Issad Rebrab, de fermer le journal. «Cette décision inattendue intervient au moment où le journal a engagé un train de mesures visant le redressement de la situation économique de l’entreprise. 

Dans la perspective de redéploiement du journal, un plan social a été opéré et un nouveau site électronique inauguré. Au demeurant, la société éditrice dispose encore de ressources financières suffisantes pour lui permettre de continuer à exister. Malgré un environnement contraignant, Liberté demeure une entreprise de presse viable. Le collectif n’a donc pas saisi les véritables raisons qui ont motivé la décision de fermeture du journal. Il a, en outre, sollicité une entrevue avec M. Rebrab pour lui proposer des alternatives. En vain !», explique le collectif, rappelant que le quotidien a fait résolument le choix de la «famille qui avance», et a payé un lourd tribut durant la sanglante décennie noire (quatre martyrs), le collectif précise que les journalistes ont «poursuivi leur mission, aspirant à faire de Liberté un journal sérieux, qui porte avec courage, dans un environnement parfois hostile, les valeurs de citoyenneté». «Pour le pays et pour les forces du progrès, la survie de ce journal est essentielle. Au-delà de la disparition d’un titre emblématique et de ses conséquences sur la situation de son personnel, la disparition de Liberté signe la fin d’une certaine idée de l’Algérie», conclut-il.  

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