Les hôpitaux de Ghaza intensivement bombardés par l'armée d'occupation israélienne

14/11/2023 mis à jour: 03:46
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Le système de santé à Ghaza s'est effondré, selon l'ONU

Plusieurs dizaines de Palestiniens sont morts et des dizaines d’autres ont été blessés dans les bombardements acharnés menés par l’armée d’occupation israélienne dans la Bande de Ghaza. Le dernier bilan de l’agression israélienne fait état de plus de 11 078 martyrs, dont 4506 enfants et 3027 femmes, quelque 27 490 citoyens blessés. 

Les atrocités de l’armée d’occupation n’ont aucune limite et n’épargnent désormais personne, y compris des nourrissons. Six bébés prématurés sont décédés hier à l’hôpital Al Shifa de Ghaza en raison du manque d’électricité. Les couveuses ne sont plus fonctionnelles depuis 48 heures et aucun blessé ou malade ne peut s’aventurer à l’extérieur d’Al Shifa sans prendre le risque de prendre une balle d’un sniper embusqué ou d’un obus de l’aviation israélienne.

«Six bébés prématurés» et «neuf patients en soins intensifs» sont morts dans le plus grand complexe hospitalier Ghaza, pilonné et assiégé par les Israéliens, a affirmé à l’AFP le vice-ministre de la Santé palestinien. Youssef Abou Rich, présent dans l’hôpital où s’abritent aussi des milliers de déplacés. Il avait donné, dimanche, un précédent bilan de «cinq bébés» et «sept patients» décédés. 

L’hôpital avait annoncé samedi que 39 bébés prématurés étaient encore à Al Shifa et que des infirmiers procédaient à des «massages respiratoires à la main» pour les maintenir en vie. 

Des photos des bébés en danger ont circulé sur les réseaux sociaux, témoignant de la barbarie et de la bestialité de l’occupant sioniste. Face à cette catastrophe humanitaire, la ministre palestinienne de la Santé, Mai Al Kaila, a envoyé hier «un appel de détresse urgent» au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) afin de faire pression pour mettre un terme à l’escalade de l’agression sioniste, qui s’est poursuivie hier pour le 38e jour consécutif contre la Bande de Ghaza, a rapporté l’agence de presse Wafa. Lors d’une réunion d’urgence tenue avec le représentant du comité à El Qods occupée et le coordinateur des affaires de santé de la Croix-Rouge, Al Kaila a indiqué que 23 des 35 hôpitaux ont complètement cessé de fonctionner, selon la même source. Le sort de 3000 patients atteints de cancer est aussi des plus préoccupants. Ces patients, qui étaient suivis et soignés dans les hôpitaux d’Al Rantisi et d’Al Turki, ont été forcés de quitter leur lit d’hôpital par l’armée israélienne. 
 

3000 cancéreux laissés pour morts

Ils sont désormais laissés pour morts, après leur expulsion forcée. Un autre drame humanitaire qui vient s’ajouter aux souffrances des blessés laissés sans soins et des milliers de déplacés venus se réfugier dans les cours des hôpitaux, qui commencent à se transformer en fosses communes en raison de l’impossibilité d’évacuer les morts. 

La ministre a déclaré que des centaines de patients et de blessés risquaient de mourir à tout moment en raison des bombardements et du siège des hôpitaux, des pannes de courant, de l’épuisement du carburant, des médicaments, des fournitures médicales et du manque de produits de première nécessité. Elle a, en outre, renouvelé son appel à toutes les institutions et organisations internationales et de défense des droits de l’homme, à «assumer leurs responsabilités afin de mettre fin à l’agression» sioniste, à autoriser immédiatement l’entrée de l’aide médicale dans les hôpitaux. 

Par ailleurs, le conseil de guerre israélien a décidé de fermer les bureaux de la chaîne libanaise en Palestine Mayadeen TV, proche de l’Iran et du Hezbollah. Les sites de la chaîne ont été également bloqués par l’armée israélienne, alors qu’elle couvrait de manière continue les atrocités commises, notamment dans la Bande de Ghaza. 
Et comme tout cela ne suffisait pas, l’Agence onusienne pour les réfugiés (UNRWA) va dans peu de temps stopper ses activités. Thomas White, patron de cette agence à Ghaza, a prévenu hier que les «opérations humanitaires cesseront sous 48 heures, aucun carburant n’étant autorisé à entrer à Ghaza», assiégée par l’occupant sioniste.

 «Ce matin (hier, ndlr), deux de nos principaux sous-traitants pour la distribution d’eau ont cessé de travailler – ils n’ont plus de carburant –, ce qui va priver 200 000 personnes d’eau potable» dans le petit territoire, où plus de la moitié des 2,4 millions d’habitants sont déplacés et dépendent désormais totalement de l’aide humanitaire pour survivre, a-t-il encore dit sur X (anciennement Twitter).

L’UNRWA a affirmé qu’un de ses locaux à Rafah, dans le sud de la Bande de Ghaza où s’entassent 1,5 million de déplacés, avait «subi d’importants dégâts» après «trois frappes directes (...) de la marine israélienne» hier. «Des employés internationaux de l’ONU présents à Rafah avaient quitté ce bâtiment 90 minutes avant cette frappe», selon l’agence onusienne.

 «Cette attaque prouve une nouvelle fois qu’il n’y a aucun lieu sûr à Ghaza : ni le nord, ni le centre, ni le sud», a souligné l’UNRWA. 
 

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