Les crimes de guerre de l’occupant sioniste se poursuivent à Ghaza : Les patients pris au piège dans les hôpitaux

15/11/2023 mis à jour: 03:11
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Les patients des nombreux hôpitaux de Ghaza sont privés de soins depuis des semaines

Le personnel médical de l’hôpital Al Shifa a sorti, hier, pelles et pioches pour enfouir sous terre ses morts, dans des fosses communes, car se trouvant dans l’incapacité de les inhumer à l’extérieur dans les cimetières, eux-même pilonnés, de la Bande de Ghaza.

 L’intensité des bombardements de l’armée israélienne et l’impossibilité de s’extraire de l’hôpital, assiégé depuis plusieurs jours par des blindés et des tireurs d’élite embusqués, équivaut inéluctablement à une condamnation à mort pour des centaines de blessés, de malades et de déplacés. 

Au moins «179 corps» ont été enterrés dans une «fosse commune» creusée dans le complexe de l’hôpital Al Shifa, a annoncé son directeur, précisant que parmi eux figuraient sept bébés prématurés morts faute d’électricité pour les maintenir en vie. «Nous avons été obligés de les (bébés, ndlr) enterrer dans une fosse commune», a affirmé le Dr Mohammed Abou Salmiya. «Il y a des corps qui jonchent les allées du complexe hospitalier, et les chambres frigorifiées des morgues ne sont plus alimentées» en électricité car aucune goutte de carburant n’a été réceptionnée depuis le début de l’agression israéliennes contre l’enclave palestinienne. 

Cynisme

Le chantage ignoble de l’occupant sioniste a fait miroiter, jusqu’à la dernière minute, la possibilité d’approvisionner l’hôpital en gasoil, une denrée vitale, tout comme l’éventualité de déployer des corridors humanitaires pour quelques heures, afin d’évacuer des bébés en danger de mort. Rien de cela. Cynique propagande israélienne  ! Selon l’ONU, environ 10 000 Palestiniens (patients, personnel, personnes déplacées) s’entasseraient sur le site de l’hôpital Al Shifa, voire davantage selon des responsables locaux. «La situation est très grave, c’est inhumain», a prévenu Médecins sans frontières (MSF) sur X (anciennement Twitter). «J’espère et je m’attends à des actions moins intrusives à propos de l’hôpital» Al Shifa, a semblé renouer, hier, avec la réalité, le président américain, Joe Biden, dont le pays cautionne le génocide en cours dans les Territoires occupés. 

Et d’ajouter : «L’hôpital doit être protégé», plusieurs semaines après avoir donné son feu vert au gouvernement Netanyahu de perpétrer ses crimes de guerre, s’opposant, jusqu’ici, à tout cessez-le-feu humanitaire dans l’enclave palestinienne. Loin des propos du président US, un médecin, membre de MSF, a indiqué, hier, qu’ils n’«avaient ni électricité, ni nourriture, ni eau dans l’hôpital», «Des gens vont mourir dans quelques heures sans respirateurs artificiels fonctionnels», a-t-il ajouté. 

La situation est également dramatique à l’hôpital Al Qods, une autre zone où les assauts de l’armée sioniste redoublent d’intensité, selon le Croissant-Rouge palestinien. «Nos équipes sont bloquées avec des patients et des blessés, sans électricité, ni eau, ni nourriture», a dit l’organisation sur X. Le mouvement de résistance Hamas a affirmé, lundi, que tous les hôpitaux du nord de la Bande de Ghaza, où des combats de rue intenses les opposent aux soldats de l’occupant, étaient «hors service», placés blocus israélien. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 600 à 650 malades, 200 à 500 membres du personnel ainsi que 1 500 déplacés se trouvaient encore dans l’hôpital Al Shifa durant la nuit du 12 au 13 novembre. Youssef Abou Rich, présent dans l’hôpital, avait fait, lui, état d’environ 20 000 déplacés. 

Selon le Hamas, «plus de cent» personnes ont été tuées depuis 48 heures dans des bombardements israéliens, dont l’un a fait 30 morts dans l’hôpital indonésien de Jabaliya, un immense camp de réfugiés du nord de la Bande de Ghaza. A Khan Younès, dans le sud de Ghaza, 90 malades sont en danger de mort à cause du manque d’électricité dans l’hôpital Al Amal, abritant des milliers de déplacés où le seul générateur a cessé, hier, de fonctionner, selon le Croissant-Rouge palestinien. 

A l’Hôpital européen de Khan Younès, un médecin du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le docteur Tom Potokar, a décrit sur X la tâche «épuisante» des médecins confrontés à l’arrivée ininterrompue de blessés, souffrant de brûlures sur tout le corps, de blessures par éclats d’obus, d’infections. 
 

 

Propagande israélienne

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est «très inquiet de la situation horrible et des pertes humaines importantes dans plusieurs hôpitaux à Gaza», a déclaré, hier, son porte-parole. «Au nom de l'humanité, le secrétaire général appelle à un cessez-le-feu humanitaire immédiat», a ajouté Stéphane Dujarric.
 

L’occupant sioniste continue de distiller sa propagande. En effet, le porte-parole de l’armée israélienne, Daniel Hagari, a tenté, sur des chaînes de télévision occidentales, d’accréditer la thèse absurde d’un Hamas s’abritant sous des hôpitaux pour justifier ses crimes contre des civils et des enfants innocents. Hagari a affirmé que les soldats israéliens «avaient trouvé des signes» montrant la présence d’otages, dans une vidéo tournée vraisemblablement dans une cave de l’hôpital pour enfants Al Rantissi à Ghaza. Un enregistrement vidéo non-recoupé par des parties indépendantes, peu-convaincant. 

Le ministère de la Santé palestinien a dénoncé «une mauvaise mise en scène». La propagande de l’armée israélienne a atteint des sommets : le porte-parole de cette armée affirme avoir découvert, au sous-sol de l’hôpital Al Rantissi, un document qui serait la «preuve» d’une «liste de gardien» des captifs, avec les noms et les signatures des combattants du Hamas. En réalité, c’est un simple calendrier avec les dates et les jours de la semaine en arabe...», a commenté Al Qassam sur Ghaza News.
 

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