Le phénomène a pris de l'ampleur : L'Etat déclare la guerre à l'évasion fiscale

04/05/2023 mis à jour: 05:13
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Photo : D. R.

Le ministre des Finances, Laaziz Fayed,  a insisté sur la nécessité d’un meilleur travail de collecte des impôts et juge «inconcevable»  que la fiscalité ordinaire n’arrive pas encore à couvrir les salaires des fonctionnaires.

Le ministre des Finances s’est arrêté sur les performances des services des impôts et a adopté un ton critique en invitant les responsables et équipes chargés de la collecte à faire davantage d’efforts pour lutter contre l’évasion fiscale.

La fiscalité ordinaire devrait couvrir les dépenses salariales à court terme et les dépenses de fonctionnement à moyen terme, estime le premier argentier du pays, Laaziz Fayed, qui s’exprimait lors d’une visite d’inspection mardi aux services extérieurs des Directions générales des impôts et du Domaine national.

Le ministre des Finances a insisté sur la nécessité d’un meilleur travail de collecte des impôts et juge «inconcevable» que la fiscalité ordinaire n’arrive pas encore à couvrir les salaires des fonctionnaires.

«Il faut consentir de gros efforts pour remédier à cette situation à court terme et parvenir, à moyen terme, à couvrir les dépenses de fonctionnement» dit-il en invitant ainsi à renforcer les opérations de contrôle et de collecte de l’impôt et, par la même, améliorer le pouvoir d’achat des fonctionnaires.

Laaziz Fayed a tenu à souligner «la tendance haussière des dépenses enregistrée ces dernières années» avec 1200 milliards de dinars entre 2020-2024, ce qui implique «l’optimisation du recouvrement fiscal».

Le premier responsable des Finances du pays a d’ailleurs ordonné à la directrice générale des impôts de faire de cette année «celle de l’impôt sur la fortune». Laaziz Fayed insiste sur le fait que «l’évasion et la fraude fiscales sont devenues un phénomène national à combattre».

S’arrêtant au niveau de la Direction des grandes entreprises (DGE), relevant de la DGI, le ministre révèle que cette direction cumule la collecte de 80% des recettes fiscales, y compris la fiscalité pétrolière, et 60% de la fiscalité ordinaire. Il y a nécessité de mobiliser les ressources de la fiscalité ordinaire, affirme le même responsable car, dit-il, «le budget de l’Etat en a besoin».

Tout en plaidant pour l’accélération de la réalisation des projets de réforme et de modernisation des services fiscaux, M. Fayed a appelé les services des impôts à revoir «le contrôle fiscal à travers l’activation des équipes de contrôle sur le terrain». Ceci et d’ordonner : «Il ne faut pas se contenter du travail administratif si on veut lutter contre l’évasion fiscale.»

Concernant la numérisation du Domaine national, des Impôts et des Douanes, le même responsable a plaidé pour l’accélération de la cadence, surtout qu’il reste 5 mois sur le délai de six mois prévu par le programme de dématérialisation des prestations, notamment via la plateforme El Akar relevant du foncier.

«Il faut permettre aux citoyens à travers toutes les wilayas de retirer les documents fonciers dans les meilleurs délais possibles, jusqu’à l’achèvement du processus de numérisation, qui vise à améliorer la gestion du Domaine national et conférer davantage de transparence aux opérations foncières», soutient le premier argentier du pays.

Continuant sur la même lancée, Laaziz Fayed annonce qu’un travail est en cours pour élaborer une sorte de contrats de performance pour les fonctionnaires du secteur.

«Des contrats définissant des objectifs professionnels pour chaque responsable et fonctionnaire, à l’aune desquels seront évaluées leurs performances», a indiqué le ministre, en notant avoir signé une charte de déontologie visant l’amélioration des performances des fonctionnaires du secteur. Ceci en rappelant la décision de soumettre à candidature aux postes supérieurs au niveau des services du ministère en total respect de «la transparence dans les nominations».
 
 

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