Les œuvres «Cordoba» ou «Andalusia», exposées par le calligraphe contemporain, Aziz Kacimi, forcent le regard à une longue halte.
Le musée de la miniature, de l’enluminure et de la calligraphie, Mustapha Pacha, abrite, et ce, jusqu’à la fin du mois du Ramadhan une exposition collective d’œuvres d’une quinzaine d’artistes nationaux et étrangers, les uns déclinant l’art de la petite facture, les autres présentant des compositions liées à l’écriture raffinée par le pinceau ou le calame.
Deux ailes sont dédiées aux tableaux accrochés aux cimaises de l’espace muséal, invitant le visiteur à découvrir les réalisations des talentueux miniaturistes, enlumineurs et autres calligraphes locaux aux côtés de ceux venus de Mongolie, de l’Inde, d’Iran ou de Turquie.
Les œuvres «Cordoba» ou «Andalusia», exposées par le calligraphe contemporain, Aziz Kacimi, forcent le regard à une longue halte tant les formes variées qu’il fait ressortir avec aisance sur ses subjectiles révèlent une certaine plasticité dans son geste pictural, un geste qui s’efforce à s’affranchir du caractère classique du signe arabe pour épouser la dimension contemporaine.
Sa tendance vers le clair obscur, le trait en «volute» et le désordre des couleurs qui rythment son travail, se veulent une invitation à la méditation. L’œuvre du disparu, l’artiste Tayeb Laidi, est présente dans cette expo. Le calligraphe taquine le signe du Verbe divin qu’il tient à mettre en relief avec sa pointe de roseau trempée à l’encre noire. Abdelkrim Khacef, quant à lui, couche sur ses aplats une texture de laquelle jaillit une calligraphie dont le coup de pinceau furtif laisse apparaître des silhouettes longilignes.
Dans un autre espace du musée, les planches de M’hamed Safar Bati, les autodidacte Abdelkader Daoudi et Benturkia Mohamed Lamine proposent des œuvres calligraphiées qui, bien qu’elles puisent de l’ordre classique, ne montrent pas moins cette quête perpétuelle du renouveau pictural avec ce zeste de contemporanéité.
La planche du calligraphe perse, Mohamad Nabati, est déclinée sous une dimension contemporaine, alors que la miniature intitulée «The Emperor» de l’Indo-Pakistanais, Mirza Mohamed Ali Baig immortalise une scène de vie au même titre que la miniature de la Turque Aisha Uysal qui sublime la pratique artistique mystique du derviche tourneur.