Entretien des véhicules : La pièce de rechange se fait rare et chère

28/09/2023 mis à jour: 13:11
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Face aux défis de la réorganisation du marché de l’importation et de l’exportation, le parc automobile algérien se retrouve face à une situation des plus délicates, s’agissant de l’aspect entretien et changement de pièces des véhicules en circulation. Tous les processeurs de véhicules s’accordent à dire qu’entretenir sa voiture devient chose inaccessible. D’abord, de part la cherté de la pièce de rechange mais aussi sa rareté.

Cela est dû à plusieurs facteurs, selon des experts et des associations activant dans le domaine de l’automobile. En cause, la raréfaction causée par la crise sanitaire mondiale vécue durant les dernières années et ses conséquences qui se sont traduites principalement par une chute sévère de la productivité et une hausse significative des coûts de fabrication et de transport.

Cela a coïncidé, bien évidemment, avec la fermeture implicite et totale de revendeurs locaux activant dans le domaine du montage automobile et qui détiennent les parts les plus importantes du marché dans le secteur de l’importation et la distribution de pièces détachées. D’après des experts, cette hausse des pièces de rechange est estimée à plus de 30% et pourra augmenter si le marché de l’importation ne reprend pas à court terme.

Parc auto vieillissant

D’après une étude globale publiée dans une revue française spécialisée dans le domaine de l’automobile, l’évolution d’un parc automobile se fait tous les cinq ans.

Cette moyenne d’âge permet, en effet, au parc automobile de chaque pays de se «rafraîchir» et d’introduire de nouveaux véhicules sur le marché ayant pour objectif de réduire les risques d’accidents, à cause de pièces défectueuses et, à un degré moindre, d’éviter les éventuelles pannes qui peuvent survenir à tout moment.

Si l’on prend en considération cette donne, l’Algérie est loin d’avoir un parc automobile neuf, étant donné que l’importation de véhicules neufs s’est arrêtée pendant une période de cinq ans, c’est-à-dire de 2017 jusqu’à 2023. Mais tout le problème ne réside pas dans l’arrêt de l’importation de véhicules, mais dans l’importation de la pièce de rechange laquelle représente une suite logique à tout un schéma faisant le secteur automobile.

Une résultante qui ne doit pas durer (encore) dans le temps, puisque le parc automobile national a besoin d’une rénovation urgente et de pièces détachées d’origine fiables pour entretenir, réparer et assurer le bon fonctionnement de ce grand nombre de voitures anciennes dont l’état se détériore d’année en année, surtout en tenant compte de l’état de nos routes qui donne un «coup» sérieux à l’état des voitures.

Mais pour ce faire, les autorités devraient libérer le secteur soit en instaurant des mécanismes de gestion et de contrôle fiables, soit procéder, si besoin est, à la fabrication locale des pièces par voie de sous-traitance, tout en assurant l’aspect qualité/prix, la disponibilité et la distribution.

Dans ce sillage, l’association D4A (Association algérienne des distributeurs agréés automobiles) avait déjà proposé auparavant l’installation des comités spécialisés dans les différents domaines d’activité, y compris un comité de pièces de rechange, pour établir une étude technique, économique et professionnelle et présenter un projet applicable dès que possible.

Par Aziz Kharoum
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