Entre relance et léthargie

01/04/2023 mis à jour: 03:59
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Dans les collectivités locales, rien de nouveau pour l’heure. La volonté affichée de rompre avec l’ancien mode de gouvernance, même si elle trouve sa traduction au niveau central, a du mal à connaître un prolongement palpable dans les services décentralisés de l’Etat, évoluant quasiment au même rythme que les assemblées élues qui n’ont, jusqu’ici, pas battu tous les records de pragmatisme et d’efficacité.

Il y a comme un malaise à constater que les coups d’accélérateur dans l’activité locale en lien avec le développement obéissent à des agendas qui déroutent les citoyens en lieu et place de les rasséréner.

Quand elle intervient par intermittence, ou par à-coups, la gestion des affaires publiques est mal comprise par l’opinion, la vouant à la défiance ou au désarroi.

L’inquiétude est encore plus prononcée quand on considère l’évolution et les premiers pas des nouvelles structures de la société civile et de la jeunesse, dont la création avait pour objectif de matérialiser le concept généreux de la démocratie participative, une démarche qui a pour vocation d’être enclenchée à la base.

Il y a même une appréhension que ces organisations officiellement représentatives prennent les contours d’un nouvel establishment sans relief et sans apport notable à l’amélioration des conditions de vie des citoyens, un but longtemps proclamé et très moyennement réalisé.

La léthargie ambiante est parfois secouée par de simples élus, paraissant parfois en rupture de ban avec leur propre parti ou assemblée, en exprimant les doléances des simples gens qui n’ont souvent pas voix au chapitre.

«Nous remercions les organisateurs du dernier tour cycliste qui a permis de réparer les routes, et nous souhaitons un nouveau tour nocturne pour mettre en service l’éclairage sur ces mêmes voies», a lancé, la semaine dernière, une élue à l’APW de Tizi Ouzou.

Il est une constante dans la gestion des affaires locales : les routes ne sont réhabilitées qu’au passage des cortèges officiels et exceptionnellement des invités étrangers à l’occasion des manifestations sportives ou culturelles.

Les récentes instructions appelant les responsables à investir le terrain pourront s’avérer probantes si lesdites visites ne sont pas précédées du même dispositif de préparation et de colmatage des brèches et autres fausses notes qui grèvent la vie quotidienne de la population.

Une récente visite inopinée d’un wali dans un hôpital avait permis de mettre au jour la tare première du système de santé, qui consiste à mettre à l’arrêt, d’une façon voulue ou tolérée, des équipements médicaux chèrement acquis, comme les appareils de radiologie dont le taux de remboursement des examens dans les cliniques privées est simplement dérisoire.

La santé publique, un secteur névralgique à mettre à plat et à soigner en urgence. D’autres secteurs tout aussi vitaux, au premier rang desquels l’agriculture, attendent d’être examinés de visu et en profondeur.

Plutôt que de s’étriper sur la manière de distribuer les produits de consommation importés, comme les viandes, il convient de se rapprocher des agriculteurs et des éleveurs pour les impliquer dans une réelle dynamique productive intra-muros.

Il est un pays dans le monde qui continue à produire et à exporter des céréales sous le feu de la guerre. Une leçon de résistance et de survivance des peuples qui gardent les pieds sur terre, au sens premier du terme.
 

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