Décès de Hamza Feghouli : L’emblématique «Mama Mesaouda» survit dans les mémoires

29/03/2025 mis à jour: 06:12
743
Hamza Feghouli était apprécié de ses nombreux fans - Photo : D. R.

Hamza Feghouli, né le 11 septembre 1938 à Tiaret, aura été un acteur comique renommé, connu pour son interprétation du personnage de «Mama Messaouda».

Hamza Feghouli, une des grandes figures artistiques du pays, s’est éteint hier à l’âge de 86 ans à l’hôpital Frantz Fanon de Blida, où il avait été admis quelques jours auparavant  pour des soins. Natif de la ville de Tiaret, c’est néanmoins à partir d’Oran qu’il va connaître un immense  succès, grâce, notamment, au personnage de Mama Messaouda qu’il a créé avec son complice Mohamed Raouf Ikkache (alias Hdidouane, décédé en 1995), un duo mythique qui a bercé des générations d’enfants des années 1970-1980, mais qui a tout autant séduit les adultes avec un contenu éducatif  mêlant humour et respect des valeurs.

Le rapport mère-enfant incarné par les deux personnages est devenu emblématique de toute une période marquée par une relative insouciance. C’est son aisance à se mettre dans la peau des personnages qu’il incarnait qui faisait de lui un immense acteur,  mais n’ayant peut-être pas été assez exploité dans le cinéma, malgré tous les rôles qu’on lui confiera plus tard.

«Il était à un moment régisseur au TRO, mais il animait en même temps des intermèdes où il laissait exprimer sa  créativité et sa capacité à mimer des personnages au grand bonheur du public qui en redemandait», se  souvient  Tayeb Ramdane, ancien comédien du TRO qui, comme beaucoup d’autres, a  été particulièrement peiné d’apprendre la triste nouvelle.

«Il avait un vrai don pour la comédie et une manière bien à lui de raconter des histoires dans un langage que peu de gens arrivent à maîtriser», ajoute-t-il, précisant que  c’est au théâtre d’Oran qu’a été suggérée l’idée du duo avec Ikkache qu’on lui avait présenté un peu auparavant.

Le succès a été immédiat et, grâce à la télévision, unique à l’époque, c’est l’ensemble du pays qui va le découvrir et l’adopter.  Ils étaient d’abord complices sur la scène mais ils sont devenus amis dans la vie. Pour l’anecdote, selon le même interlocuteur,  c’est en enfilant le costume de son personnage qu’il est allé accompagner son ami qui venait de se marier dans des conditions un peu difficiles pour demander une audience aux autorités de l’époque, ce qui a permis à ce dernier de régler son problème de logement.

Ses qualités humaines, sa générosité et sa disponibilité  sont souvent mises en avant,  car il ne refusait rien, notamment à la famille artistique qui le sollicitait lorsque des équipes allaient jouer ou tourner à Tiaret où il a fini par s’installer. Le rôle lui a collé à la peau et c’est souvent dans le registre de la comédie qu’on a plus tard fait appel à lui.

INTENSITé DE JEU

Son interprétation en 1989 d’un fabulateur  dans le film Le Clandestin de Benamar Bakhti est mémorable, en compagnie d’autres grandes figures de la comédie algérienne. D’autres cinéastes feront appel à lui un peu plus tard, comme Mahmoud Zemmouri en 1993 pour les besoins de son film  L’honneur de la tribu, une adaptation du roman de l’écrivain Rachid Mimouni  ou pour  Beur blanc rouge sorti en 2006. Okacha Touita qui adapté le roman de Yasmina Khadra le sollicitera également  pour Morituri, une année plus tard. Entre 2012 et 2019, Hamza Feghouli a interprété plusieurs rôles dans des séries télévisées.

Il était tout aussi capable de jouer des rôles fondamentalement dramatiques et c’est ce qu’il a démontré  avec brio dans un long métrage intitulé El Mehna, pas très bien connu, tourné vers la fin de la décennie 2000 par le jeune (à l’époque) cinéastes  de Tiaret, Nouredine Zerrouki. Une intensité de jeu en adéquation avec la thématique du film relatant une histoire qui se déroule en pleine décennie noire.

Le film a fait l’objet d’une projection à la salle répertoire d’Oran de la Cinémathèque algérienne. Hadj Bensalah, alors directeur, s’en souvient car il a par la suite présenté le film à Nîmes lors d’un festival.  C’est pour dire l’étendue du talent de l’acteur et sa disponibilité à aider les jeunes générations. Mercredi, le ministre de la Culture et des Arts, Zouhir Ballalou, s’était rendu à son chevet et a rencontré sa famille.

Le président Tebboune présente ses condoléances

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présenté ses sincères condoléances et exprimé sa profonde compassion à la famille de l’artiste Hamza Feghouli, décédé, vendredi, à l’âge de 86 ans. «Avec un cœur résigné à la volonté d’Allah, le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, a appris la triste nouvelle de la disparition de l’artiste Hamza Feghouli, puisse Allah Tout-Puissant lui accorder Sa Sainte Miséricorde et l’accueillir dans Son Vaste Paradis», lit-on dans le message de condoléances.

« En cette douloureuse épreuve, Monsieur le président de la République présente ses sincères condoléances et exprime sa profonde compassion à la famille du défunt, ainsi qu’à l’ensemble de la famille artistique et culturelle, suite au décès de l’une de ses figures les plus connues, qui «a marqué de son empreinte les esprits des Algériens durant plusieurs décennies, grâce à son talent immortalisé dans des œuvres artistiques profondément gravées dans nos mémoires, apportant de la joie au public, notamment dans les moments difficiles, se distinguant ainsi de par sa place de choix parmi les artistes et l’ensemble des Algériens», a-t-il ajouté.

«Nous prions Allah Tout-Puissant, en ces derniers jours du mois sacré de Ramadhan, de lui accorder Sa Sainte Miséricorde, et de prêter à sa famille et à ses proches patience et réconfort. A Allah nous appartenons et à Lui nous retournons», a conclu le président de la République dans son message. APS

Copyright 2025 . All Rights Reserved.