A la vielle de l’ouverture du 38e sommet de l’UA à Addis-Abeba : Tebboune préside la 34e session du Mécanisme d’évaluation par les pairs

15/02/2025 mis à jour: 00:09
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Le président Abdelmadjid Tebboune

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ouvert, hier à Addis-Abeba (Ethiopie), la 34e session du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), et ce, à la veille de la tenue du 38e sommet de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne. Le président Tebboune a présidé ce sommet en sa qualité de président du Forum des chefs d’Etat et de gouvernement du MAEP. 

Plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, membres de ce mécanisme africain, ont pris part aux travaux du sommet aux côtés de responsables des différentes structures et institutions de l’UA. Ont participé à ce sommet, côté algérien, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, et la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Nadjiba Djilali, ainsi que la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargée des Affaires africaines, Salma Bakhta Mansouri. Etaient également présents le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, et l’ambassadrice d’Algérie en Ethiopie, Salma Malika Haddadi. 

Le chef de l’Etat assure, rappelons-le, la présidence de ce forum depuis février 2024. Avant qu’il préside la 34e session du Forum des chefs d’Etat et de gouvernement du MAEP, le président Tebboune a reçu nombre de dirigeants africains, a indiqué hier un communiqué de la présidence de la République. 

Le MAEP a été créé en 2003 par le Comité des chefs d’Etat et de gouvernement chargé de la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) comme instrument d’autoévaluation volontaire de la performance des Etats membres en matière de gouvernance. 

Le Mécanisme est un accord volontaire conclu entre les Etats africains pour évaluer et réviser systématiquement la gouvernance au niveau des chefs d’Etat afin de promouvoir la stabilité politique, l’intégration économique accélérée au niveau sous-régional et continental, la croissance économique et le développement durable. 

Démocratie et bonne gouvernance

En adhérant au MAEP, les Etats membres conviennent d’évaluer indépendamment la conformité à leurs engagements africains et internationaux en matière de gouvernance. La performance et les progrès sont mesurés dans quatre domaines thématiques. Il s’agit de la démocratie et la gouvernance politique,  la gouvernance et la gestion économiques, la gouvernance d’entreprise, le développement socioéconomique. Chaque évaluation aboutit, selon le site de l’UA, à un programme national d’action pour l’Etat concerné en vue de traiter les problèmes identifiés. 

Un organisme national de suivi prépare des rapports semestriels et annuels sur les progrès réalisés quant à la mise en œuvre du programme d’action national à l’intention du Forum des chefs d’Etat et de gouvernement du MAEP. Les rapports d’évaluation des pays sont mis à la disposition du public après l’évaluation par les pairs du Forum.

 Le MAEP dispose de structures à l’échelle continentale, dont le Forum africain d’évaluation par les pairs (AEP), composé de tous les chefs d’Etat et de gouvernement des pays participant au Mécanisme.

 Il constitue la plus haute instance décisionnelle du MAEP. Celui-ci comprend également le panel des éminentes personnalités composé de membres des cinq régions d’Afrique nommées par le Forum, dans le but de superviser en toute indépendance le processus d’évaluation et d’en garantir la crédibilité. Les membres du panel sont sélectionnés et nommés par le Forum pour un mandat maximal de quatre ans, à l’exception du président et du vice-président qui sont nommés pour une durée non renouvelable d’un an. 

Le Comité du point focal est l’autre structure du MAEP. Il est composé des représentants personnels des chefs d’Etat des pays participants. Le MAEP a, notons-le, conclu des accords d’assistance spéciaux de coopération avec cinq institutions basées en Afrique et désignées par le Forum comme partenaires stratégiques. Il s’agit de la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour l’Afrique, la Fondation Mo Ibrahim et la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF). 

Bien que salué comme un outil innovant pour renforcer la souveraineté africaine en matière de gouvernance, le MAEP fait face à des défis, comme la mise en œuvre de ses recommandations ou le manque de ressources. 

Pour lever cet écueil, le président Tebboune a annoncé, hier, que l’Algérie avait décidé d’apporter une contribution volontaire d’un million de dollars pour soutenir le MAEP. «Partant de l’engagement de l’Algérie à soutenir le MAEP et à lui permettre de s’acquitter de ses missions, mon pays a décidé d’apporter une contribution volontaire d’un million de dollars pour soutenir le processus d’évaluation, en exécution des conclusions qui en découlent», a-t-il déclaré dans une allocution prononcée à l’ouverture des travaux de cette session. 

Soulignant que «la réunion d’aujourd’hui constitue une étape essentielle pour promouvoir la gouvernance et poursuivre l’action afin de parvenir à des solutions durables aux défis auxquels est confronté le continent», le chef de l’Etat a réaffirmé «l’engagement de l’Algérie, en tant qu’Etat fondateur de ce mécanisme, à activer son rôle face aux défis actuels, notamment en ce qui concerne la consécration de la souveraineté du droit, la lutte contre la corruption et la promotion de la justice sociale et des droits de l’homme». 

Des défis qui, a-t-il souligné, «nous dictent de travailler dans un esprit de solidarité et de responsabilité pour surmonter les difficultés financières qui limitent la capacité du MAEP à atteindre les nobles objectifs pour lesquels il a été créé». 


Justice et paiement des réparations pour les africains

Le 38e sommet de l’Union africaine (UA), prévu aujourd’hui et demain à Addis-Abeba, se concentrera sur la promotion de la cause de la justice et le paiement des réparations aux Africains, étape concrète vers la réparation des torts historiques et la promotion de l’apaisement chez les peuples du continent et les personnes d’ascendance africaine. Placé sous le thème «La justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations», ce sommet a pour objectif de contribuer à rassembler les citoyens africains et la diaspora africaine pour construire un front commun et uni. Un front qui agira pour la cause de la justice et du paiement des réparations aux Africains pour les crimes historiques et les atrocités de masse commises contre les Africains et les personnes d’ascendance africaine, notamment la colonisation, l’apartheid et le génocide. Il s’agit ainsi d’élaborer une position africaine commune sur les réparations et l’apaisement, ainsi que pour mettre en place un programme d’action UA. 

Cette position devrait porter sur une série d’initiatives axées sur la reconnaissance historique, les réparations financières, la restitution des terres, la préservation culturelle, les réformes politiques, la responsabilité internationale et l’autonomisation des communautés. 

Les dirigeants africains devraient, dans ce contexte, mettre l’accent sur la nécessité de reconnaître et de documenter les impacts du colonialisme et de l’esclavage sur les sociétés africaines. S’agissant des réparations financières, les propositions présentées jusque-là comprennent souvent des paiements compensatoires aux nations et communautés africaines touchées par l’exploitation coloniale. 

Cela pourrait également impliquer des investissements dans les infrastructures, l’éducation et les soins de santé pour soutenir le développement économique. Dans leur quête de justice et de réparation des torts passés, les Africains devraient également s’attaquer aux problèmes de propriété foncière et de restitution, en particulier dans les pays où les terres ont été confisquées aux populations autochtones. Cela peut impliquer la restitution des terres ou l’indemnisation des communautés pour les territoires perdus. L’accent devrait être mis, par ailleurs, sur les efforts à déployer pour restaurer et promouvoir le patrimoine culturel africain, qui a été supprimé ou détruit pendant la période coloniale. 

Cela comprend le financement des institutions culturelles, des programmes éducatifs et la restitution des objets culturels. Sur le plan des réformes politiques à engager, les Africains devraient plaider en faveur de changements dans les politiques qui perpétuent les inégalités et la discrimination à travers la réalisation de réformes dans les domaines de l’éducation, de la santé et des politiques économiques qui affectent de manière disproportionnée les communautés africaines. 

Lors de discussions approfondies sur les dimensions multiformes des réparations, menées précédemment, un accent particulier a été mis sur la question de la responsabilité internationale. 

En effet, la question d’engager les organismes internationaux à demander des comptes aux anciennes puissances coloniales pour leurs actes a été évoquée afin de favoriser un sentiment de responsabilité mondiale. Cela peut se traduire par des pressions diplomatiques ou des actions en justice devant les tribunaux internationaux. M. Abdelkrim

 

Vice-présidence de la Commission de l’UE L’Algérie présente la candidature de Selma Malika Haddadi

L’Union africaine (UA) s’apprête à renouveler les instances dirigeantes de sa Commission. L’Algérie a présenté la candidature de son ambassadrice à Addis-Abeba et sa représentante permanente auprès de l’UA, Selma Malika Haddadi, pour la vice-présidence de cette institution stratégique. Agée de 47 ans, la candidate, dont la campagne a été lancée officiellement par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, le 17 décembre 2024 à partir d’Addis-Abeba, est présentée par ses pairs comme une diplomate aguerrie, qui cumule plus de deux décennies d’expérience en faveur de la paix et de l’unité du continent. Les différents postes qu’elle a occupés durant sa carrière de diplomate «l’ont forgée, ont consolidé son engagement et renforcé sa conviction dans les valeurs panafricaines, puisées dans l’histoire révolutionnaire de l’Algérie», a rapporté hier l’APS. Mme Haddadi «s’est illustrée par une gestion habile des missions diplomatiques complexes en représentant de la meilleure manière l’Algérie et l’Afrique dans des négociations et des processus d’élaboration de politiques à enjeux d’une extrême importance», a ajouté la même source. En tant que représentante permanente de l’Algérie auprès de l’UA et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), «elle a apporté une précieuse contribution à la concrétisation des objectifs de l’Organisation et au renforcement du dialogue et de la coopération avec les Etats membres de l’Union. (...) Elle a également brillé par sa contribution dans les processus de paix et de sécurité au niveau africain, mais également arabe en sa qualité de membre du Réseau des femmes médiatrices arabes. Son expérience dans ce domaine complexe met en évidence sa grande capacité à établir des liens requis entre les piliers du triptyque : paix et sécurité, développement, droits de l’homme et bonne gouvernance (…). La candidate algérienne s’est fixée pour objectif de consolider la gestion administrative et financière de la Commission de l’UA», a indiqué l’APS. M. A.
 

 

 

Élections du Conseil de paix et de sécurité de l’UA L’Algérie devance le Maroc et la Libye

L’Algérie a de grandes chances d’obtenir un siège au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) pour la région Afrique du Nord, lors des élections reportées au mois prochain, et ce, après avoir obtenu mercredi 30 voix sur les 33 requises, devançant ainsi le Maroc à tous les tours du scrutin avec un écart avoisinant le double. L’Algérie, qui se présentera de nouveau à ce poste lors des élections reportées au mois prochain, a battu le Maroc à tous les tours, avec un écart avoisinant le double, l’excluant ainsi de la course après six tours, durant lesquels le Maroc a démontré son incapacité de rivaliser avec l’Algérie, compte tenu de l’écart important dans le nombre des voix (30 voix contre 17 seulement pour le Maroc au sixième tour), reflétant ainsi l’influence de l’Algérie dans le continent africain. 
Lors de ces élections qui se sont déroulées au premier jour de la réunion du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), tenues en sept tours consécutifs, l’Algérie a battu les deux autres pays en lice, à savoir la Libye et le Maroc, pour le mandat 2025- 2027. Le nombre de votes requis (33 voix), soit les deux tiers des suffrages des Etats votants, n’ayant pas été atteint, la Commission de l’Union Africaine a été contrainte de reporter le vote au mois prochain. R. N.

 

 

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