Vente de véhicules neufs chez les concessionnaires : Entame peu enthousiaste, en attendant…

03/04/2023 mis à jour: 12:15
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Photo : D. R.

Le marché de l’automobile algérien, actuellement en phase de réorganisation, devrait attendre l’entrée de plusieurs marques avant de connaître une stabilité.

Le retour tant attendu de la commercialisation des véhicules neufs en Algérie n’a toujours pas connu les souhaits escomptés du grand public.

Bien que la première étape de la reprise de l’activité soit actée grâce à deux nouveaux décrets exécutifs inscrits au Journal officiel (le premier pour l’importation de véhicules et le second pour la fabrication automobile), les premiers constructeurs qui ont donné la primeur à la commercialisation de leurs véhicules n’ont pas été exempts de critiques auprès des futurs acheteurs.

En cause, les prix des voitures, affichés initialement et qui sont jugés inaccessibles, se voient majorés par une autre taxe imposable sur véhicules neufs (TVN). A titre indicatif, pour son entrée en Algérie, le premier concessionnaire à poser les jalons de la vente et la commercialisation de voitures en l’occurrence l’italien Fiat est le premier à encaisser le coup de sa politique tarifaire.

Fiat propose ainsi des prix qui sont compris entre 263 millions de centimes de dinars algériens pour la Fiat 500. De même, la Ducato est vendu pour 459 millions de centimes. Pour la Fiat 500X, son prix est fixé entre 379 et 406 millions de centimes. Pour la Tipo, l’autre modèle phare de la firme italienne, son tarif se situe entre 299 et 332 millions de centimes.

A la succursale de Chéraga (Alger) où la marque italienne s’est installée dans les anciens locaux de la marque Citroën (même marque du groupe Stellantis), les prix affichés sont tout autre puisque le modèle phare de la firme, en l’occurrence la Fiat 500 Dolce Vita est cédé au prix de 278 millions (TVN incluse). Même chose pour sa déclinaison tout terrain, la Fiat 500 X qui n’est pas disponible en version de base.

Pour les nombreux visiteurs qui affluent au showroom, c’est la douche froide. Plusieurs acheteurs qui ont été interrogé par la rédaction d’El Watan s’accordent à dire que la politique tarifaire appliquée n’est pas à la portée de la clientèle algérienne.

Rabah, un père de famille à la recherche d’un véhicule neuf à un prix raisonnable, a vite déchanté de sa décision d’acquisition d’un véhicule de la marque. L’écueil du prix et de la disponibilité immédiate posent problème.

Quid de la procédure d’achat ? Faire la commande du véhicule (seuls les modèles exposés), payer initialement 10% de son prix d’achat et attendre trois mois avant sa livraison et l’acquittement du reste de la somme.

A ce titre, l’Organisation algérienne de la protection des consommateurs (Apoce) présidée par Mustapha Zebdi a livré son avis sur la publication des prix des véhicules de la firme italienne. Ceux qui sont désormais disponibles sur le marché algérien.

Rappelons qu’elle commercialisera six modèles de sa marque, dont trois voitures de tourisme et trois véhicules utilitaires. Dans une publication sur sa page Facebook, le susdit collectif qualifie les prix des voitures Fiat de «surprenants» et «inattendus».

Par ailleurs, l’organisme a joint à sa publication une image. Celle-ci comprend tous les modèles et les tarifs de voitures conçues par la firme italienne et qui seront mises en vente sur le marché algérien.

La concurrence comme solution

L’Apoce a d’ailleurs réagi sur sa page Facebook en formulant une autre requête : «Nous demandons également aux secteurs concernés d’accélérer l’octroi des agréments définitifs aux concessionnaires qui remplissent les conditions pour créer une véritable concurrence, notamment pour l’entrée des voitures asiatiques.» En d’autres termes, l’Apoce propose de faire jouer la concurrence pour faire baisser les prix. Un levier qui a prouvé son efficacité dans d’autres pays.

De son côté, Hacène Menouar, président de l’Association nationale pour la protection des consommateurs El Aman, est aussi favorable à l’accélération du lancement de l’industrie automobile dans le pays, «seule solution à même de protéger l’économie nationale et d’offrir aux citoyens des voitures neuves avec un service après-vente et une disponibilité de la pièce de rechange».

Le Directeur général du développement industriel au ministère de l’Industrie, Ahmed Salem Zaid, a confirmé que la production des voitures de la marque FIAT dans l’usine d’Oran est en phase finale et démarrera dans les prochains mois, rapporte mardi dernier les ondes de la radio nationale Chaîne I.

Ahmed Zaid a révélé que le ministère de l’Industrie avait accordé trois agréments par une commission spécialisée à trois concessionnaires automobiles, qui sont FIAT, OPEL, et JAC, en attendant l’octroi d’autres homologations définitives pour d’autres marques au cours des semaines à venir.

Concernant les prix des voitures (FIAT), qui ont été récemment introduits, et que les citoyens qualifient d’élevés, le même responsable a expliqué qu’ils sont soumis à l’offre et à la demande, et que leur hausse ne se limite pas au seul marché algérien, révélant la possibilité de leur diminution après l’entrée d’autres marques automobiles.

En résumé, la firme italienne détient actuellement le monopole du prix tout en étant la seul concession (pour le moment) à proposer ses produits. Sans tenir compte des conditions actuelles qui font que le secteur est en phase de réorganisation, qu’est-ce qui empêche le consommateur algérien à patienter encore quelque temps ?

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