Un ramadhan marqué par la cherté des fruits et legumes : Budget serré et prix en hausse

27/03/2025 mis à jour: 08:58
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La flambée des prix des fruits et légumes a marqué encore une fois les esprits pendant ce ramadhan et particulièrement à l’approche de l’Aïd el fitr exerçant une pression supplémentaire sur les budgets des ménages. 

Entre traditions culinaires et tensions économiques, les familles ont tenté de préserver l'essence de cette période. Un phénomène qui a touché particulièrement les produits symboliques comme la pomme de terre, les courgettes, les dattes et d’autres légumes frais, mettant à rude épreuve le pouvoir d’achat. Face à cette situation, l’Association nationale de protection du consommateur (El-Aman), dirigée par Hacène Menouar, a exprimé dans un communiqué «sa profonde préoccupation malgré les efforts déployés par les autorités gouvernementales pour assurer la stabilité de l’approvisionnement et la réduction des prix des produits de bases». 

Dans ce contexte, plus de 500 marchés de proximité ont été ouverts dans chaque commune à travers le pays pour offrir aux consommateurs des produits de base à des prix encadrés, réduisant ainsi la pression sur les circuits traditionnels et limitant la spéculation. Tel a été l’objectif du ministère du Commerce intérieur et de la régulation des marchés. 

Il apparait selon la même source que «ces mesures restent insuffisantes face aux déséquilibres structurels du marché qui nécessitent des réformes profondes et durables». Dans ce contexte, il a appelé à une mobilisation collective mêlant régulation du marché et responsabilisation des citoyens. Chaque année, la demande explose. 

Cette augmentation s’accompagne souvent d’une spéculation abusive de certains opérateurs économiques. Les intermédiaires, profitant de l’urgence des achats, stockent les produits pour créer une rareté artificielle.

 Par exemple, le prix du kilogramme de pommes de terre a grimpé de manière disproportionnée, sans lien avec les coûts de production. Alors que son coût moyen était autour de 60 à 70 DA le kilogramme, il a grimpé, atteignant des prix jusqu'à 140 DA, voire plus. Les autorités ont intensifié les contrôles et démantelé plusieurs réseaux spéculatifs. 

Le manque de transparence dans les circuits de distribution empêche une traçabilité claire des marges bénéficiaires, laissant libre cours à des pratiques opaques.  

Si les mécanismes économiques expliquent en partie cette inflation, l’Association dirigée par Hacène Menouar insiste sur le rôle des consommateurs. «L’adoption de comportements d’achat responsables, plus rationnels et conscients, contribuera à limiter ces fluctuations et évitera les hausses de prix injustifiées», souligne-t-il. 

Concrètement, cela implique d’éviter la surconsommation achetant en quantités raisonnables et en résistant à la pression sociale d’accumuler des provisions. Il faut aussi se tourner vers les marchés de proximité, les coopératives agricoles ou les ventes directes pour réduire l’emprise des intermédiaires et opter pour des produits de saison. 

L’association est pour une régulation du marché avec rigueur. Les autorités doivent intensifier les contrôles auprès des grossistes et détaillants. L’instauration d’un système de «plafonnement des marges» lors des périodes sensibles, couplée à des sanctions dissuasives contre «les stockeurs abusifs», rétablirait une concurrence saine.  Il faut aussi sensibiliser via des campagnes médiatiques. 

Des spots télévisés et des ateliers pourraient éduquer les citoyens sur les achats responsables. Il est question aussi d’aller vers «la réduction des promotions publicitaires incitant à une consommation excessive qui faussent la demande et entraînent une hausse non naturelle des prix». La lutte contre la cherté des denrées alimentaires exige une synergie entre pouvoirs publics, professionnels et société civile. 

Pour Hacène Menouar, protéger le pouvoir d’achat des citoyens, surtout lors des fêtes, est «une question de justice sociale».  Le ramadhan et l’Aïd sont devenus paradoxalement ces dernières années une source de stress financier. Les traditions culinaires exigent des ingrédients spécifiques dont les prix s’envolent.

Cette inflation ciblée frappe surtout les ménages modestes, contraints de rogner sur d’autres dépenses essentielles (santé, éducation). Si la responsabilité citoyenne est cruciale, l’État reste un acteur incontournable. Hacène Menouar plaide pour une stratégie en deux temps : des mesures d’urgence pré-Aïd et des réformes structurelles.  Kamel Benelkadi

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