Transsaharienne, dorsale africaine en fibre optique et gazoduc Algérie-Nigeria : Ces Algérie-Nigeria qui ambitionnent de connecter l’Afrique

07/06/2023 mis à jour: 08:15
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Photo : Montage El Watan

Trois mégachantiers, et de grandes ambitions. L’Afrique, du moins la partie ouest du continent, devrait être réellement connectée à moyen terme. La volonté y est déjà. Et les moyens sont mis pour réaliser ce rêve caressé depuis de très longues années par les pays de la région, dont l’Algérie.

Longtemps handicapée par une multitude de contraintes, l’économie régionale pourrait s’ouvrir de nouveaux horizons après l’achèvement des projets structurants en cours de réalisation ou qui devraient être bientôt lancés. Il s’agit de la Transsaharienne, de la dorsale africaine en fibre optique et du gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie.

Vieux de plusieurs dizaines années, le projet de la route transsaharienne est, selon le ministre des Travaux publics, Lakhdar Rakhroukh, sur le point de voir le bout du tunnel. Intervenant, lundi dernier à Alger, à l’ouverture de la 75e session de la réunion du Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT), il assure que cette infrastructure enregistre un «taux d’avancement des travaux de 90%».

«Une fois les travaux de réalisation achevés, les pays concernés doivent se préparer à faire de cette route un corridor économique, en élargissant le cadre des consultations avec les autres secteurs concernés, à savoir les finances, le commerce, les transports, et ce, pour promouvoir les échanges et faciliter les opérations commerciales», souligne-t-il. 

Concernés par le projet, les représentants de l’Algérie, de la Tunisie, du Mali, du Niger, de Nigeria et du Tchad étaient présents lors de cette rencontre. Une rencontre à laquelle ont pris part aussi les ministres des Finances, Laaziz Faid, du Commerce, Tayeb Zitouni, et des Transports, Youcef Cherfa.

«Eventuelle contribution de l’Algérie»

Lors de la 73e session du Comité, tenue à Alger en juin 2022, il a été question, selon Lakhdar Rakhroukh, de «promouvoir les échanges commerciaux et de mobiliser les ressources pour ce projet, qui devrait désenclaver les populations de nos pays».

Les six pays concernés par ce projet, souligne-t-il, ont convenu, durant cette réunion, de faire «de cette route un corridor économique selon une vision d’intégration et de développement, par des méthodes de gestion modernes, via la valorisation et l’exploitation optimale de ce projet, notamment pour promouvoir et faciliter les échanges commerciaux». 

S’agissant des tronçons dont les travaux n’ont pas encore été entamés, notamment au Mali, le ministre évoque «l’éventuelle contribution de l’Algérie au lancement de la réalisation, en particulier pour les tronçons reliant les frontières algéro-maliennes et la région de Kidal».

Cette intégration économique projetée passe aussi par la réalisation d’autres chantiers, particulièrement la dorsale africaine en fibre optique et le gazoduc reliant l’Algérie et le Nigeria. 

La Transsaharienne, considérée comme une des priorités de l’Algérie, indique M. Rakhroukh, est liée à d’autres projets, dont la route reliant Tindouf à Zouerate (Mauritanie) sur une longueur de près de 800 km, qui se veut une pénétrante importante vers l’Afrique de l’Ouest.

Selon lui, les travaux de réalisation de cette infrastructure, dont le lancement «est prévu pour bientôt», seront pris en charge par un groupe d’entreprises algériennes après la finalisation des études techniques en septembre prochain. 

Cette route, selon les explications fournies à l’annonce de la décision d’aller vers sa réalisation, devra également constituer un moyen de connexion avec les pays voisins en Afrique du Nord, à savoir la Tunisie et la Libye.

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