Taïwan s’inquiète des manœuvres menées par Pékin : 43 avions militaires chinois détectés autour de l’île en 24 heures

02/11/2023 mis à jour: 03:56
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La tension monte à nouveau entre la Chine et Taïwan

Taïwan a dénombré 43 avions militaires et sept navires chinois autour de l’île, en l’espace de 24 heures, a annoncé hier le ministère de la Défense de ce territoire autonome, dans un communiqué relayé par l’AFP. 

Sur ce nombre, «37 avions ont franchi la ligne médiane, une démarcation non officielle entre la Chine et Taïwan que la première ne reconnaît pas, et sont entrés dans la zone d’identification de la défense aérienne (Adiz) du sud-ouest et du sud-est» de Taïwan, a précisé la même source. 

Une Adiz est une large zone définie unilatéralement par les pays et dans laquelle ils demandent que les aéronefs étrangers s’identifient pour des raisons de sécurité nationale, car considérés comme plus provocateurs. En octobre, le ministre taïwanais de la Défense a affirmé que cette année, la Chine a intensifié son «intimidation militaire» en faisant voler un plus grand nombre d’avions de guerre autour de l’île et en accélérant le déploiement de missiles balistiques. Les autorités taïwanaises font état d’incursions quasi-quotidiennes d’appareils de l’armée chinoise qui a mené, l’an passé, d’importantes manoeuvres militaires autour de l’île. 

En septembre, elle a envoyé 103 avions autour de Taïwan en l’espace de 24 heures. Ce que Taipei a qualifié de «record» sur une période récente. Le ministère taïwanais a mis en garde contre «ce harcèlement militaire continu de Pékin» susceptible de «conduire facilement à une forte escalade des tensions et menacer la sécurité régionale». En avril dernier, Pékin a mené des exercices militaires simulant un encerclement de l’île, après une rencontre entre la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, et le président de la Chambre des représentants américaine, Kevin McCarthy, en Californie. 

Au cours de ces exercices, Pékin a simulé des bombardements ciblés contre l’île autonome et un encerclement de Taïwan, dont les autorités ont détecté 12 navires de guerre chinois et 91 avions au dernier jour des opérations. Le 19 août, la Chine a organisé des manœuvres militaires autour de Taïwan, après une escale aux Etats-Unis du vice-président de l’île, William Lai. La Chine a réagi en la circonstance qualifiant W. Lai de «fauteur de troubles». 

Ce dernier a reçu l’investiture du Parti démocratique progressiste (DPP) lequel prône l’indépendance de l’île, pour briguer la présidence en janvier 2024 et succéder à la présidente Tsai Ing-wen de la même formation politique, dont le second mandat s’achèvera alors. Taïwan a déclaré, un peu plus tard, avoir détecté 42 incursions d’avions militaires chinois dans sa zone de défense aérienne, ajoutant que huit navires chinois ont également participé aux manœuvres. 
 

«Sévère mise en garde»

Parmi ces incursions, 26 avions de guerre ont franchi la ligne médiane du détroit de Taïwan, a précisé, dans un communiqué, le ministère de la Défense de l’île. Selon l’agence officielle Chine Nouvelle, ces manœuvres sont destinées à tester la capacité des navires et avions chinois «à prendre le contrôle des espaces aérien et maritime» et à combattre «dans des conditions réelles». 

Elles devaient également servir «de sévères mises en garde à la collusion des séparatistes indépendantistes de Taïwan avec des éléments étrangers et à leurs provocations», a ajouté l’agence. La semaine dernière, le ministère chinois de la Défense a accusé le Parti démocratique progressiste (PDP) au pouvoir à Taïwan d’entraîner l’île vers une «situation de guerre dangereuse», après des informations selon lesquelles Taipei envisage d’acheter des milliers de drones militaires au cours des quatre prochaines années.

 Les relations entre Pékin et Taipei se sont envenimées en 2016, avec l’arrivée à la présidence de Tsai Ing-wen. La dirigeante du parti DPP défend «l’identité nationale» de l’île et réclame un dialogue «d’égal à égal» avec la Chine. Pékin suspend toute communication et accentue sa pression diplomatique et économique sur l’île. Les Etats-Unis ont accordé leur reconnaissance diplomatique à la République populaire de Chine en 1979. Néanmoins, ils restent un allié de Taïwan ainsi que son principal fournisseur d’armes. 

Le président américain, Donald Trump, a appelé au téléphone Tsai Ing-wen, un contact direct qui constitue une première depuis des décennies. Son administration a accepté ensuite de vendre pour 1,4 milliard d’euros d’armement à Taïwan. Début octobre 2021, Taipei et Washington ont confirmé la présence de soldats américains sur l’île. Le même mois, le ministre de la Défense taïwanais, Chiu Kuo-cheng, a prévenu que l’armée chinoise aurait la «pleine capacité» d’attaquer le pays en 2025. 

En mai 2022, le président américain Joe Biden a répondu par l’affirmative à la question de savoir si les Etats-Unis défendraient militairement Taïwan. Rapidement, la Maison-Blanche a précisé que la position américaine sur Taïwan n’a pas changé et a réitéré son engagement envers la politique d’«une seule Chine». 

Le gouvernement chinois considère l’île comme une partie de son territoire qu’il compte réunifier un jour, par la force si nécessaire. En juin 1995, Pékin suspend des négociations vers une normalisation pour protester contre un voyage du président Lee Teng-hui à Washington. Le 14 mars 2005, la Chine a adopté une loi antisécession à l’encontre de Taïwan.

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