Soudan : L’armée se dit en passe de contrôler Khartoum-Nord

09/02/2025 mis à jour: 00:30
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L’armée soudanaise a annoncé hier avoir repris le contrôle d’un secteur-clé de la capitale Khartoum, mettant en difficulté ses adversaires, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), rapporte l’AFP.

Le quartier de Kafouri, situé dans à Khartoum-Nord (Bahri), était sous le contrôle des FSR depuis le début, en avril 2023, de la guerre entre ces deux forces rivales, qui a fait des dizaines de milliers de victimes, déraciné 12 millions de personnes et provoqué une crise humanitaire majeure.

L’armée et les unités alliées ont «achevé vendredi le nettoyage» de Kafouri et d’autres zones de Sharq El Nil, à 15 km à l’est, des «restes des milices terroristes Daglo», a affirmé son porte-parole, Nabil Abdullah, en référence au chef des FSR, Mohamed Hamdane Daglo. Ce secteur, l’un des plus riches de Khartoum, était un bastion des FSR, et abritait la résidence d’Abdel Rahim Daglo, frère et adjoint du chef des paramilitaires. 

Cette prise de contrôle rapproche l’armée de la reprise totale de Bahri, où vivent près d’un million d’habitants et qui constitue une pièce essentielle pour le contrôle de la capitale soudanaise.
L’armée a lancé son offensive sur Bahri ces dernières semaines, repoussant les paramilitaires vers les faubourgs. Bahri, avec Omdurman de l’autre côté du Nil et le centre-ville au sud constituent le grand Khartoum.

Sur la défensive au début de la guerre, l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah Al-Burhane, a le vent en poupe depuis plusieurs semaines dans la capitale face aux forces de son ancien allié. Amnesty International a exprimé vendredi ses inquiétudes quant à d’éventuelles représailles dans les zones récemment reprises par les troupes régulières. 

Soulignant qu’elle s’efforçait de vérifier leur authenticité, l’ONG a cité des informations faisant état «de listes d’hommes politiques, magistrats, défenseurs des droits humains, travailleurs médicaux et humanitaires, accusés d’être des partenaires des FSR». Dans le quartier de South Belt à Khartoum, les FSR ont de leur côté arrêté hier deux membres d’un réseau soudanais de secouristes bénévoles à l’hôpital Bashair, le dernier établissement partiellement en fonction de la région, a indiqué ce réseau dans un communiqué.

Jeudi, des secouristes locaux ont aussi affirmé que les FSR ont arrêté le directeur de l’hôpital, le responsable d’une soupe populaire et un bénévole.  La semaine dernière, l’agence de l’ONU des droits de l’homme a recensé au moins 18 morts civils à Bahri depuis l’avancée de l’armée fin janvier.

Des exécutions massives de civils ont aussi été signalées après la prise de contrôle par l’armée de Wad Madani, capitale de l’Etat d’Al-Jazira, au centre du Soudan, le mois dernier.   Les groupes de défense des droits humains accusent l’armée et les milices alliées d’exécutions extrajudiciaires, d’enlèvements ainsi que de tortures physiques et psychologiques, ciblant en particulier les communautés soupçonnées d’avoir des liens avec les paramilitaires.

Des rapports ont également fait état de civils pris pour cible en raison de leur appartenance ethnique dans les zones contrôlées par l’armée. Les FSR sont elles devenues tristement célèbres pour leurs violences ethniques, ce qui a conduit les Etats-Unis à les accuser formellement le 7 janvier de «génocide». 
 

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