Situation et perspectives économiques en Algérie : Les recommandations de la mission du FMI

16/12/2023 mis à jour: 03:39
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Photo : D. R.

Le chef de la mission du FMI, Chris Geirega, dit prévoir que le taux de croissance en 2023 devrait atteindre 4,2% grâce «à une croissance robuste dans les secteurs des hydrocarbures, de l’industrie, de la construction et des services».

A l’issue de sa visite en Algérie, qui s’est étalée du 3 au 14 décembre, la mission du Fonds monétaire international (FMI) a établi un certain nombre de remarques sur la situation économique du pays et les perspectives pour l’année 2024. Ainsi, ces remarques, qui vont servir de base pour l’évaluation globale de l’économie algérienne par le FMI, font état de «perspectives favorables».

Les perspectives économiques à moyen terme, poursuit le communiqué de la mission, «sont tributaires des réformes visant à diversifier l’économie, et assurer une croissance inclusive, tirée par le secteur privé, ainsi que la création d’emplois».

Une inflation demeurant élevée, combinée à la volatilité des prix des hydrocarbures ainsi que les changements climatiques constitueraient «des risques majeures», selon les conclusions de ladite mission.

Cette dernière suggère un «rééquilibrage budgétaire graduel permettant de préserver la solidité des finances publiques. Une flexibilité accrue du taux de change permettrait également à l’économie d’absorber les chocs externes. Et un resserrement de la politique monétaire aiderait à contenir l’inflation».

Le chef de la mission du FMI, Chris Geirega, dit prévoir que le taux de croissance en 2023 devrait atteindre 4,2% grâce «à une croissance robuste dans les secteurs des hydrocarbures, de l’industrie, de la construction et des services». La croissance devrait garder en 2024 le même niveau de robustesse, avec un taux d’inflation modéré.

«Le solde des transactions courantes de la balance des paiements devrait enregistrer un léger excèdent du fait de la baisse supplémentaire des prix des hydrocarbures et d’une hausse modérée des importations», note M. Geirega, en prévoyant tout de même un creusement du déficit budgétaire en 2024, qui serait induit par les dépenses salariales, des transferts budgétaires et des dépenses d’investissement public.

Cette situation déficitaire «éroderait la marge de manœuvre budgétaire, provoquant un resserrement des contraintes de financement et une hausse de la dette publique», précise la même déclaration.

En guise de solutions, la mission du FMI estime que des réformes s’imposent pour faire face à tous les risques, notamment en augmentant le niveau de l’investissement privé, en améliorant le climat général des affaires, en permettant un grand développement des marchés financiers domestiques et en cherchant de nouvelles opportunités pour les exportations hors hydrocarbures, «dans la continuité de l’action menée par les 
autorités».

Dans ses recommandations, la même mission soutient un «rééquilibrage budgétaire graduel pour limiter l’augmentation attendue des besoins de financement de la dette publique à moyen terme».

Une approche court-termiste ne serait pas indiquée en pareille situation, suggère la mission. «L’élaboration de plans de financement à moyen terme aiderait à diversifier les sources de financement (telles que les produits d’épargne à long terme) et à réduire ainsi la dépendance à l’égard du secteur bancaire domestique.» Une utilisation plus active du taux directeur par la Banque centrale aiderait à mieux contenir l’inflation.

Tout en saluant l’adoption de la nouvelle loi monétaire et bancaire visant la stimulation de l’inclusion financière, la mission estime que le renforcement de la transmission de la politique monétaire requiert une gestion proactive de la liquidité, une amélioration des outils d’analyse et de prévision (y compris une mise à jour du panier de l’indice des prix à la consommation) et un approfondissement du marché monétaire et du marché de la dette publique.

Tout en sériant les initiatives gouvernementales en faveur de l’amélioration du climat de l’investissement, de la numérisation, de l’implantation de banques algériennes à l’étranger, la mission du FMI dit encourager «les autorités à poursuivre la voie des réformes en éliminant les barrières administratives et en améliorant la flexibilité des marchés des produits et de l’emploi».


 

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