Sans tergiversations

14/02/2022 mis à jour: 02:04
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Décidément, la machine économique a vraiment du mal à redémarrer. Il ne s’agit pas ici d’énumérer toute la série de réformes économiques dont se gargarisent les différents gouvernements depuis fort longtemps et qui ont du mal apparemment à être traduites dans les faits. 

Mais de recenser simplement la rareté de certains produits de consommation distribués avec parcimonie, comme le sachet de lait, ou la cherté d’autres denrées alimentaires, à l’instar des fruits et légumes de saison qui, faut-il le souligner, ne sont guère importés.
 

Ainsi, on assiste, ahuris, à la résurgence de scènes qu’on croyait disparues à jamais. En dépit des nombreuses réunions des ministres des secteurs concernés qui tentent de trouver des solutions à ces problèmes qu’on impute le plus souvent à de multiples carences au niveau de la régulation du marché ou même de la spéculation, force est d’admettre que la difficulté persiste tant que la pénurie est encore de mise. Les Algériens sont-ils condamnés à vivre des situations aussi étranges que douloureuses, où faire la queue devant les échoppes pour acheter le sachet de lait tant recherché de 25 DA est devenu un rituel au quotidien ?

 Aussi triviales qu’elles puissent paraître de prime abord à ceux qui n’y voient pas l’intérêt qu’elles suscitent à l’échelle d’un pays qui a à charge de mettre de l’ordre dans ses affaires économiques et de s’attaquer à des réformes d’une autre nature, ces images insipides, qui révèlent l’état de pénurie de ce produit bon marché, lèvent pourtant un coin de voile sur l’état de notre économie à plus d’un titre. 

L’idée n’étant pas évidemment de gloser ici sur les performances de l’équipe gouvernementale, qui éprouve apparemment tant de mal à trouver des solutions idoines à ce qui aurait pu n’être qu’un épiphénomène, un détail. Mais il est à se demander pourquoi les réponses se font attendre. Est-ce parce que le problème est mal appréhendé dès le départ ? Les mécanismes de régulation sont-ils les seuls en cause ? Se peut-il que le traitement de ces questions soit inapproprié du fait que leur nature exige une solution non pas ponctuelle, mais des réformes hardies dont l’ambition est de permettre de s’attaquer à la racine du problème ? 

Ou la perspective des subventions ciblées qui a commencé à parasiter le marché ? Le gouvernement devrait se pencher sérieusement sur toutes ces questions dont on pense un moment que les solutions ont été trouvées avant de découvrir qu’il n’en a rien été. Des solutions «à la petite semaine» causent en effet plus de tort et une perte de temps et d’énergie. Que dire de l’inflation qui a explosé ces derniers temps ?

 Serait-ce une espèce de fatalité sur laquelle l’Exécutif ou l’autorité monétaire, c’est selon, n’a encore aucune emprise du fait qu’il a été établi que l’inflation «importée» en est responsable pour une large partie, après les produits agricoles frais. Ces questions citées plus haut en exemple ne doivent pourtant pas souffrir la moindre des négligences de la part des dirigeants si l’on veut éviter de s’enliser dans ce qui paraît être pourtant le premier degré de la difficulté économique, si l’on cherche vraiment à se propulser vers de nouveaux horizons où il serait question de réussir la gageure de métamorphiser notre système économique. 

Comme celui de sortir de la dépendance aux hydrocarbures. Et c’est bien pour cela qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ou tergiverser.

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