Réunion ministérielle du G20 à Johannesburg : L’Algérie appelle à défendre le droit international et le multilatéralisme

22/02/2025 mis à jour: 08:30
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Attaf a tenu, hier à Johannesburg, des entretiens bilatéraux avec son homologue espagnol, José Manuel Albares Bueno. (photo : dr)

Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a pris part, jeudi à Johannesburg (Afrique du Sud), aux travaux de la réunion ministérielle du G20 (Groupe des 20). Attaf a relevé que l’Algérie était profondément convaincue que le droit international, le multilatéralisme et l’organisation des Nations unies sont les acquis les plus précieux réalisés par l’humanité au cours des huit dernières décennies. 

Dans une allocution prononcée lors de la réunion ministérielle du G20, sous la présidence de l’Afrique du Sud, au cours de sa deuxième séance consacrée à l’examen de la situation géopolitique mondiale, M. Attaf a indiqué que l’Algérie «est animée par une conviction profonde que le droit international, le multilatéralisme et les Nations unies sont les acquis les plus précieux réalisés par l’humanité au cours des huit dernières décennies, car étant des symboles de la civilisation qui ont vaincu le chaos, l’anarchie et l’absence de droit». 

«Permettre les tentatives de saper cet héritage, le plus sacré et le plus important pour l’humanité toute entière, est, à notre avis, le pire pari à faire et va à l’encontre de l’intérêt général», a  ajouté le ministre. «Les périodes de grandes turbulences exigent une direction compétente, et nous sommes pleinement convaincus que l’Afrique du Sud remplit entièrement cette condition, et qu’elle contribuera de manière significative à relever les défis croissants auxquels notre monde est confronté aujourd’hui», a-t-il affirmé. 

«Propension à affaiblir le système international»

Au moment où le monde s’apprête à célébrer le 80e anniversaire de la création de l’Organisation des Nations unies, a noté M. Attaf, «nous assistons tous à des développements inquiétants engendrant l’instabilité et menaçant les fondements de l’ensemble du système international». 

Dans le monde d’aujourd’hui, «nous sommes très préoccupés par la recrudescence du phénomène du mépris du droit international, voire de sa violation, notamment lorsqu’il s’agit des rapports entre les grandes puissances et les pays vulnérables».

Le ministre des Affaires étrangères a également exprimé l’inquiétude de l’Algérie «face à la tendance croissante à imposer la force au détriment du droit et à perpétuer les situations d’injustice flagrante en Palestine, au Sahara occidental et dans nombreuses régions du monde, notamment en Afrique». «Nous sommes préoccupés également par la propension croissante à affaiblir le système international multilatéral et à marginaliser le rôle vital des organisations mondiales, en particulier l’ONU», a-t-il encore souligné. Il a, dans ce cadre, appelé le G20 à jouer «le rôle de force motrice dans la réhabilitation du droit international, à revitaliser le multilatéralisme et à permettre à l’ONU de s’acquitter de son rôle essentiel et incontournable». 

Par ailleurs, M. Attaf s’est entretenu, hier à Johannesburg, avec son homologue espagnol, José Manuel Albares Bueno, après une longue période de détérioration des relations entre les deux pays. Au cours de cette rencontre, les deux diplomates ont également évoqué les relations entre l’Algérie et l’Espagne, tout en mettant en avant la nécessité de développer ces relations à travers le renforcement de la confiance et le développement du partenariat bilatéral. 

Le chef de la diplomatique algérienne a également rencontré, avant-hier, le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, en marge de la première journée des travaux de la réunion ministérielle du G20. 

M. Attaf a eu également, mercredi denier, des entretiens bilatéraux avec le ministre des Relations extérieures de la République fédérative du Brésil, Mauro Vieira.  Hocine Lamriben 

 

 

 

«Nous soutenons les 4 priorités» de l’Afrique du Sud

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réaffirmé à Johannesburg le plein soutien de l’Algérie aux quatre priorités définies par le président de la République d’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, dans son allocution d’ouverture de la première réunion ministérielle du G20, saluant l’intérêt particulier qu’il accorde aux besoins et aspirations de l’Afrique. Dans une allocution prononcée hier, lors de la 3e séance de la réunion ministérielle du G20, tenue sous la présidence de l’Afrique du Sud, M. Attaf a indiqué que l’Algérie «soutient pleinement les quatre priorités définies par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, dans son allocution d’ouverture jeudi, et salue notamment l’intérêt particulier qu’il accorde aux besoins et aspirations du continent, ce qui témoigne une fois de plus que l’Afrique du Sud a été et demeure un défenseur sincère et fidèle des questions et des ambitions légitimes du continent». M. Attaf a également fait savoir, lors de cette séance consacrée à la présentation des objectifs du G20 en 2025 et des priorités de l’Afrique du Sud au titre de sa présidence du Groupe, que l’Algérie estimait qu’«il est grand temps de s’attaquer sérieusement aux défis et obstacles majeurs entravant la stabilité, le développement et l’intégration de l’Afrique». «Il existe trois objectifs stratégiques qui méritent (...) toute notre attention, le premier étant la réforme des institutions financières et monétaires internationales. Nous avons besoin d’institutions qui représentent sincèrement le monde d’aujourd’hui et répondent de manière rapide et efficace aux différents défis menaçant les pays en développement, notamment les pays africains». Le deuxième objectif est lié à «la nécessité impérieuse de résoudre la crise de la dette en Afrique, à l’effet de répondre aux exigences du développement dans le continent, d’autant que l’Afrique a besoin d’un fort soutien de la part du G20 pour surmonter les crises recrudescentes, dont les difficultés financières, le changement climatique, l’insécurité alimentaire et la montée des conflits», ajoute le ministre. «L’Afrique ne doit pas être à la traîne des révolutions actuelles qui façonnent l’avenir de l’humanité, tant pour la transition énergétique que pour la numérisation et l’intelligence artificielle», a-t-il soutenu. Quant au troisième et dernier objectif, «il s’agit de la nécessité impérieuse d’honorer les engagements internationaux envers l’Afrique, notamment en ce qui concerne le soutien financier, les partenariats, la construction des capacités et le transfert des technologies, en vue d’accélérer la réalisation des Objectifs du développement durable ainsi que les aspirations de l’agenda africain 2063».

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