Reprise des cours sur les campus : Miser sur le protocole sanitaire faute de vaccination

08/01/2022 mis à jour: 01:12
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Les activités pédagogiques en présentiel dans les établissements du supérieur ont repris, dimanche dernier, sous le même protocole sanitaire adopté depuis maintenant deux ans en raison de la crise sanitaire. L’entame du deuxième trimestre intervient alors que les experts alertent sur l’imminence d’une 4e vague. Le nombre de contaminations à la Covid-19 ayant passé la barre des 400 cas pour la seule journée de mardi.

L’appel réitéré au quotidien par les pouvoirs publics à davantage de vaccination n’exclut pas les campus. Il les concerne au même titre que l’ensemble des secteurs, dont particulièrement ceux de l’Education nationale et de la Santé où la défiance à la vaccination est un secret de polichinelle.

Dans son message de vœux pour le Nouvel An, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), Abdelbaki Benziane, a insisté sur le respect des mesures sanitaires de rigueur depuis l’avènement de la pandémie : «…Il est de notre devoir, en entamant le deuxième trimestre de l’année universitaire, de rester vigilants par l’observation stricte des mesures sanitaires, et par une adhésion massive à la vaccination».

Un appel tacite à l’effet de relancer la campagne vaccinale qui peine à décoller depuis son lancement en août dernier. Le relais est, depuis, pris par l’administration.

Au lendemain de la reprise des cours, plusieurs établissements ont affiché des calendriers de vaccination, particulièrement ceux relatifs à l’inoculation de la 3e dose. «La vaccination est la mesure préventive la mieux indiquée, mais au vu des résultats enregistrés lors de la précédente opération, le pari n’est pas encore gagné», est-il reconnu au sein de plusieurs staffs chargés de cette mission. Et de révéler avoir enregistré zéro passage depuis dimanche, voire depuis le mois d’octobre.

Relancer un dispositif au point mort ne sera pas chose aisée

La troisième vague meurtrière, survenue l’été dernier, a pourtant incité les citoyens à affluer relativement vers les centres de vaccination ouverts à travers tout le territoire. Une situation qui a aussi profité aux universités dont une partie des effectifs a fini par rejoindre le camp des vaccinés. Mais l’adhésion était de courte durée.

Relancer la campagne

A l’image de la population «cible», la communauté universitaire affiche une réticence face à la vaccination. Seules quelques centaines, issues du corps enseignant, du personnel administratif et des étudiants, ont franchi le pas. Leur nombre demeure toutefois négligeable.

A l’heure où les dernières statistiques livrées par le Pr Lyès Rahal, directeur des structures hospitalières au sein du ministère de la Santé, font état de la vaccination de 13 millions d’Algériens, l’institution universitaire fait faux bond.

Cette dernière qui dénombre 1 700 000 étudiants arbore un pourcentage de vaccination pour le moins insignifiant. A peine 0,4% d’entre eux a reçu au moins une dose, soit 7000 personnes, selon l’expert en toxicologie, le Pr H. Belmahi. Remédier à ce constat d’échec n’est point une sinécure.

Les mêmes appréhensions que celles du citoyen lambda sont émises sur les campus. Le procédé d’enseignement hybride est reconduit pour éviter toute promiscuité dans les amphis et les moyens de transport, à même de favoriser la propagation du virus dont le variant Omicron est déjà responsable de 16 cas confirmés. Un dispositif appuyé par un protocole sanitaire, dont la distanciation et le port du masque.

Sans réelle prise sur la courbe de la vaccination, la tutelle semble ainsi davantage miser sur les gestes barrières afin de briser la chaîne de contamination. Ultime alternative de protection qui sera renforcée, nous ont affirmé plusieurs responsables. A souligner que sur les campus, le relâchement est papable autant qu’il l’est dans la rue.

Dans les salles des Travaux dirigés (TD) ou pratiques (TP), l’obligation du port de la bavette vole souvent en éclats, de l’avis des concernés. L’absence de chiffres relatifs à l’évolution de l’épidémie de la Covid-19 en milieu universitaire vient fausser la donne et minimiser les risques chez les plus avertis parfois.

La solution pourrait trouver écho, selon les observateurs, dans la généralisation du pass sanitaire instauré, depuis le 25 décembre dernier, pour l’accès à certains lieux. 

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