Renouveler l’exploit de 1971

12/09/2022 mis à jour: 01:25
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Le monde est chamboulé par la guerre en Ukraine et ses conséquences sur les équilibres géostratégiques. Un conflit qui précipite la fin de la domination occidentale et la perte du monopole de leadership hégémonique par les Etats-Unis, et annonce un nouvel ordre mondial avec l’émergence et l’affirmation de l’axe eurasiatique, formé par la Chine et la Russie.
 

Ces chamboulements politiques provoquent une tension sur la demande en énergie : les prix du pétrole se maintiennent en haut, les prix du gaz explosent et l’euro, la monnaie unique européenne, enregistre une baisse historique par rapport au dollar américain, trois facteurs qui impactent favorablement les paramètres macroéconomiques de l’Algérie et renforcent sa position diplomatique. 
 

En effet, le conflit avec la Russie force l’Europe à se tourner vers des fournisseurs alternatifs pour combler ses besoins, et en urgence. L’Algérie compte justement parmi les partenaires pour cette Europe en péril, dont les gouvernements doivent répondre à la demande en interne et éviter l’arrêt imminent de la production industrielle et la rupture fatale d’alimentation des foyers.
 

Ce moment conjoncturel rare place l’Algérie comme acteur énergétique important face à une Europe, en détresse, pressée de s’assurer des quotas nécessaires de gaz et s’éviter les colères de l’hiver. D’ailleurs, la question du gaz était au centre du volet économique de la toute récente visite en Algérie d’Emmanuel Macron, visite couronnée par la promesse d’Alger d’augmenter ses livraisons de gaz à destination de la France à hauteur de 50%, comme rapporté par les médias de l’Hexagone. 

A l’instar du président français, le Premier ministre italien, le président du Conseil européen, et la ministre adjointe aux Affaires étrangères d’Allemagne, sont venus à Alger demander à renforcer la coopération en matière d’énergie. Bref, on se bouscule devant le palais d’El Mouradia pour s’assurer les faveurs de nouveaux contrats avec le partenaire algérien qu’on qualifie de fiable. Pedro Sanchez doit s'en mordre les doigts en regardant ce ballet diplomatique auquel il n’a pas droit.
 

Comment faire pour transformer cette opportunité conjoncturelle en position économique et diplomatique durable ? C’est là que réside le challenge historique comme celui du 24 février 1971. Pour renouveler l’exploit, il nous faut beaucoup de clairvoyance et un changement de paradigme en termes d’économie, verte surtout, car l’environnement est hautement compétitif en la matière. 
 

Il faut être aveugle pour ne pas distinguer la fenêtre d’opportunité qui s’ouvre en Occident et offre à notre pays l’occasion de faire un bond en avant et pas seulement gagner plus d’argent en revenus d’exportation des hydrocarbures. Il s’agit de géostratégie, de prospective, d’audace, mais surtout de doigté, ces grandes qualités de gouvernance capables de changer le destin d’un pays.

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