Régulation du marché : Un sérieux casse-tête

22/03/2023 mis à jour: 02:54
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Le Conseil des ministres réuni, lundi dernier, s’est attardé sur une sérieuse problématique qui empoisonne la vie des Algériens depuis plusieurs mois déjà. Il s’agit de la disponibilité des produits de large consommation sur le marché. 

Consacrée à la préparation du mois de Ramadhan, la réunion, comme souligné par le communiqué de la présidence de la République, a été marquée par l’intervention du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune pour donner des instructions à l’effet d’assurer davantage de régulation et d’organisation en matière d’approvisionnement des citoyens en produits de large consommation durant ce mois sacré, notamment dans les grandes villes afin d’éviter tout «problème de perturbation et de spéculation illicite».
 

Il a également, selon la même source, «insisté sur l’impératif d’éviter toute forme d’austérité pour ce qui est de l’approvisionnement des citoyens en produits de large consommation, tout en œuvrant progressivement à l’adoption d’un mode de consommation sain pour le citoyen algérien». L’instruction du président Abdelmadjid Tebboune intervient, fort probablement, d’un constat que le communiqué du Conseil des ministres n’a pas développé. 

Ce dernier concerne la situation du marché algérien, en proie à des perturbations récurrentes. Malgré le durcissement des lois pour réprimer le phénomène de la spéculation, les pénuries de certains produits de large consommation reviennent de manière cyclique. 


C’est le cas, depuis quelques semaines, pour l’huile de table, la semoule et le lait en sachet. Pour des raisons inexpliquées, jusqu’à présent, par le ministère du Commerce, l’indisponibilité de ces produits incommode le consommateur algérien. Le département, géré jusqu’à jeudi dernier par Kamel Rezig, s’est montré dans l’incapacité de réguler le marché et de proposer des solutions pérennes pour stabiliser le commerce de ces produits. L’échec est cuisant dans ce domaine, malgré le foisonnement des discours rassurants des responsables du secteur. 


L’échec ne concerne pas seulement la récurrence des pénuries de certains produits, mais il s’étend aussi à la question de la cherté de la vie en général. Il n’est un secret pour personne que l’inflation des prix est devenue, depuis au moins deux ans, une constante du marché algérien. Elle concerne tous les produits, ou presque. Les ménages à faibles ou même à moyens revenus peinent à remplir leurs couffins et il leur faut une véritable gymnastique pour pouvoir joindre les deux bouts.

 En effet, les prix des diverses denrées alimentaires sont hors de portée. Le constat s’applique notamment à une catégorie de légumes, verts et secs, aux fruits devenus inaccessibles, aux viandes, rouge et blanche, qui sont carrément intouchables et aux œufs dont le prix ne cesse de grimper. La majoration des prix a vite englouti, de l’avis des consommateurs eux-mêmes, les dernières augmentations des salaires et des retraites. 

Une tournée dans les épiceries et les supérettes permet également de constater aussi la hausse vertigineuse des produits de l’industrie agroalimentaire nationale, tels que le yaourt, les fromages, les biscuits et gaufrettes, le beurre et la margarine. 

Quelle solution à cette problématique ? Comment peser sur la stabilisation des prix ? Un véritable casse-tête. Dans tous les cas, le président Tebboune a mis en demeure ses ministres de trouver des solutions et vite. 
 

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