Portrait du chanteur de chaâbi Faïz Ghemati : Un jeune à la voix prenante et l’avenir prometteur

19/03/2022 mis à jour: 18:07
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Le jeune chanteur chaâbi, Faïz Ghemmati de Cherchell, a été consacré, samedi à Alger, lauréat de la 7e édition du Prix El Hachemi Guerouabi

Le public algérois a été séduit par le timbre de voix unique du jeune chanteur chaâbi Faïz Ghemati de Cherchell. Une belle prestation qui lui a permis de décrocher, dernièrement, le Grand Prix El Hachemi Guerouabi. 

En effet, du 2 au 5 mars, l’association culturelle El Hachemi Gueraoubi a organisé le concours du Grand Prix El Hachemi Guerouabi à l’auditorium du palais de la culture Moufdi Zakaria de Kouba à Alger. Trois prix ont été décernés aux lauréats. Ainsi, le Grand Prix est revenu à Faïz Ghemati de Cherchell pour son excellente interprétation de deux célèbres et incontournables titres, à savoir Khelitini mahmoum et El Khilaâ taâdjebni. 

Ce jeune homme de 23 ans au physique plaisant se distingue aussi par un regard distancié, qui se traduit dans l’émotion. De nature assez timide, notre jeune lauréat nous confie que la musique chaâbi a toujours fait partie de son quotidien. Il aimait à écouter en boucle le répertoire de certains grands maîtres de la chanson chaâbi tels que M’hamed El Anka, El Hachemi Guerouabi et Amar Zahi. Il s’identifiait souvent à ses maîtres mais il savait au fond de lui-même qu’un jour ou l’autre il sera, lui aussi, en face de son propre public. 

Cet amour de la musique le poussera à s’inscrire à l’âge de 16 ans à l’association El Manara de Cherchell où il se familiarise avec deux instruments musicaux, à savoir la kouitra et le kanoun. Il y reste deux ans avant de regagner l’association musicale andalouse Nassim Essabah où il se penche sur un troisième instrument, la mandole. En 2020, il décide rejoindre une autre association aussi prestigieuse Errachidia de Cherchell. 

(Le jeune talent de chaâbi, Faïz Ghemmati, sous la bénédiction du cheikh El Hadj El Hachemi Guerouabi)

Une association qu’il n’a jamais quittée depuis. Faïz Ghemati nous confie qu’il se plaisait à animer, de temps à autre, des cérémonies de mariage. En 2017, il a même constitué un petit groupe chaâbi occasionnel au niveau de la maison de jeunes de Sidi Ghilès dans la wilaya de Tipasa. Se sentant enfin prêt pour affronter la scène, il se présente à un premier concours de chaâbi en juillet 2021, organisé par l’association culturelle Rostomia de Tiaret, sous la direction de l’artiste chaâbi Fayçal Boukhtache. 

Trois mois plus tard, il se présente à un deuxième concours de chaâbi à Sétif sans autant décrocher encore une fois une distinction. Il indique fièrement qu’il a eu l’idée de s’inscrire au Grand Prix El Hachemi Guerouabi suite à une annonce de participation. «J’ai eu vent de ce concours via facebook. J’ai postulé et à mon grand bonheur, j’ai été accepté aux côtés de douze autres candidats. 

C’était une fierté de pouvoir participer à ce prestigieux concours portant le nom de mon idole de toujours El Hachemi Guerouabi.» Quel est son ressenti face à cette consécration de taille ? «C’est le couronnement de plusieurs années de dur labeur. En toute sincérité, je ne pensais pas décrocher le Grand Prix El Hachemi Guerouabi. J’espère avoir été à la hauteur des attentes et des espérances.

 Ce prix me motive certes, mais ne changera aucunement ma vie. Il est vrai que cela m’encouragera à composer de nouvelles qasidettes», témoigne-t-il. Notre interlocuteur précise qu’il ne fait dans l’imitation.

 Il considère que chaque artiste détient une voix personnalisée et les voix des grands maîtres seront à jamais uniques. «Je prends des choses auprès de tous les grands maîtres disparus tout en ayant mon propre style» précise-t-il. 

Faïz Ghemati excelle dans le chant et dans le jeu instrumental avec brio. Il est également auteur compositeur. Il a, d’ailleurs, composé une chanson qui ne demande qu’à être enregistrée au plus vite. Détenteur d’un master en énergies renouvelables, cet universitaire est à la recherche d’un emploi. Car comme il le dit si bien : «La musique est certes une passion mais je voudrais exercer dans ma branche universitaire. Je veux faire de l’art en plus de ma profession.» 

Pour ceux qui ont raté le passage de ce jeune prodige du chaâbi au palais de la culture Moufdi Zakaria de Kouba à Alger, ils pourront le retrouver, le 12 avril prochain, à l’Opéra Boualem Bessaïh de Ouled Fayet, à Alger. Faïz Ghemati sera à l’affiche avec un autre grand maître du chaâbi Abdelkader Chaou. 

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