Ouverture hier des réunions annuelles de la BM et du FMI : Les tensions géopolitiques et les inégalités objet de toutes les attentions

16/04/2024 mis à jour: 03:13
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Les réunions annuelles du printemps de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) ont débuté, hier, à Washington, en présence du ministre des Finances, Laaziz Faid, et du gouverneur de la Banque d’Algérie, Salah Eddine Taleb, dans un contexte particulier marqué par les tensions géopolitiques et les inégalités entre pays.

 Des inégalités que la BM a relevées dans son rapport rendu public à l’occasion de ces réunions qui marquent le 80e anniversaire des institutions issues de la conférence de Bretton Woods, tenue en juillet 1944. Ces réunions aborderont notamment la reprise économique post-pandémique, la coordination des politiques économique et monétaire, ainsi que les stratégies favorisant une croissance inclusive et durable, au moment où la pauvreté et les crises continuent à menacer de nombreux pays en développement. En effet, la BM a fait ressortir des indicateurs inquiétants concernant la pauvreté et les distorsions entre pays dans ce cadre. 


Selon la BM, plus de la moitié des 75 pays les plus pauvres ont vu leur PIB par habitant progresser moins vite que les pays riches en 2023/2024, malgré leur important potentiel en matières premières et une population active jeune et en progression. Ce qui renforce les inégalités entre pays.


Pour un tiers d’entre eux, le PIB par habitant est plus bas actuellement qu’il ne l’était avant la pandémie de la Covid-19, selon le rapport de la BM qui s’est penchée sur les pays susceptibles de bénéficier de dons ou de prêts à taux concessionnels - c’est-à-dire à des conditions très favorables - de la part de l’Association internationale de développement (IDA), branche de la BM. Dans certains pays, la situation est d’autant plus critique, avec un taux d’extrême pauvreté en moyenne huit fois supérieur à la moyenne mondiale, souligne la même source qui précise que plus de 25% de la population y vit avec moins de 2,15 dollars par jour. Parallèlement, 90% des personnes confrontées à la faim ou la malnutrition sont concentrées dans ces Etats, principalement concentrés en Afrique sub-saharienne ainsi qu’en Asie de l’Est ou du Sud.


De son côté, l’ONG Oxfam estime, dans son dernier rapport, que les inégalités de revenus ont progressé dans plus de 60% des pays actuellement sous programme d’aide du FMI et de la BM, atteignant parfois les seuils d’alerte des Nations unies. Selon la même source, 64 des 106 pays actuellement aidés par les institutions financières internationales (IFI) ont vu leur inégalité augmenter sensiblement, étant même particulièrement élevée dans une quarantaine d’entre eux, dont le Ghana, le Honduras ou le Mozambique. «Le FMI et la BM présentent la lutte contre les inégalités comme une priorité mais soutiennent, dans le même temps, des politiques qui l’augmentent. Les gens ordinaires souffrent toujours plus du fait des coupes budgétaires dans la santé, l’éducation ou les transports. 

Ce haut niveau d’hypocrisie doit cesser», a déclaré, dans un communiqué, la responsable d’Oxfam à Washington, Kate Donald, reprise par les agences. De son côté, la BM préconise un renforcement entre les institutions financières internationales et la coopération sur les grands sujets mondiaux, à l’image du réchauffement climatique qui touche particulièrement ces pays. Autre recommandation : une hausse significative du soutien financier. L’aide aux pays en développement, en particulier ceux qui sont actuellement en situation de crise de la dette ou qui risquent d’y tomber, sera d’ailleurs l’un des principaux sujets abordés à l’occasion de ces réunions qui se poursuivront jusqu’au 20 avril. 


Et ce d’autant que les dépenses publiques nécessaires pour soutenir les économies face à la pandémie puis aux chocs provoqués par l’inflation mondiale et les tensions géopolitiques ont poussé les Etats à s’endetter. Un endettement de plus en plus lourd à supporter et qui est intervenu à un moment où les taux d’intérêt remontaient, sous l’impulsion des banques centrales des principales économies, aux prises avec l’inflation alors que les négociations entre créditeurs et pays endettés patinent dans un certain nombre de cas, retardant d’autant la mise en place de plans d’aide par le FMI et la mise à disposition des fonds.


Ce sujet sera en particulier au menu de la réunion de la table ronde consacrée à la dette souveraine mondiale qui doit se tenir demain et qui réunira, comme lors des éditions précédentes, institutions financières, représentants des principaux créditeurs, tant bilatéraux que privés, ainsi que des pays endettés. L’autre dossier qui sera au menu de cette rencontre porte sur le financement pour la lutte contre le réchauffement climatique. 

Il s’agit d’apporter des financements pour aider à la transition énergétique et à la préparation face aux effets du réchauffement climatique des pays en développement ou les moins avancés. Ce sont, en effet, des milliers de milliards de dollars qui sont nécessaires en la matière.
 

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