Manque de Médecins spécialistes dans le Sud : Les nouvelle solutions du gouvernement

15/04/2023 mis à jour: 00:36
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Le ministre de la Santé lors d'une plénière à l'APN

Le gouvernement compte remédier au manque criant de médecins spécialistes dans le sud du pays, source de préoccupation des populations locales, alors que le service civil est fortement décrié par les médecins de la santé publique. 

Pour ce faire, le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a annoncé, avant-hier, une série de mesures pour rémédier à ce problème. Dans un premier temps, des contrats de six ans seront signés avec les médecins spécialistes fraîchement diplômés pour travailler dans les wilayas du Sud, a fait savoir le ministre de la Santé, lors d’une plénière à l’APN, consacrée aux questions orales. 

«Des contrats d’une durée de six ans ont été signés avec l’ensemble des médecins spécialistes, gradués en janvier 2023, (au nombre de 143), pour travailler dans le secteur public au niveau des wilayas du Sud. Les mêmes contrats seront appliqués à ceux des Hauts-Plateaux», a ajouté le ministre de tutelle pour qui ce «cette mesure concerne les médecins spécialistes dont le nombre annuel oscille entre 143 et 150». 

Le premier responsable du secteur de la santé a appelé à «la création d’une commission interministérielle chargée d’émettre un avis technique préalable sur toutes les questions liées aux salaires des personnels du secteur», et ce, «en application de l’article 21 du décret présidentiel n°07-304 du 29 septembre 2007 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires». 

Outre ces dispositions, le représentant du gouvernement a relevé que «le secteur de la Santé a ouvert plusieurs chantiers de réflexion sur les moyens d’améliorer les conditions socioprofessionnelles des travailleurs du secteur, notamment le corps médical, dans le cadre d’un programme national dans l’intérêt du patient». 

A ce titre, «des commissions de dialogue ont été activées pour résoudre les litiges et régulariser les situations en suspens liées à la vie professionnelle», a-t-il noté. Le secteur de la Santé a également participé, selon lui, aux «réunions de la commission conjointe chargée d’étudier le dossier de l’émigration des médecins, lors desquelles des propositions ont été soumises pour améliorer les conditions socioprofessionnelles des médecins». 

Parmi ces propositions, il a cité «la révision des salaires et du statut des praticiens, l’amélioration du parcours professionnel des praticiens par la création de nouveaux grades et postes supérieurs et la réduction des années d’ancienneté pour accéder aux grades et postes supérieurs». Il a aussi évoqué «la formation continue des médecins et la motivation des praticiens en matière de recherche scientifique, notamment ceux exerçant à l’étranger». 

Conçu pour remédier aux déserts médicaux dans les régions isolées du pays, le service civil continue de nourrir la grogne des praticiens de la santé publique, lesquels réclament son abrogation. Les autorités, quant à elles, reconnaissaient les limites de ce dispositif et promettaient une révision de la loi, qui contraint les jeunes médecins, à la fin des six années de spécialisation, à exercer entre un et quatre ans dans des régions reculées du pays. 

Le manque criant de médecins spécialistes dans le Sud intervient au moment où le pays est confronté depuis plusieurs années à un départ massif des médecins. Le docteur Lyes Merabet, président du Syndicat autonome des praticiens de santé publique (SNPSP), avait révélé l’année dernière que près de 1200 médecins algériens s’apprêtaient à quitter le pays pour rejoindre la France. 

Selon des spécialistes de la santé, cet exode massif peut s’expliquer en partie par le succès que rencontrent les praticiens algériens au concours d’équivalence mis en place par la France.  

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