Maintien de la production de gaz naturel à 100 mds de mètres cubes d’ici 2030 : L’Algérie conservera sa place de fournisseur incontournable de l’Europe

16/03/2024 mis à jour: 03:26
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Le groupe Sonatrach a renforcé ses capacités de production de GNL - Photo : D. R.

Deuxième plus grand marché gazier d’Afrique, l’Algérie a «été le fer de lance de la croissance de la production de gaz dans la région», indique un rapport du GECF.

Le dernier rapport annuel Global Outlook 2050, du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), atteste du maintien par l’Algérie de «son statut d’important fournisseur de gaz naturel sur le marché européen, qu’il s’agisse d’exportations via gazoduc ou à travers les exportations de GNL (gaz naturel liquéfié), et ce, jusqu’en 2050».

L’Algérie livre l’Europe du Sud à hauteur de 70% via les installations de gazoducs et à hauteur de 30% sous forme de GNL. Le volume global de gaz naturel algérien exporté en 2022 a atteint 52 milliards de mètres cubes, principalement acheminé depuis le champ de Hassi R’mel vers les terminaux de GNL situés le long de la côte et via les gazoducs pour l’exportation sous-marine.

Une majorité des exportations est destinée au continent européen, avec notamment 9,2 millions de tonnes de GNL destinées à l’Europe sur 10 Mt exportées.

Les installations de GNL totalisent une capacité de 25,3 Mtpa, réparties à l’Arzew, Bethioua et Skikda. Deuxième plus grand marché gazier d’Afrique, l’Algérie «a été le fer de lance de la croissance de la production de gaz dans la région», indique le rapport du GECF, en notant une baisse de la production africaine globale de 4 milliards de mètres cubes en 2022 pour atteindre 254 mds de m3, soit une baisse de 1,5% et représentant 6,3% de la production mondiale.

Cette baisse est due en particulier au déclin de la production en Egypte et au Nigeria. «L’Algérie a par contre augmenté ses approvisionnements en gaz en développant des gisements natures et en accélérant l’exploitation des nouvelles découvertes à court et moyen terme», précise le même rapport, en soulignant une augmentation notable de la production passant de 85 mds de m3 en 2019 à 101 mds de m3 en 2022 grâce à l’expansion de Hassi R’mel.

«On s’attend à ce que la production de gaz naturel se maintienne au niveau de 100 mds de m3 d’ici 2030», prévoit le document du GECF, ajoutant que les nouvelles découvertes à proximité du champ de Hassi R’mel pourraient renforcer la production de 3,5 mds de m3 supplémentaires.

Le même rapport cite, en outre, l’apport attendu des projets en exploitation LD2 à Hassi R’mel, Ahnet et dans la périphérie d’In Amenas, avec une perspective de 10 mds de m3 attendus. «L’augmentation des investissements des compagnies pétrolières et gazières en Algérie devrait accélérer la production de gaz», note l’étude en soulignant l’exemple de l’acquisition par ENI des projets de BP.

Augmentation des investissements

Ceci en rappelant que les champs d’In Salah et In Amenas totalisent à eux deux pas moins de 850 mds de m3 de gaz récupérables. Sans omettre de citer les nouvelles découvertes à l’actif de Sonatrach, situées dans les bassins d’Amguid Messaoud, de Berkine, d’Illizi et Oued Mya.

L’étude du GECF prévoit une légère augmentation de l’approvisionnement en provenance d’Algérie et à destination de l’Europe en raison du développement des champs de gaz dans le bassin de Berkine Sud. Ceci et de souligner que «l’Algérie possède l’une des plus importantes ressources de gaz non conventionnel».

En 2022, les exportations africaines de gaz naturel se sont élevées à 86 mds de m3, dont 63% sous forme de GNL. Les volumes transportés par gazoducs provenaient principalement de l’Algérie et de la Libye.

La position géographique de l’Algérie et sa fiabilité confortent sa place de fournisseur incontournable de l’Europe. «Le Nigeria et l’Algérie sont les principaux acteurs des marchés d’exportation de GNL et le Mozambique les rejoindra dans le cadre de la prochaine campagne d’exportation de GNL en Afrique», indique le même rapport.

Le document rappelle que les tensions géopolitiques ont entraîné une réduction notable des importations de gaz russe par gazoduc pour l’Europe et les augmentations des approvisionnements de la Norvège et de l’Azerbaïdjan n’ont pas suffit à compenser la baisse globale de l’approvisionnement en gaz.

Choisissant de diversifier ses sources d’approvisionnement, l’UE importe par gazoducs de cinq pays principaux que sont l’Algérie, l’Azerbaïdjan, la Libye, la Norvège et la Russie. En 2022, les importations du Vieux Continent ont totalisé 203 mds de m3, soit en baisse de 26% par rapport à l’année précédente. 

 

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