Lutte contre les violences faites aux femmes : Des initiatives pour une réponse proactive et ciblée

25/11/2023 mis à jour: 03:35
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Dans le cadre de la campagne nationale de lutte contre les violences faites aux femmes «Dhayen, Yakfi, Stop», portée par un collectif d’associations, plus de 300 femmes et filles ont bénéficié d’un accompagnement social, médical et de réinsertion professionnelle. 

A la veille de la Journée mondiale contre les violences à l’égard des femmes, célébrée le 25 novembre, l’association Femmes algériennes revendiquant leurs droits (FARD), initiatrice du projet «Avec Elle.s/M’3ah’a.ouna», fait le point. «Mis en œuvre dans la wilaya d’Oran de décembre 2021 à juin 2023, ce projet a visé à contribuer de manière effective à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi qu’à l’accompagnement des victimes de violences», est-il expliqué. 

Le projet s’est fixé deux objectifs principaux : l’amélioration de l’accompagnement des femmes et des filles victimes de violences en facilitant leur accès à leurs droits et en fournissant des services de soutien psychologique, ainsi qu’accompagner les femmes dans leur processus d’autonomisation par le biais de la réinsertion socioprofessionnelle. Pour ce faire, l’action s’est basée sur quatre axes principaux : social/juridique, médical, psychologique et réinsertion professionnelle.

 «Ces axes ont été conçus pour aborder de manière globale les différentes facettes des violences subies par les femmes et les filles», précise l’association. Un modus operandi qui se traduit par la mise en place de diverses activités dans la perspective de «faciliter les circuits d’accompagnement et de prise en charge médicale et sociale ; proposer des services de soutien psychologique, permettre l’accès à un dispositif d’accompagnement vers la réinsertion professionnelle et faire collaborer des intervenantes sur la facilitation des circuits de réinsertion et d’accès aux droits des femmes et des filles victimes de violences».

MULTIPLES ACCOMPAGNEMENTS

Selon les différentes infographies publiées, la palette des âges des victimes ayant rejoint le projet est assez large. De moins de 16 ans à plus de 63 ans, la tranche d’âge la plus représentée est celle des 36-45 ans avec 39%, suivie par celle des 26-35 avec 23%. Les jeunes de 16 à 25 ans sont de l’ordre de 12%. 

L’assistance fournie à ces victimes de violences est assurée par un ensemble d’acteurs et de praticiens pour un meilleur encadrement et orientation, outre la double prise en charge physique et psychologique. Les résultats globaux présentés par FARD actent un engagement de tous les partenaires de ce projet. Ainsi, il en ressort qu’en matière de prise en charge médicale, 178 femmes ont bénéficié de consultations internes et 538 orientations en actes externes. 

L’accompagnement administratif et social a concerné 105 femmes, au moment où celui juridique en a profité à 69. L’accueil psychologie a touché 263 victimes, dont 156 écoutes individuelles. 34 femmes ont bénéficié d’une réinsertion socioprofessionnelle. D’autres maillons importants sont venus renforcer les dispositifs du projet. Il s’agit des ateliers. 

A cet effet, selon toujours les résultats publiés, 28 femmes ont participé aux ateliers de partage de savoir-faire, 235 aux ateliers de sensibilisation d’accès aux droits et 111 à ceux du renforcement des capacités et d’information. L’accompagnement de santé sexuelle et de reproduction a bénéficié à 326 femmes. Pour aider les victimes de violences, une application mobile «Dhayen» a été développée dans le cadre de la campagne éponyme. Elle a pour mission «d’aider les femmes à se protéger des violences en mettant à leur disposition des outils pratiques et accessibles». Téléchargeable gratuitement sur l’App Store et le Play Store, selon le collectif d’associations, l’application en question «devient un précieux allié dans la lutte contre les violences faites aux femmes et filles où qu’elles se produisent». 

Pour l’association FARD, «le projet ‘‘Avec Elle.s / M’3ah’a.ouna’’ a constitué une réponse proactive et ciblée aux violences faites aux femmes et aux filles en Algérie. Les efforts déployés tout au long de sa mise en œuvre contribuent indéniablement à la construction d’une société plus égalitaire et résiliente».

 

 

 

Une enquête nationale sera réalisée en 2024

Une enquête nationale sur les violences faites aux femmes sera lancée l’année prochaine par l’Institut national de santé publique (INSP), en vue d’identifier les différents facteurs menant à ce comportement, a indiqué, jeudi à Alger, le directeur général de l’institut, le professeur Abderezak Bouamra. «L’INSP va initier, en 2024, une enquête nationale, la deuxième du genre après celle de 2003, en vue d’identifier les facteurs menant à ce genre de comportements et mettre en place les mesures adéquates pour lutter contre ce phénomène», a déclaré M. Bouamra à l’APS, en marge d’une journée de sensibilisation sur «Le rôle de la prévention pour la lutte contre la violence faite aux femmes». «Cela fait 20 ans que nous n’avons pas réalisé d’enquête sur ce phénomène, d’où l’importance de mener une nouvelle enquête pour le maîtriser», a-t-il ajouté, précisant que cette rencontre a été organisée à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, célébrée le 25 novembre de chaque année. Le professeur Bouamra a souligné, dans le même contexte, la nécessité d’impliquer les secteurs concernés par ce sujet, à l’instar de la Gendarmerie nationale, la Sûreté nationale et les acteurs de la société civile. De son côté, le chef de service de la médecine légale au CHU Mustapha Pacha, Rachid Belhadj, qui a relevé que les cas de violence à l’égard des femmes sont en hausse à l’échelle mondiale, a noté l’existence de nouvelles formes de violences, à l’instar de «la violence numérique» ou «la toxicomanie». Des facteurs qui, selon lui, ont engendré «une augmentation significative de la violence à l’égard des femmes et d’autres personnes vulnérables». R. N.
 

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