Les ménages rudement impactés en cette deuxième semaine de ramadhan : Les prix des produits alimentaires poursuivent leur envolée

12/04/2022 mis à jour: 02:34
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Les prix des viandes rouges et blanches ont connu des hausses bien avant le Ramadhan / Photo : B. Souhil

La valse des prix et leur fulgurante progression promettent d’éreinter une nouvelle fois les petites et moyennes bourses, déjà fortement épuisées par l’inflation enregistrée depuis des mois.

si le mois sacré est l’occasion d’une flambée généralisée des prix, force est de constater qu’il aura battu cette année tous les records.

La valse des prix et leur fulgurante progression promet d’éreinter une nouvelle fois les petites et moyennes bourses, déjà fortement épuisées par l’inflation enregistrée depuis des mois et les pénuries à répétition.

«La courbe des prix des produits essentiels durant le mois de Ramadhan n’est pas nouvelle. Mais il est vrai qu’il y a chaque année des variations.

Le fait est que la hausse des prix a commencé avant le début du mois de Ramadhan, notamment pour les viandes ainsi que pour les fruits et légumes», explique ainsi Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce).

Notre interlocuteur fait le constat suivant : «Il y a eu une nouvelle flambée au premier jour du mois de Ramadhan, suivie par une petite accalmie au troisième jour. Il y a désormais des fluctuations : les prix de certains produits continuent leur progression tandis que d’autres stagnent ou marquent une baisse.»

A ses yeux, la folie des prix est due au fait que le marché n’est pas régulé et que leur évolution est difficilement prévisible.«Il peut y avoir une baisse des prix dans les prochains jours, mais ils ne seront pas en dessous des niveaux enregistrés avant le début de Ramadhan», prédit-il, estimant que le modèle de régulation des marchés algériens sont inefficients. «Tant que le marché algérien ne sera pas rigoureusement régulé, le problème persistera.

On n’a pas mis en place de nouveaux outils, il n’y a eu aucune innovation dans la gestion des marchés. Nous avons pour notre part demandé la mise en place d’un prix de référence pour chaque produit afin de faciliter le travail des agents de contrôle, mais rien n’a été fait dans ce sens», affirme-t-il.

Le ministère du Commerce et de la Promotion de l’exportation avait pourtant annoncé au début du mois de Ramadhan la mise en place de sept mesures «strictes» afin d’affronter les spéculateurs sur les marchés.

Parmi les mesures annoncées par le département de Kamel Rezig figurent notamment «l’inondation» des marchés du Centre des récoltes de pomme de terre issues de Mostaganem, l’approvisionnement des marchés avec plus de 9600 quintaux de semoule, l’inspection quotidienne des marchés de gros le matin ainsi que l’élaboration de rapports quotidiens sur les prix dans les marchés de gros et de détail.

Des instructions ont, par ailleurs, été données aux 8000 agents de contrôle de ne pas «faire preuve de tolérance ou de laxisme avec les spéculateurs, quels qu’ils soient». Force est de reconnaître que ces efforts n’ont pas encore porté leurs fruits.

Le fait est qu’il s’agit d’un marché où il y a plusieurs intervenants et dont les marges bénéficiaires des produits de première nécessité ne sont pas plafonnées.

Le secteur est largement dominé par l’informel, qui use de pratiques peu orthodoxes qu’il est difficile aujourd’hui de modifier : utilisation du paiement cash dans les transactions commerciales, absence de facturation, recours à des prête-noms, la vente sur pied dans l’agriculture, faiblesse du contrôle sanitaire et phytosanitaire…

A y regarder de plus près, il apparaît néanmoins que la fièvre observée sur les marchés est symptomatique de l’inflation enregistrée ces dernières années en Algérie.

La hausse des prix à la consommation a eu lieu bien avant le mois de Ramadhan, le taux d’inflation bondissant de six points entre de janvier 2021 et janvier 2022 pour s’établir à 9%, d’après les données de l’Office national des statistiques (ONS).

Il s’agit là d’un niveau record de l’inflation dans le pays qui enregistrait, jusque-là, des taux oscillant entre 3 et 4%. Les augmentations ont touché notamment les viandes (rouges et blanches), les poissons frais, les œufs, les pâtes alimentaires, les conserves, les légumes frais et secs…

Et cela intervient dans un contexte mondial particulier, marqué par des pénuries et la hausse des prix des produits alimentaires à cause de la guerre en Ukraine, à l’instar des prix du blé qui sont désormais 40% plus chers.

Par ailleurs, ce mois de Ramadhan n’a pas été exempt des longues files d’attente pour l’achat de certains produits de première nécessité, notamment l’huile de table, le lait en sachet et la semoule.

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