Le projet APOMOS voit le jour

10/03/2022 mis à jour: 13:55
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Photo : D. R.

Alors que la pollution atmosphérique est considérée comme risque majeur, il n’existe cependant aucun réseau opérationnel de surveillance en continu de ce risque en Algérie. APOMOS (Air Pollution Monitoring System) vient pour changer les choses. Un projet mis en œuvre par l’équipe mixte issue de l’USTO-MB et Sonatrach DC-RD, et qui propose une alternative concrète et opérationnelle afin de combler l’absence de réseaux de mesure de la qualité de l’air en Algérie.

Le projet a pour objectif de doter Sonatrach d’un système de surveillance en continu de la pollution atmosphérique», affirme Farid Rahal, maître de conférences à l’université des sciences et technologie d’Oran et porteur du projet. «Peu coûteux, évolutif, flexible et durable dans le temps, le projet ambitionne de devenir l’un des supports de la politique HSE de Sonatrach dont la déclaration générale a été signée par le PDG de l’entreprise le 16 mars 2022», confie-il. Selon lui, il s’agit d’un analyseur simple à utiliser et à maintenir.

Les mesures des concentrations des principaux polluants de l’air seront alors enregistrées en temps réel sur une base de données globale dédiée à la qualité de l’air (AQDB : Air QualityDataBase). L’hébergement d’AQDB sur le Cloud de Sonatrach, permettrait, selon le chercheur, une scrutation en continu des données recueillies dont le traitement et l’analyse pourront générer automatiquement des alertes en cas de dépassement des normes en matière de qualité de l’air. Il s’agit notamment des seuils d’information, des seuils d’alerte ainsi que des valeurs limites.

A cet effet, il explique : «Si une mauvaise qualité d’air est détectée, des alertes seront envoyées à qui de droit. Il sera ainsi possible d’entreprendre des actions pour réduire les émissions des polluants issues des cheminées des usines ou des pots d’échappement des voitures ou d’autres sources encore.» Toutefois, le chercheur estime qu’au lieu d’attendre ces alertes, il serait plus judicieux d’établir des bulletins de prévision de la qualité de l’air qui pourraient prévoir bien à l’avance l’apparition des pics de pollution. Il s’agira alors d’anticiper en réduisant les émissions des polluants des sources préalablement identifiées afin d’éviter l’apparition des pics de pollution de l’air.

Le système APOMOS serait donc un élément essentiel sur lequel s’appuiera toute une chaîne de modélisation de la qualité de l’air, à l’instar de celle que nous avions développé pour la région d’Alger. Bien que la partie scientifique soit réussie, à savoir la conception, la réalisation et le test de plusieurs prototypes ainsi que la publication des résultats de ces travaux dans divers articles scientifiques et communiqués dans des manifestations scientifiques nationales et internationales, les prototypes conçus n’étaient pas opérationnels sur le terrain.

C’est pourquoi, il assure que l’objectif principal du projet de l’équipe mixte entre l’USTO-MB et Sonatrach DC-RD est de rendre le système APOMOS opérationnel. «Je souhaiterais également préciser que ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans le travail acharné réalisé par le Directeur Central de la DC-RD, M. Mustapha Benamara et ses collaborateurs. Tout au long de l’année 2021, ils sont allés à la rencontre des universitaires et des chercheurs en sillonnant toute l’Algérie», confie-t-il.

L’une de ces rencontres a d’ailleurs eu lieu au mois de février 2021 et avait permis de présenter le projet APOMOS. L’affinage du projet s’est fait au fur et à mesure, lors de réunions qui ont eu lieu au sein des structures de Sonatrach, que ce soit à Oran ou bien à Boumerdès. «La validation de la version finale du projet a été faite par le Conseil Scientifique et Technique (CST) de Sonatrach, constitué d’éminents spécialistes, représentants les différentes activités de l’entreprise», poursuit-il.

En cas de réussite du projet APOMOS et de la décision de Sonatrach de le déployer sur ses sites, M. Rahal assure qu’il s’agira alors de passer du prototype vers la production à grande échelle du système développé. «Afin de préparer cette phase, nous étions, il y a quelques jours, à Sidi Bel Abbès pour visiter la structure Recherche et Développement (RD) de l’entreprise ENIE dont les équipements et les compétences sont impressionnants. Il s’agira alors d’établir des collaborations algéro-algériennes pour déployer le système APOMOS, en adéquation avec la politique d’encouragement du contenu local et de l’intégration nationale prônée par Sonatrach», conclut-il.

Avantages

Pour M. Rahal, le projet APOMOS aura de nombreux avantages. Le premier est sanitaire, car il contribuera à protéger la santé des travailleurs mais aussi des citoyens qui habitent près des sites de Sonatrach. Le second concerne la protection de la faune, la flore et les écosystèmes contre une mauvaise qualité de l’air.

A cet effet, M. Rahal explique que la particularité de la pollution atmosphérique est qu’il s’agit d’un risque invisible dont les effets sur l’environnement ne sont plus à présenter. «Le système APOMOS permettra donc de lever cette invisibilité en identifiant les problèmes de pollution atmosphérique dans l’espace et dans le temps», précise-t-il.

Ajoutant que les mesures recueillies par système APOMOS permettront surtout de caler la modélisation de la qualité de l’air afin de réaliser des prévisions et des études de scénario sur la pollution atmosphérique. Il sera alors possible d’intervenir au bon moment et au bon endroit. Par ailleurs, les conséquences négatives de la pollution atmosphérique sur la santé et sur l’environnement se traduisent également par des coûts économiques importants. «Ces coûts pourront être maîtrisés grâce à ce projet», affirme M. Rahal.

Ce dernier ajoute que le système peut également aider l’entreprise à mieux gérer les impératifs de la fiscalité environnementale, que ce soit au niveau national ou bien international. Si le projet a spécialement été conçu pour Sonatrach, M. Rahal estime que la pollution atmosphérique ne reconnaît pas les barrières des sites de Sonatrach ou bien des autres industriels.

«Le système APOMOS ne fait pas la différence entre les polluants issus de l’industrie, du trafic routier ou du secteur résidentiel», affirme-t-il. C’est pour cela qu’il faudrait, selon lui, créer une collaboration environnementale dont Sonatrach serait le fer de lance grâce au projet APOMOS qu’elle met en œuvre avec l’USTO-MB.


 

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