Le constructeur sud-coréen présente son projet automobile : Hyundai à la reconquête du marché algérien

10/07/2024 mis à jour: 11:30
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Le constructeur sud-coréen Hyundai amorce son retour par la grande porte en Algérie - Photo : D. R.

Après la réalisation de son grand projet industriel en Algérie, le constructeur sud-coréen Hyundai sera disposé à produire 5 modèles de véhicules.

Le paysage automobile algérien s'apprête à accueillir un nouvel acteur majeur. Le géant de l'automobile sud-coréen Hyundai amorce son retour par la grande porte en Algérie et compte investir dans le secteur de l'industrie des véhicules légers. En effet, les responsables de la marque automobile Hyundai ont fait part, lundi à Alger, de leur disposition à mettre en place une usine en Algérie, conformément aux normes internationales de la société, selon un communiqué du ministère de l'Industrie et de la Production pharmaceutique.

«Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique du ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique pour la relance de l’activité d’industrie automobile, le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a reçu, lundi 8 juillet, une délégation composée de grands responsables de la compagnie Hyundai et de l’Entreprise commerciale omanaise OTE Group, en vue de présenter le projet de fabrication automobile de la marque Hyundai en Algérie», ajoute la même source.

Le ministre a écouté un exposé détaillé présenté par le responsable de la société Hyundai de la région Proche-Orient et Afrique du Nord (MENA), Tarek Mosaab, affirmant que le projet «entrera dans le cadre de la politique du gouvernement (algérien), visant à créer une véritable industrie automobile, avec la réalisation d’un taux d’intégration considérable».

La décision, importante s’inscrit, d’une part, dans le cadre des coopérations bilatérales entre l'Algérie et la Corée du Sud et d’autre part, elle témoigne la confiance des entreprises coréennes dans le marché algérien en croissance rapide.

L'Algérie, de son côté, salue cet engagement de la Corée du Sud et se montre ouverte à un partenariat. Autant le dire, cette nouvelle ère de coopération économique pourrait stimuler la croissance économique de l'Algérie et favoriser les échanges commerciaux bilatéraux.

Mégaprojet

Dans le détail, les responsables de la société ont exprimé leur disposition à mettre en place une usine conformément aux normes internationales de la société. La conception du projet prendra en compte dès le départ la création d’une ligne de construction de carrosseries et d’une ligne de peinture automobile.

Trois modèles de voitures  de tourisme de la marque Hyundai seront produits également, en plus de deux types de véhicules utilitaires, voire des véhicules électriques.  En soi, le projet industriel est à fort potentiel industriel, car l'ouverture du marché algérien, axé sur l'industrie de véhicules, offre un terrain propice à sa concrétisation.

Cela d’autant plus que son implantation pourrait stimuler le développement de l'infrastructure nécessaire et créer de nouvelles opportunités pour le secteur, notamment en termes d'emplois et de transfert de technologie.

L'arrivée d'une telle marque est donc importante. Elle offre de nombreuses opportunités. Hyundai arrive par ailleurs en terrain conquis. En effet, la marque compte surfer sur son aura qui a fait autrefois d’elle le leader du marché algérien de l'automobile (et cela durant plusieurs années). Elle a pu imposer, de par sa qualité, ses prestations et son prix, sa suprématie dans un marché de véhicules ultraconcurrentiel et rester au sommet de la pyramide, tout en s'emparant d'année en année d’importantes parts de marché.

C'est grâce aussi à une succes story qui a duré plusieurs années sous la coupe de l'ancien représentant algérien Omar Rebrab (de 2005 à 2017), avant de passer entre les mains de CIMA Motors de Mahieddine Tahkout (actuellement incarcéré pour des affaires de corruption automobile), jusqu'à ce que Huyndai décide de quitter le marché algérien avant même la fermeture en 2019 du marché de l'automobile. Ce retour est donc prometteur.

Terrain conquis

Ce qui ressort de la rencontre entre le ministre Ali Aoun et les responsables de Hyundai est que les deux parties font le choix de faire table rase avec le passé pour la concrétisation du nouveau projet. Il y a lieu de comprendre en filigrane que l'ancienne «usine» de Tiaret qui activait pour le compte de l'ancien représentant de la marque, Mahieddine Tahkout (2017-2019), n'est plus d'actualité.

Un choix assumé par les deux parties, étant donné que le projet  affiche de sérieuses ambitions et une plus grande envergure, à l'image des mégaprojets du constructeur, implantés dans plusieurs pays. Une démarche qui impose, in fine, le choix d'un tout autre terrain plus habilité à recevoir le projet.

C’est dans ce sillage que le ministre a souligné, durant la même entrevue, la nécessité d’accélérer l’enregistrement sur la plateforme numérique dédiée à cet effet dans les plus brefs délais afin de concrétiser ce projet.

En somme, la concrétisation de cette démarche marquera une étape clé dans la diversification des offres de véhicules dans le paysage automobile algérien. D’autant plus que les autorités militent en faveur de la mise en place d'une véritable industrie automobile en Algérie.  

 

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