La capitale la plus concernée par ce fléau

12/01/2023 mis à jour: 00:30
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L’ampleur de la consommation de drogues dures et de psychotropes chez les jeunes, dans les cités populaires d’Alger est devenue source d’inquiétude. La consommation et la vente de stupéfiants atteignent des records jamais égalés auparavant. Le phénomène gangrène tous les recoins du pays. La capitale Alger se hisse sur le podium des wilayas qui subissent de plein fouet ce fléau rampant dû à la densité démographique. Les bilans dressés par les services de police de la sûreté de la wilaya d'Alger sont des indicateurs fiables à travers lesquels il est possible de connaître les différentes formes de la criminalité les plus courantes. Ainsi, si l'on se penche sur les bilans annuels dressés par la police d'Alger durant ces trois dernières années, le constat est vite fait. Les substances de psychotropes occupent le haut du tableau, suivies par la vente et la consommation de cocaïne, vols, accidents de la route. Il ne se passe pas un jour sans que la police communique des arrestations et des saisies de cette substance. Selon les services de sécurité, il ne s'agit pas d'un trafic occasionnel des consommateurs en compensation de l'absence d'alcool, mais d'un changement de mode opératoire. Cela s'explique par la rareté du kif marocain en raison des saisies record effectuées par les détachements de l'ANP, notamment au Sud. «Face à cette situation, les réseaux se sont orientés vers les comprimés psychotropes, en raison de leur facilité d'acheminement», selon une analyse du département de toxicologie, de l'Institut national de criminologie et de criminalistique de la GN de Bouchaoui. Dans la capitale, plusieurs coups de filet ont été réalisés, pour ne citer que l'année écoulée, dans la fourmilière des dealers et fournisseurs de psychotropes. Les services de la Sûreté de wilaya d'Alger, sur le qui-vive, ont démantelé plusieurs réseaux spécialisés dans le trafic de substances psychotropes à travers nombre de communes. Selon la cellule de communication, plusieurs dealers ont été arrêtés à Baraki, Sidi Moussa, Rouiba et Bab El Oued. Les services de police et des Douanes ont intensifié la lutte contre ce narcotrafic, par l'intensification des contrôles routiers, l'installation de souricières et des descentes dans les fiefs de la délinquance.

Face à cela, des consommateurs réguliers de drogues évoquent de vastes trafics de stupéfiants générés par une forte demande sans cesse croissante qui alimente un négoce mortifère dans plusieurs cités de la capitale. «Le trafic de psychotropes tourne à plein régime», confie Rabah, consommateur et résidant à la cité 294 Logements à Birtouta. «Nous fumions de la résine de cannabis, devenue aujourd’hui difficile à se procurer. Les pilules restent l’alternative», reconnaît l’interlocuteur. Avec l’absence de résine de cannabis depuis début 2020, la demande de ces substances dangereuses a explosé. Cela a fait le lit de plusieurs individus qui se sont constitués en bandes organisées pour s’adonner à ce trafic devenu juteux, lequel est défendu mordicus contre des tentatives de son démantèlement par les services de sécurité. Le cas édifiant s’est produit il y a deux jours dans la commune des Eucalyptus, où une bande de jeunes de quartier s’en est pris aux éléments de la police lors d’une opération de démantèlement d’un réseau de narcotrafiquants. Suite à l’exécution d’un mandat de perquisition d’un domicile, le 10 janvier 2023, par les éléments de la Sûreté de daïra de Baraki, qui s’est soldée par l’arrestation de deux individus et la saisie de plus de 1000 comprimés psychotropes et une quantité de drogue, les éléments de la formation sécuritaire ont été pris au dépourvu, lorsque certains jeunes de la cité voulaient troubler le déroulement de l’opération, ce qui a amené un policier à opérer un tir de sommation ayant touché un mineur (A. I.) qui a été transporté immédiatement à l’hôpital Salim Zemirli à El Harrach, où il a succombé à ses blessures. La DGSN a indiqué que «le policier a été placé en garde à vue dans un commissariat et son arme a été soumise à l’expertise balistique» ajoutant qu’une «enquête a été ouverte sous la supervision du procureur de la République près le tribunal d’El Harrach». Faut-il noter que des opérations musclées similaires avaient été menées dans d'autres quartiers sans connaître de victimes. L'augmentation des saisies de produits psycho-actifs dénote d'une recrudescence du trafic entourant ce genre de produits et les services de sécurité l'ont bien compris. Alger est devenue une plaque tournante pour les trafiquants de psychotropes, y trouvant une source de revenus importante. Résolument, «la lutte est devenue implacable jusqu'à disséquer ce narcotrafic», nous communique un responsable de la sûreté de wilaya.

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