Installée dimanche dernier, la commission ad hoc chargée de l’élaboration d’une proposition de loi criminalisant le colonialisme français en Algérie a tenu sa toute première réunion hier.
En plus des sept députés représentant les différents groupes parlementaires qui composent cette instance, d’anciens élus auteurs de propositions faites dans ce sens pendant les précédentes législatures ont participé a cette réunion.
Il s’agit de Mohamed Arezki Ferrad, le premier, au nom du Front des forces socialistes, a avoir pris en 2001, pendant son mandat parlementaire (1997-2002), l'initiative d'un projet de loi criminalisant le colonialisme.
En 2005, le débat sur cette criminalisation a refait surface. La question a été mise en avant en réaction à la loi française du 23 février 2005 vantant les aspects positifs de la présence coloniale en Algérie, et c’est le député Abdessalem Kassel du mouvement El Islah qui rédige une proposition criminalisant le colonialisme en 2010, et 2020 l’initiative émane de Moussa Abdi et Kamel Belarbi, tous deux députés du Front de libération nationale (FLN), et la dernière proposition en date est celle du parlementaire Belkhir Zakaria du Mouvement de la société pour la paix (MSP).
Hier, ces députés se sont engagés à mettre à la disposition de la commission leur expertise et expérience. Cette commission n’aura pas de leader, elle sera chapeautée par le président de le Chambre basse du Parlement. Hier lors de sa prise de parole, Brahim Boughali a rappelé que l’apport des anciens députés est important et de ce fait ils ont été nommés membres d’honneur.
Membres d’honneur
«Dans le cadre des efforts visant à consolider la mémoire nationale et à faire face aux tentatives de falsification des faits historiques, et suite à l'installation de la commission spéciale chargée d’élaborer une proposition de loi criminalisant le colonialisme, les députés des législatures précédentes ayant initié des propositions similaires ont été conviés à prendre part a cette première réunion pour en faire bénéficier de leur expérience.
Ils ont été nommés membres d’honneur en hommage à leurs efforts et à leurs contributions», lit-on dans le communiqué sanctionnant ce conclave. Et M. Boughali de rappeler que cette initiative s'inscrit dans le sillage de «l'engagement de l'institution législative à défendre les causes historiques justes et à faire aboutir la demande de reconnaissance des crimes coloniaux subis par le peuple algérien, afin de renforcer la souveraineté nationale et de protéger les générations futures contre l'oubli».
Les participants, selon le communiqué, considèrent cette démarche comme étant un pas important vers «l'approfondissement de la prise de conscience et la promotion du processus de découverte de la vérité historique», exprimant leur prédisposition à le soutenir et à le valoriser dans le cadre de l'effort national visant à recouvrer les droits moraux et historiques du peuple algérien et à unir les efforts pour faire avancer ce projet et atteindre tous ses objectifs, et ce, dans l'intérêt national et afin de préserver la confiance des générations, qui ont lutté pour la liberté et l'indépendance. N. Amir