Arrogance de l’un, mépris des autres

11/02/2025 mis à jour: 09:33
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Tout le monde va adorer l’idée.» C’est ce qu’a déclaré, avec prétention, Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington, à propos de sa dangereuse proposition de transférer la bande de Ghaza à l’Administration américaine, après avoir exilé sa population ailleurs, vers la Jordanie, l’Egypte ou pourquoi pas le Maroc !

Et comble de manque total d’humanité, prétendre en faire une Riviera méditerranéenne, à l’instar de la Côte d’Azur française. Dangereuse et inhumaine idée, parce qu’elle ne signifie rien de moins que la poursuite du nettoyage ethnique entamé par les sionistes à partir de 1947 à l’encontre des populations arabes de Palestine.

Assurément, Donald Trump va à contre-courant de l’histoire ! Il aurait été sans aucun doute mieux inspiré de proposer plutôt que les populations palestiniennes de Ghaza et de Cisjordanie reviennent sur les terres de leurs ancêtres de Haifa, Jaffa ou Tibériade entre autres, aujourd’hui occupées par les sionistes depuis 1948.

Toujours est-il qu’il n’en fallait pas plus pour que l’establishment suprémaciste et raciste, sioniste non seulement applaudisse des deux mains la suggestion indécente et contraire au Droit international. Mais fustige également tous ceux qui ont osé critiquer ou mettre en doute l’idée de Trump concernant l’avenir et la reconstruction de Ghaza. Ainsi, des directives ont été données par la hiérarchie militaire sioniste, à l’ensemble des troupes de ne pas critiquer, ni remettre en question la proposition du président américain.

Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères de l’entité sioniste n’a rien trouvé de mieux que de suggérer à l’Espagne, l’Irlande et la Norvège, pour avoir osé critiquer les pratiques sionistes à Ghaza et en Cisjordanie, d’accueillir les populations palestiniennes exilées de force de ces territoires. Pour toute réponse, ces pays en question, par la voix de leurs représentants et porte-parole, n’ont fait que rappeler leur attachement à la solution de deux Etats, au Proche-Orient et qu’ils étaient opposés à tout transfert de la population palestinienne en dehors de Ghaza vers un ou plusieurs pays étrangers.

Cette arrogance sioniste vient d’être confortée, une fois de plus, par la décision de Donald Trump de prendre des sanctions contre les membres de la Cour pénale internationale. Laquelle Cour, faut-il le rappeler, a émis des mandats d’arrêt internationaux contre le Premier ministre, Benyamin Netanyahu, et son ex-ministre de la Défense, Yoav Gallant.

Des mandats dont plusieurs pays occidentaux, en plus des Etats-Unis non signataires de la Convention de Rome portant création de la CPI, se sont déclarés opposés à leurs exécutions, invoquant une soi-disant immunité «universelle», c’est le cas de France, de la Pologne entre autres. Comme on peut le constater, encore une fois l’Europe avance en rangs dispersés, comme elle l’a fait tout au long des quinze mois de la guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestiniens.

Avec une constance, toutefois, globalement partagée, à savoir une certaine impunité au profit de Tel-Aviv sans jamais être remise en question, ne serait-ce que partiellement. Il en a été ainsi lorsque les autorités sionistes ont décidé d’interdire les activités de l’Agence des Nations unies pour les Réfugiés (UNRWA) en Cisjordanie et à Jérusalem occupées, sans que les Européens n’aillent au-delà de formules incantatoires de regret, oubliant au passage qu’il s’agit d’une institution des Nations unies créée en 1949.

Il en est de même pour le retrait d’Israël de la Commission des droits de l’homme de l’ONU considérée par les suprémacistes racistes de Tel-Aviv, comme étant une institution gangrenée par l’antisémitisme. Une offense faite à la communauté internationale toute entière.

Pendant ce temps la plupart des pays occidentaux préfèrent regarder ailleurs. Mais d’ores et déjà, les Ghazaouis ont affirmé, à l’occasion de la cinquième opération d’échange de prisonniers entre le Hamas et Israël, que le jour d’après la guerre se fera à Ghaza et nulle part ailleurs.

 

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