Hausse du trafic des psychotropes à Constantine : La sûreté de wilaya mène campagne dans les universités

15/03/2023 mis à jour: 03:20
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université des Frères Mentouri Constantine 1

En dépit des multiples actions pour mettre un terme à la commercialisation et la consommation des stupéfiants, ce fléau s’enracine chaque jour davantage en connaissant une inquiétante hausse chez la jeune génération ces dernières années. 

Cette inévitable réalité a été mise en exergue, lors d’une campagne de sensibilisation organisée par les services de la sûreté de wilaya, hier matin, à l’université des Frères Mentouri Constantine 1. 

Le bilan des mêmes services pour les cinq dernières années est inquiétant. L’on note qu’en 2018, 562 affaires ont été traitées, avec la saisie de 44 476 comprimés et 142 flacons de stupéfiants en liquide. Plus de 800 personnes y étaient impliquées. 

Ce chiffre a connu une croissance régulière durant les années 2019, 2020 et 2021 atteignant 1055 affaires traitées en 2022 avec la saisie de 567 418 comprimés et 48 flacons de liquide. Ces affaires ont connu l’implication de 1306 individus. «Ce qu’il faut aussi noter c’est que toutes les saisies dans la wilaya de Constantine sont des productions étrangères, en particulier la Prégabaline et ne concerne pas la production locale et les laboratoires nationaux. 

Les trafiquants utilisent également Constantine comme un passage ou un pont entre une wilaya frontalière et les autres régions pour le transport des stupéfiants. Il ne faut pas oublier que le trafic se fait aussi par les patients qui possèdent des ordonnances leur permettant l’acquisition de ce genre de médicaments, mais ils les utilisent à d’autres fins», a déclaré Bilal Benkhelifa chargé de communication de la sûreté de wilaya de Constantine.

 Et de poursuivre que face à cette augmentation, la méthode de la sensibilisation a été revue par les mêmes services, se focalisant sur l’aspect pédagogique et l’implication directe de la communauté universitaire depuis février dernier. L’université qui est un espace ouvert et les étudiants, selon ses dires, sont la cible principale des trafiquants. «Nous nous ne sommes pas contentés d’informer l’étudiant sur les dangers de la consommation des psychotropes. 

C’est tellement classique. C’est pourquoi nous avons exposé en premier lieu les mesures et les lois répressives avec l’organisation des compétitions pour les étudiants, en les poussant à mener des recherches afin de pouvoir faire face à la tentation et surtout à la consommation involontaire», a-t-il précisé, en évoquant les deux affaires traitées en novembre dernier au niveau de l’université Abdelhamid Mehri Constantine 2, connaissant l’implication des étudiants dans la cité U. L’officier principal Sofiane Benni, responsable de la brigade de lutte contre la drogue, ajoute que l’implication de la gent féminine a connu également une hausse de 7% en comparaison avec les années écoulées. 

Même le trafic de la drogue a connu aussi une hausse importante. Selon les chiffres à l’échelle nationale qu’on a pu avoir, les services de la DGSN ont traité  durant les 11 derniers mois de l’année 2022 un total de 81 955 affaires de commercialisation et de consommation, avec l’implication de 92 681 personnes et 68 individus de nationalités étrangères. Ces opérations ont abouti à la saisie d’importantes quantités, dont 4,7 tonnes de cannabis, près de 22 kg de cocaïne et plus de 8 kg d’héroïne. 

Pour leur part, les étudiants interrogés sur place estiment que ce phénomène est banalisé par une grande partie des jeunes. «Discuter prix et approvisionnement en psychotropes chez les jeunes, surtout les garçons, devient régulier à l’université. Parfois on voit la transaction en direct et c’est inquiétant. Il y a une banalisation des conséquences», ont déclaré deux étudiantes rencontrées sur place.       

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