Exposition collective à la Galerie Ezzou’Art à Alger : Passion peinture, passion sculpture

23/07/2022 mis à jour: 15:03
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(L’artiste Alicia Houcine met en scène l’empreinte, la couleur, l’ombre et la lumière dans des formes personnalisées. Le regard se pose et l’esprit s’évade )

Entre peinture et sculpture, 26 œuvres, signées par trois jeunes artistes apprenants, se donnent à voir jusqu’au 4 août prochain à la galerie Ezzou’Art à Alger.

Ils sont à peine âgés d’une vingtaine d’années et ils sont déjà talentueux. Ils sont tous les trois, des potes et de surcroît des étudiants au niveau de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts d’Alger. Intitulée «Aie ! Ça pique», c’est de l’art, l’exposition en question est axée sur la thématique des pointes, des épines et des oursins. Un thème qui a été consciencieusement appliqué à la lettre par ces jeunes artistes, et ce, avec un style picturale bien personnalisé.

Si ces derniers font leur classe en deuxième année dans le même atelier de sculpture, il n’en demeure pas moins qu’ils excellent, également, dans la peinture. Preuve en est certains d’entre eux donnent un aperçu de leur talent à travers ces deux styles picturaux. Melzi Sabrine est une étudiante au niveau de l’école supérieure, avec comme spécialité céramique sculpture. Regagner les Beaux-Arts était une évidence pour elle, pour développer ses capacités artistiques. Il faut savoir que dès son jeune âge elle se plaisait à dessiner, à décorer et à façonner des objets avec de la pâte à modeler. Elle concevait même des vêtements pour sa poupée préférée. Elle expose quatre petites sculptures, deux tableaux ainsi qu’un petit carré de céramique gravé. Elle explique qu’à travers cette exposition, elle a tenté avec ses comparses de représenter des sensations humaines que certains essayent de cacher. 

Ces sentiments peuvent apparaître d’une façon agressive ou encore d’une façon joviale. Ses sujets sont envahis par une tristesse qui se devine en filigrane. Le regard hagard semble surfer vers l’inconnu. Elle use et abuse des couleurs sombres, en l’occurrence, du noir qui représente selon elle, «le fond des océans qui cache beaucoup d’émotions», explique-t-elle. 

Pour sa part, Alicia alias Alistair Hocine est une touche à tout. Cette artiste exigeante expose pour la première fois par choix. Elle a eu des opportunités, par le passé, pour exposer qui ne lui ont pas plus. Elle exhibe cinq tableaux et une sculpture en bois. Dans le tableau intitulé Fuori Luogo (D’ici et d’ailleurs), Alistair dévoile un corps amputé de sa tête. Une tête qu’on retrouve un peu plus loin sur la toile, posée sur un sol en flamme. 

L’artiste indique que ce tableau est la résultante du fait de se retrouver dans un autre endroit loin de la réalité. «Pas figurativement mais plutôt littéralement, il n’y a pas de retour. La seule échappatoire mène à d’autres lieux dans cette même dimension. Si l’on ne bouge pas, on ne fera que s’enfoncer sereinement dans les abysses», estime-t-elle. Comme l’indique son titre dans Etrange refuge, elle met en exergue ce lieu peu rassurant mais relativement moins dangereux de ce qui l’entoure. L’artiste éclaire en disant qu’ il n’y a pas d’autres chemins entre les rochers pointus et les montagnes lointaines dont l’accès est bloqué par des roches et des aiguilles tranchantes. «Il n’y a ici qu’un seul refuge, un refuge loin d’être familier». 

Derrière ce buisson est une œuvre reflétant un état d’âme caché se composant de plusieurs décharges d’émotions. Toujours selon notre interlocutrice, cette œuvre représente le peu commode qui se cache sans être tabou pour autant. Afra met en valeur l’harmonie totale du corps indigène avec la nature à travers son identité. Alicia affirme qu’Afra symbolise l’âme collective de l’authenticité amazighe. Quant à l’unique sculpture exposée «Tikerrusin», elle revêt une interprétation tribale d’une carcasse d’oursins ornée de gardiens, chacun détenant une ou plusieurs lettres du mot oursin en tamazight/ Alicia a elle, aussi, une préférence pour la couleur noire. Elle explique que cette couleur a pour but de représenter un vide ou encore l’absorption de la lumière. Aghilès Aït Bouziad, plus connu sous le pseudonyme Cherubin, est issu du village de Tifardoud, dans la wilaya de Tizi Ouzou.

 Passionné de peinture et de sculpture, Aghilès exerce son art mêlant à la fois créativité, vivacité et force. L’artiste met en scène l’empreinte, la couleur, l’ombre et la lumière dans des formes personnalisées. Le regard se pose et l’esprit s’évade. 

(L’unique sculpture exposée d’Alicia Houcine, «Tikerrusin», revêt une interprétation tribale d’une carcasse d’oursins ornée de gardiens )

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