État des lieux des oueds et autres ouvrages hydrauliques à Alger : Un constat alarmant !

05/02/2024 mis à jour: 09:33
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Porte murée - Photo : D. R.

L’état des lieux de nos oueds est maculé de taches noires. Il est loin d’être reluisant, et ce, au regard de la congestion des ouvrages hydrauliques, causée par les immondices et autres gravats jetés par l’homme outre les constructions illicites érigées sur les berges ou carrément dans les lits d’oued. Zoom.

Le constat est en tout cas plus que jamais alarmant au vu du décor hideux qu’offrent nos canaux hydrauliques, qu’ils soient naturels ou construits, selon les services de l’hydraulique qui gèrent des dizaines d’oueds à travers la wilaya d’Alger.

En nous rapprochant de Mme Sihem Zitouni, ingénieur en hydraulique qui exerce depuis plusieurs années au sein de la subdivision de l’hydraulique de circonscription administrative de Bab El Oued, qui chapeaute cinq communes, dont Raïs Hamidou, Oued Korich et Bologhine - des territoires situés en aval des oueds qui, depuis Bouzaréah, charrient les déchets solides de Dame Nature et les rejets domestiques déversés par la main de l’homme - l’on est édifié sur l’état des choses.

«Chaque année, on fait intervenir des entreprises de curage et de nettoyage pour prévenir les crues au niveau des ouvrages hydrauliques, ainsi qu’au niveau des canalisations hydrauliques et autres collecteurs et réseaux d’assainissement, mais on bute contre d’énormes difficultés qui ne sont pas de notre ressort pour les régler.

Il s’agit des constructions illégales qui obstruent la fluidité des eaux pluviales en dehors des ordures et gravats balancés en pleine nature», dira non sans un pincement au cœur Mme Zitouni. L’on se rappelle du drame du 10 novembre 2001, lorsque la furie des eaux avait emporté le long de la route de Frais-Vallon «plus de 1000 âmes, à cause des ouvrages hydrauliques qui étaient en grande partie congestionnés.

Mais on continue à installer des logis de fortune dans les abords d’oued alors que Dame Nature peut à tout moment reprendre ses droits», lâche Hakim Bouhadi, subdivisionnaire à la circonscription administrative de Bab El Oued.

En effet, le problème récurrent, que les responsables de l’hydraulique montrent du doigt, sont les gravats qu’on voit amocher nos paysages forestiers et les sillons de plaine. La question est d’autant lancinante lorsque les services hydrauliques trouvent des difficultés à accéder pour effectuer les opérations de curage et de nettoyage des oueds encombrés par des monticules de rejets de toutes sortes.

Quant à la question lancinante des constructions illicites qui ont vu le jour il y a des décennies, les pouvoirs publics sont mis devant le fait accompli. «On se trouve dès lors devant une situation qui ne nous permet pas d’y remédier de manière efficace.

On a d’énormes difficultés à débarrasser les lits d’ouvrages hydrauliques des décharges sauvages qui obstruent les issues. Tous ces rejets sont charriés le long des oueds, ce qui rend pratiquement la situation ingérable lorsque ces derniers arrivent en aval», explique un des interlocuteurs du secteur au niveau de la wilaya.

La subdivision de l’hydraulique de la circonscription administrative de Bab El Oued chapeaute, quant à elle, les grands ouvrages hydrauliques que sont oued M’kacel, les oueds de Z’ghara et Deux moulins, les oueds Sidi Kebir 1 et 2, oued Beauséjour, oued Chebbat, oued Miramar ainsi que les deux oueds Chemin du Fort et Scotto Nadal qui relèvent de la commune de Oued Korich.

«Nous éprouvons là aussi des difficultés à intervenir dans nos opérations lorsque les accès aux oueds sont bloqués par des mansardes élevées le long d’ouvrages hydrauliques», explique la technicienne, Mme Zitouni, qui s’élève, par ailleurs, contre certains promoteurs immobiliers qui n’en ont cure du respect de l’environnement lorsqu’ils réalisent des habitations, et ce, en évacuant les rejets domestiques dans la nature.

Et de poursuivre : «Dernièrement, la commission avait refusé à un promoteur la validation d’un projet, car son dossier ne tenait pas en compte les conditions que pose le département hydraulique qui fait partie des membres de la commission.»

Mais il est d’autres promoteurs qui se lancent dans la construction de logements à faire passer leur dossier, avec l’aide de certaines accointances, outre la réglementation en vigueur, malheureusement, laisse-t-elle entendre.

Rappelons que la commission en matière de délivrance d’un permis ou autorisation de construire est composée de membres issus des départements des domaines, de la Such, de l’hydraulique, de la DTP, de l’urbanisme, de la Protection civile et de la Conservation.

Peuvent y siéger à titre optionnel, apprend-on, si le besoin se fait sentir, des membres des départements santé, tourisme et environnement qui peuvent mettre des réserves sur un quelconque projet de construction.
 

 

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