Envolée des contaminations au coronavirus : «Une situation préoccupante»

13/01/2022 mis à jour: 08:24
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Photo : D. R.

A en croire les chiffres officiels, l’Algérie dépasse désormais les 610 nouveaux cas confirmés de coronavirus (Covid-19) par jour.

En dépassant la barre des 500 cas journaliers, selon les chiffres officiels, l’Algérie voit déferler la quatrième vague de contamination au coronavirus avec son lot d’inquiétudes et de circonspections. Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik, considère que la situation est «préoccupante». «En un mois, le nombre de malades se présentant dans les services hospitaliers suspectant des infections à la Covid est six fois plus important», constate-t-il.

Le service qu’il gère comptabilise 10 à 15 nouveaux cas de Covid-19 journaliers, 50 consultants par jour et une occupation des lits de l’ordre de 60%. «Cela s’est accéléré au cours des quinze derniers jours. Il faut dire que toutes les conditions sont réunies pour permettre cette envolée. Force est de constater un abandon total des gestes barrières et une réticence, voire un refus de la vaccination, et ce, en pleine période hivernale», affirme le Dr Yousfi.

A en croire les chiffres officiels, qui selon les spécialistes ne reflètent pas la réalité du terrain mais permettent à tout le moins d’avoir une idée sur l’évolution de la situation, l’Algérie dépasse désormais les 610 nouveaux cas confirmés de coronavirus (Covid-19) par jour. Le total des cas confirmés dépasse ainsi à 223 196, celui des décès 6363 cas, alors que le nombre de patients guéris est passé à 153 102.

En outre, 16 wilayas n’ont recensé aucun cas durant les dernières 24 heures, 15 autres ont enregistré de 1 à 9 cas, tandis que 17 wilayas ont enregistré 10 cas et plus. La crainte d’un raz-de-marée du variant Omicron se fait plus accrue. Le fait est que ce variant commence à se répandre dans le pays et qu’il pourrait dans les prochains jours prendre le dessus sur le Delta.

«Nous ne connaissons pas la véritable situation de la propagation du variant Omicron en Algérie. Les chiffres de l’Institut Pasteur sont biaisés par rapport à la réalité du terrain», explique notre interlocuteur. D’ores et déjà, il y a un chevauchement dans les services hospitaliers entre les malades atteints du Delta – encore majoritaires – et ceux ayant contracté l’Omicron.

«Dans la mesure où le nouveau variant est très contagieux, cela risque d’entraîner une forte pression sur les structures sanitaires. D’ores et déjà, nous comptons des cas d’infections au variant Delta dépendant d’une oxygénothérapie ainsi que des cas d’Omicron ne nécessitant pas d’aller vers une réanimation. Sachant que les malades infectés au Delta et admis en réanimation datent de deux à trois semaines, nous pourrons avoir ces cas jusqu’à la fin du mois.

De l’autre côté, les infections à l’Omicron doublent tous les deux jours», explique l’infectiologue, en soulignant que l’Omicron «n’envoie pas beaucoup de malades en réanimation». Pour l’heure, la situation dans les hôpitaux n’est pas alarmante dans la mesure où il n’y a pas de crise en matière d’oxygénothérapie, mais les spécialistes mettent en garde contre un épuisement du personnel médical.

«Nous bouclerons bientôt la deuxième année de l’apparition du coronavirus en Algérie, qui pour rappel s’est faite dans mon service. Le personnel médical est à bout et fortement exposé à la contamination.

A titre d’exemple, dans mon service, trois infirmières ont contracté le virus en 48 heures, ce qui augmente ainsi la charge de travail», soupire-t-il. Les leçons de la troisième vague qui a été particulièrement meurtrière ont-elles été retenues ? Selon le responsable du service des malades infectieuses de Boufarik, son hôpital vient de se doter d’une nouvelle centrale d’oxygène.

Afin de faire face à la vague à laquelle les autorités sanitaires disent se préparer depuis plusieurs mois, un plan a été annoncé. D’ores et déjà, les différents établissements de production d’oxygène ont été réquisitionnés pour assurer l’approvisionnement continu de l’ensemble des établissements hospitaliers en oxygène médical, en riposte à la résurgence de la pandémie Covid-19, a indiqué un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique.

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique a donné des instructions à l’ensemble des producteurs de l’oxygène en Algérie, à savoir Lindgaz, Calgaz, Aures, Petro air, SARL gaz industriel, Rayanox, Maghrebine des Gazs, Sider, Tosyali et AQS, afin «d’assurer un remplissage maximum des différentes cuves de stockage et des obus d’oxygène, réparties à travers l’ensemble du territoire national».

A cet effet, ajoute la même source, «les différents producteurs sont tenus de communiquer aux services compétents du ministère de l’Industrie pharmaceutique, dans les plus brefs délais et d’une manière hebdomadaire, leurs programmes de constitution de stock d’oxygène, ainsi que l’estimation de leur parc bouteille circulant et en stock»

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