Le salon Equip Auto, rendez-vous incontournable de l’après-vente automobile, ouvrira ses portes demain et s’étalera sur quatre jours au Palais des expositions de la Safex, à Alger, où il réunira les acteurs multinationaux et les professionnels du secteur automobile. El Watan s’est entretenu avec l’organisateur du salon, lequel nous livre ses impressions et ses opinions sur les enjeux et les perspectives de ce salon.
Entretien réalisé par Aziz Kharoum
Le salon Equip Auto Algeria, le plus important du continent, s’apprête à vivre une nouvelle édition dès demain. Fêter ses 19 ans d’existence et faire tout ce parcours, c’est comment ?
En effet, 19 ans déjà ! Effectivement, le salon s’est imposé à l’échelle continentale avec une notoriété internationale. C’est beaucoup de travail intense.
Le parcours est extraordinaire. J’ai encore les souvenirs du tout début et comme c’est un salon qui revient chaque année, nous ne voyons pas le temps passé. Le salon s’impose aujourd’hui comme le rendez-vous annuel en Algérie et au niveau régional de l’après-vente automobile, où nous avons des visiteurs qui viennent chaque année constater l’évolution du marché. C’est notre fierté à nous.
Quels sont les objectifs et la spécificité de cette édition par rapport aux précédents rendez-vous ?
La particularité du salon cette année est le fait qu’il y aura 50% des exposants algériens qui sont des fabricants directs. Cela prouve essentiellement que toute la politique de promouvoir et d’imposer la fabrication algérienne et de faciliter l’investissement dans le domaine de l’équipement automobile a fonctionné. Pour preuve, nous constatons cette année que sur les 60% exposants locaux, environs 30% sont des fabricants de pièces, lubrifiants, pneumatique, produits d’entretien, vases d’expansion, plaquettes de frein…
Ce salon connaîtra la participation d’environ 350 exposants venant de différents pays. Quelle est la démarche que vous entreprenez chaque année pour arriver à réunir ces opérateurs venant de pays asiatiques, du Moyen-Orient et d’Europe ? Comment répondent-ils favorablement ?
Vous savez, le salon a su s’imposer au fil des années. Cela permet d’avoir une visibilité internationale et, du coup, d’attirer des exposants potentiels et des prospecteurs. En parallèle, nous avons développé aussi notre réseau qui couvre les cinq continents. C’est là où réside notre force : pouvoir mobiliser autant d’exposants de différentes nationalités. En parallèle, le marché important de l’après-vente automobile et l’industrie qui se développe rendent la destination algérienne de plus en plus intéressante.
Quelles sont les nationalités qui prédomineront le plus dans ce salon ?
Il y a en première position la Chine. Cela s’explique par la prédominance des marques automobiles chinoises qui ont obtenu récemment des agréments d’activité dans l’industrie automobile du pays.
Donc, cela augure déjà de la mutation du marché et du parc automobiles nationaux qui évoluera dans ce sens pour les années à venir. En deuxième position, il y a les Algériens grâce aux nouveaux fabricants qui émergent. La troisième position revient aux Turcs qui possèdent nombre de fabricants qui veulent toucher le potentiel de notre marché avec des prix ultra-concurrentiels.
Le salon Equip Auto tient chaque année sa promesse de réunir les grands acteurs de l’industrie de la pièce automobile nationale et internationale. Y a-t-il un secret ?
Effectivement, nous arrivons à réunir ces fabricants multinationaux, car c’est le seul événement de cette envergure et le seul événement automobile depuis quelques années. Equip Auto a un rayonnement international. Ce salon, c’est la porte vers les marchés, et ce marché-là est devenu très intéressant et très porteur. Donc, l’écho est très favorable de la part des industriels multinationaux et locaux.
La dynamique dans la filière automobile et de l’après-vente de la pièce de rechange enregistre ces dernières années un déclin. Comment avez-vous tenu le cap ?
Quand il y a moins de véhicules neufs sur le marché, le parc vieillit. Ce qui implique plus de réparations et d’interventions sur les véhicules en circulation. Nous avons un besoin vital dans ce domaine et nous aurons en conséquence une demande en hausse. L’industrie automobile est dans un stade embryonnaire, contrairement à la filière de la pièce de rechange qui ne fait que se porter mieux. C’est ce qui fait que le salon se maintient au fil des années.
La filière automobile se redresse depuis presque une année et demie avec l’entrée en scène d’un constructeur automobile ainsi que d’autres qui devront le faire dans les mois à venir. Vous sentez-vous, à travers ce salon, plus concerné par cette nouvelle tendance étant donné qu’il s’agit de la quête de fournisseurs pour les besoins de l’activité ?
Le secteur est en pleine mutation. Fiat s’est installée en attendant d’autres fabricants qui viendront lui emboîter le pas. Cela se ressent sur le salon Equip Auto. Preuve en est, nous avons enregistré la présence de beaucoup de professionnels l’an dernier.
Cela démontre l’intérêt que suscite ce secteur. Je pense que les cinq prochaines années seront plus prometteuses pour tous les acteurs du marché. Ce terreau de sous-traitants présents au salon devra être certainement un appui aux constructeurs automobiles du pays pour faire leur sourcillement local.
Travaillez-vous avec les autorités du secteur pour la proposition de nouveaux fournisseurs qui doivent intégrer l’écosystème de la sous-traitance dans l’industrie automobile ?
Le travail se fait de manière indirecte. Le salon draine beaucoup de visiteurs. Parmi ces visiteurs, nous avons des cadres des ministères qui viennent découvrir les nouveaux producteurs de la pièce de rechange. Nous avons également beaucoup d’administrations publiques qui répondent toujours à l’appel du salon. Au final, la cartographie de production de la pièce de rechange en Algérie est faite sur le salon.
Cette édition verra la participation, pour la première fois depuis 2006, d’une trentaine d’exposants nationaux.
Ce chiffre en hausse signifie-t-il qu’il y a un intérêt croissant de la part des participants algériens pour intégrer l’activité de l’industrie automobile qui commence à se mettre sur les rails ?
Effectivement. Beaucoup d’exposants ont passé le cap de la distribution vers la fabrication. Ils ont eu le mérite d’investir, car ils connaissent le métier et les besoins du marché. Certains fabricants cumulent déjà une expérience de dix ans et occupent une part de marché importante, notamment dans le domaine des batteries, de la pneumatique. C’est un signe très positif !
Les acteurs locaux trouvent-ils leur place parmi les internationaux ?
Vous savez, il y a eu un pavillon algérien, il y a de cela deux ans, dans le salon Equip Auto français qui a réuni deux acteurs algériens, en l’occurrence Fatcom pour les batteries et Iris pour la pneumatique. Grâce à ce salon, ces deux fabricants commencent à exporter vers plusieurs pays du monde. C’est dire que le salon est une plateforme d’échanges et cela ouvre des portes vers d’autres marchés.
La baisse de l’offre en véhicules neufs a-t-elle généré un intérêt sur l’après-vente ?
C’est une évidence. Quand il y a moins de véhicules neufs, cela donne plus de véhicules d’occasion. Donc plus de réparations, plus d’entretiens, un besoin plus important de pièces. Dans le monde, la demande en pièces de rechange génère plus d’argent que la vente automobile elle-même. Personnellement, je vois l’avenir de l’automobile en Algérie dans les réseaux d’entretien et de réparation (particulier ou constructeur). Les futurs prétendants de la filière automobile investiront sûrement dans ce créneau. C’est même un métier d’avenir pour les futures générations.
Le salon Equip Auto durera quatre jours où les enjeux seront décisifs. Hormis cet événement, quelles sont vos activités durant le reste de l’année ?
Vous savez, nous n’avons pas encore commencé l’édition de cette année que nous travaillons déjà sur l’édition de 2026 pour laquelle nous avons déjà arrêté les dates (du 30 mars au 2 avril 2026). C’est un travail en continu. Dès que nous terminons cette édition, nous ferons le bilan, le débrief et nous enchaînons tout de suite après sur la prochaine édition. Organiser un salon implique beaucoup de travail. Cela ne se voit évidemment pas contrairement à ce que les gens croient.
Un dernier mot...
Je suis très confiant en l’avenir du secteur de l’après-vente automobile en Algérie. Je suis l’évolution depuis la première édition en 2006. Nous constatons au fil des années que les exposants tirent vers le haut. Ils se sont professionnalisés. Ils ont un savoir-faire extraordinaire. Ils ont un réseau international pour négocier au meilleur tarif pour la meilleure pièce. Il y a une dynamique.