En crise politique et économique depuis 2018 : L’Etat et la Banque du Liban en faillite

05/04/2022 mis à jour: 03:32
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Le Liban vit depuis 2018 une crise économique sans précédent. La livre libanaise a perdu 95% de sa valeur, le prix des produits de première nécessité a été multiplié par 10

En crise politique et économique depuis trois ans, le Liban plonge désormais dans l’abîme. Hier, le vice-Premier ministre libanais, Saadé Chami, a averti que «l’Etat et la Banque du Liban sont en faillite», indiquant que ces pertes seront redistribuées à l’Etat, à la Banque du Liban, aux banques et aux déposants. 

«L’Etat est en faillite, tout comme la Banque du Liban, et il y a des pertes», a affirmé Chami dans une déclaration tenue lors d’un entretien télévisé dimanche sur la chaîne Al-Jadeed reprise par l’APS. «La répartition des pertes sera imputée aux acteurs concernés, à savoir l’Etat, la Banque du Liban, les banques et les citoyens», a-t-il poursuivi. 

Le fait est que le pays du Cèdre est éclaboussé par des scandales financiers dont la plus retentissante concerne l’affaire Salamé, du nom du gouverneur de la Banque centrale (BDL). Il est, par ailleurs, reproché à la classe politique au pouvoir au Liban son «incapacité» à réformer le pays, qui tourne au ralenti depuis quelques années. Le vice-Premier ministre libanais Saadi Chami, qui tient un rôle-clé pour tenter de sortir le Liban de la crise économique, soulignait hier qu’il a la lourde tâche de conduire la délégation chargée de négocier avec le Fonds monétaire international (FMI) pour le déblocage d’un «fonds de sauvetage».

S’agissant des négociations avec l’institution de Bretton Woods, le vice-Premier ministre libanais a souligné qu’une «grande avancée a été enregistrée». 

«Nous souhaitons parvenir à un accord dans ce round, ou un autre round. Les négociations sont actuellement focalisées sur de nombreux sujets, la réforme et la restructuration du secteur bancaire, la politique financière équilibrée pour servir la dette publique, la réforme du secteur général de l’électricité, l’unification du taux de change, la politique monétaire et la lutte contre l’inflation…».

La question est de savoir aujourd’hui comment se sortir d’une crise qui tient en grande partie au fait que Hariri, son entourage et le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, ont géré imprudemment les ressources et les finances du pays. A Beyrouth, les débats font rage, notamment autour du contrôle des capitaux. Concernant le projet de loi contesté de contrôle des capitaux, Chami a fait valoir que «les députés ont le droit de s’opposer au projet, étant donné les temps dans lequel il a été soumis». Lundi dernier, les députés Ibrahim Kanaan, président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, et Georges Adwan, président de la commission de l’Administration et de la Justice, avaient déploré le fait que les députés n’aient pas bénéficié d’un délai de 48 heures pour examiner le projet. 

Il faut savoir que la livre libanaise a perdu 95% de sa valeur, le prix des produits de première nécessité a été multiplié par 10 et le PIB du pays du Cèdre est passé, selon la Banque mondiale, de 55 milliards en 2018 à 19 milliards en 2021. Près de 80% de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté et certains produits de consommation de première nécessité sont devenus inaccessibles pour une bonne partie de la population. 

Les Libanais vivent désormais au rythme des coupures d’électricité, d’eau, les pénuries d’essence et de médicaments. En 2020, le Liban a fait défaut sur la portion de dette en devises qui pèse plus de 37% du total de la valeur nominale de la dette (la valeur réelle de cette dernière, qui tient compte de la dépréciation de la livre sur le marché parallèle et le prix que valent actuellement les eurobonds libanais, est bien inférieure). Une première dans l’histoire du pays qui, jusque-là, avait une réputation de bon payeur, même s’il se trouvait sur la troisième marche du podium en termes de ratio dette/PIB derrière le Japon et la Grèce il y a deux ans.

Explosion de Beyrouth : l’Unesco réhabilite 280 écoles

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a annoncé cette semaine l’achèvement de son projet «Pour Beyrouth» portant sur la réhabilitation de 280 établissements d’enseignement endommagés par les deux explosions qui ont frappé le port de Beyrouth le 4 août 2020. Dans un communiqué relayé par l’agence de presse libanaise, l’Unesco indique que les deux explosions «ont entraîné l’endommagement ou la destruction de 80% des infrastructures du centre-ville de Beyrouth, dont 280 établissements d’enseignement, privant au moins 85 000 élèves de se rendre à l’école». Le projet de l’Unesco intitulé «Li Beirout» (Pour Beyrouth) a été achevé en un temps record qui s’est étendu sur 18 mois, selon la même source. L’explosion au port de la capitale libanaise le 4 août 2020, causée par le stockage sans mesures de précaution d’énormes quantités de nitrate d’ammonium, a fait plus de 200 morts et ravagé des quartiers de la capitale. APS 

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