Cour internationale de Justice : Plusieurs délégations appellent à la fin immédiate de l’occupation israélienne

24/02/2024 mis à jour: 00:53
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Photo : D. R.

Les délégations du Pakistan et de l’Indonésie ont condamné la «fuite en avant» d’Israël et son irrespect des chartes et conventions onusiennes. Elles ont appelé  la CIJ à «obliger l’entité sioniste à stopper immédiatement et sans conditions son occupation».

Plusieurs délégations intervenant au 5e jour des audiences publiques de la Cour internationale de justice (CIJ) sur les conséquences juridiques découlant des politiques et pratiques israéliennes dans le territoire palestinien occupé, ont dénoncé hier les violations par l’entité sioniste des chartes et conventions internationales, appelant la Cour à contraindre l’occupant à «mettre fin immédiatement et sans conditions à son occupation illégale».

Dans son plaidoyer, la délégation de la Norvège a souligné que l’occupation israélienne des territoires palestiniens est «illégale, compte tenu des chartes des Nations unies, de celles du Conseil de sécurité, ainsi que des Conventions des droits de l’homme de Genève, stipulant clairement qu’aucune occupation ne doit être permanente».

«Israël a non seulement prorogé délibérément son occupation, mais s’est permis aussi d’annexer d’autres territoires palestiniens et forcer des milliers d’habitants à quitter leurs territoires», a relevé la délégation norvégienne, dénonçant la volonté ostentatoire des responsables sionistes de poursuivre leurs projets d’extension, à travers, notamment, la construction de nouvelles colonies.

La délégation norvégienne a rappelé que la principale condition de l’adhésion d’Israël à l’ONU était «le respect de la reconnaissance des deux Etats, ainsi que le respect plein des Chartes des Nations unies». Avant de conclure : «Compte tenu du non-respect de ses obligations, la CIJ doit intervenir à contraindre Tel-Aviv à mettre fin immédiatement et sans conditions à son occupation.»

La délégation du Qatar a souligné, de son côté, que Tel-Aviv a battu tous les records de violation des droits de l’homme et des conventions internationales et onusiennes. Elle a expliqué qu’Israël a, depuis le début de son occupation des territoires palestiniens, transgressé toutes les lois internationales, en se permettant d’annexer des territoires palestiniens, en chassant des Palestiniens et en infligeant les pires crimes et sévices aux Palestiniens.

La délégation qatarie a indiqué que l’entité sioniste porte l’entière responsabilité de l’échec du processus de paix, en tournant le dos délibérément à chaque fois aux initiatives de paix. Dénonçant la énième agression sioniste en cours depuis le 7 octobre 2023, la délégation du Qatar a appelé la Cour à agir d’urgence en vue de sauver les Palestiniens et de les rétablir dans leurs droits et contraindre l’entité sioniste à mettre fin à son occupation illégale et ses graves violations.

De son côté, la délégation du sultanat d’Oman a souligné qu’il n’y a désormais aucune justification pour la poursuite de l’occupation par Israël des territoires palestiniens, à partir du moment où toute occupation prolongée est condamnée et est strictement interdite par les lois internationales. La délégation omanaise a fait observer, à ce sujet, qu’Israël a touché au statut des territoires palestiniens, «en annexant de nouveaux territoires et en contraignant des milliers de Palestiniens à quitter de force leurs terres».

Soulignant, à cet égard, que l’ONU et le Conseil de sécurité ont condamné à maintes reprises les agissements de l’entité sioniste et son mépris pour les chartes onusiennes, la délégation du sultanat d’Oman a appelé la CIJ à appliquer le droit international et à contraindre l’entité sioniste à respecter ladite loi.

La délégation de la Namibie a dénoncé, pour sa part, le non-respect par l’entité sioniste des chartes internationales, dont celles consacrant le droit des Palestiniens à l’autodétermination et l’interdiction de l’annexion des territoires.

Elle a appelé l’Assemblée générale des Nations unies «à fixer une échéance pour l’entité sioniste pour mettre un terme à son occupation illégale et agissements enfreignant la légitimité internationale». Intervenant elles aussi à cette occasion, les délégations du Pakistan et de l’Indonésie ont condamné la «fuite en avant» d’Israël et son irrespect des chartes et conventions onusiennes. Elles ont appelé, à leur tour, la CIJ à «obliger l’entité sioniste à stopper immédiatement et sans conditions son occupation».

Les audiences de la CIJ sur les conséquences des pratiques et politiques d’Israël en Palestine ayant débuté lundi dernier, vont se poursuivre jusqu’à lundi 26 février. Cinquante-cinq Etats, dont la Palestine, sont programmés à cette occasion, ainsi que trois organisations internationales.

La CIJ examinera également, au cours de cette session, les effets juridiques causés par la violation israélienne du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et l’occupation des Territoires palestiniens depuis 1967.

Cette action intervient suite à l’adoption, en décembre 2022 par l’Assemblée générale des Nations unies, de la résolution 247/77, qui demande un avis consultatif de la CIJ sur les violations israéliennes des droits de l’homme du peuple palestinien dans les Territoires occupés, y compris à El Qods. R. N. et agences

Des étudiants palestiniens enlevés en Cisjordanie

Le ministère palestinien de l’Enseignement supérieur a dénoncé l’enlèvement par des soldats de l’armée d’occupation israélienne de plusieurs étudiants palestiniens devant le portail de l’Université de Birzeit en Cisjordanie occupée, soulignant que ces agissements sont condamnables et contraires au droit international.

Dans un communiqué repris par l’agence de presse Wafa, le ministère a appelé, jeudi soir, «les institutions et les organisations des droits de l’homme à protéger les étudiants et les personnels travaillant dans les institutions d’enseignement supérieur». Il a déploré : «Ce genre de dépassements se poursuit, en raison du silence de la communauté internationale et l’impunité affichée à l’encontre de l’entité sioniste», réaffirmant que «les universités continueront à ouvrir leurs portes aux étudiants et à assumer leur noble mission».

Depuis le 7 octobre 2023, l’armée d’occupation israélienne mène une agression dévastatrice dans la Bande de Ghaza. Le bilan des victimes s’est alourdi jeudi à 29 410 martyrs et 69 465 blessés, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la santé à Ghaza. L’agression a provoqué, en outre, des destructions massives d’infrastructures, et une catastrophe humanitaire sans précédent, selon l’ONU.

 

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