Boumerdès : Des films et des stèles sur la Guerre de libération

25/03/2025 mis à jour: 14:13
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Des monuments et des films documentaires ont été réalisés pour perpétuer certaines batailles de la glorieuse ALN et les génocides perpétrés par l’armée coloniale.

Graver l’histoire dans l’image et la pierre». C’est ce que  la direction des moudjahidine et des ayants droit de la wilaya de Boumerdès entreprend depuis plus de deux ans afin de préserver la mémoire collective de la Guerre de libération et garantir sa transmission  aux jeunes générations. A l’instar des autres régions du pays, la wilaya a payé un lourd tribut durant la Révolution de 1954. 

On parle de 5225 martyrs, dont 2018 soldats de l’ALN, 3207 mousebel, des dizaines de blessés, 43 disparus et 12 condamnés à mort parmi lesquels on peut citer Harfouch Mohamed, guillotiné à la prison de Barberouss en octobre 1957. 

«Durant ces deux dernières années, nous avons réalisé huit films documentaires, dont certains mettent en lumière des batailles héroïques de l’ALN, mais aussi les génocides de l’armée coloniale et sacrifices consentis par le peuple algérien pour arracher l’Indépendance», affirme Saïd Cherikhi, premier responsable de la direction des moudjahidine  et des ayants droit. 

Parmi ces œuvres, il cite celle retraçant la bataille d’Oued Hellal, qui a eu lieu le 22 décembre 1954 entre Baghlia et Taouarga durant laquelle les combattants de la glorieuse ALN, à leur tête Mohamed Galmi, ont infligé des pertes incommensurables à l’ennemi. Se croyant invincible, cette dernière y a perdu 31 soldats dont deux officiers, en sus de dizaines de blessés. Un autre film, intitulé Les Entrepôts de la mort, a été réalisé par Toufik Cherbal sur le centre de torture Gautier de Souk El Had où des dizaines de nationalistes algériens avaient subi des pratiques inhumaines avant d’être tués et jetés dans l’oued Issers, a-t-il indiqué. «Le film a été diffusé dans plusieurs écoles pour démontrer aux jeunes générations la cruauté des colons et le prix payé  par de nos aïeux durant la Révolution», a-t-il souligné, précisant que plusieurs ossements de chouhada ont été retrouvés dans l’oued après l’Indépendance.  

Des crimes de cette nature ont également été commis dans les centres de torture Germain à Légata, Cotèze de Bordj Menaiel, Bernaby à Khemis El Khechna, etc. «La wilaya compte 42 centres de torture, et nous comptons restaurer certains d’entre eux pour en faire des lieux de mémoire», dira encore M. Cherikhi, ajoutant qu’une stèle en marbre galaxy sera érigée incessamment à la mémoire des 12 martyrs jetés dans le puits jouxtant haouch Germain. 

Créé en 1930, ce dernier était une ferme de production de vin avant d’être transféré en 1957 en centre de torture où étaient détenu plus de 300 prisonniers. 

Ce camp était exploité par un bataillon de l’armée française du nom Dragons sous l’autorité d’un officier nommé Martin, rapportent des historiens. 

En sus des films documentaires, M. Cherikhi parle aussi de la réalisation de quatre monuments de chouhada pour un montant de 15 millions de dinars dans les communes de Chabet El Ameur, Timezrit, Légata et Cap Djinet, les seules localités à travers la wilaya qui ne disposent d’aucun site où on puisse se recueillir à la mémoire des martyrs à l’occasion des dates historiques. 

Un travail titanesque a également été entrepris pour offrir des sépultures aux chouhada enterrés dans des endroits isolés durant la Guerre. Les dernières opérations du genre ont été organisées dans les localités de Keddara et  Ammal, avec la réinhumation des ossements de six chouhada. Le processus est loin d’être simple, puisqu’il nécessite la collaboration de leurs familles et des enquêtes préalables pour confirmer l’identité des martyrs et le lieu de leur enterrement. Ramdane Kebbabi 
 

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